‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 207 sur 297 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

infectèrent l'air, et la reine renonça pour jamais a I eau de la source dbdt elle* garnissaient les «tords (1).

Dans la Morée, les Turcs s'emparèrent du château de Vatika (2) et du port d'Astrds (3), sur la côte orientale de cette contrée; mais en kararoaoie, les tribus de Torghud et de Wardak, dont la soumission n avait été qu'apparente, «citées par les descendants des princes de KamoiDie, levèrent l'étendard de la révoltent déployèrent tant de puissance que les forces réunies des trois princes gouverneurs d'Aniaiia.de Karamanie et de Begsschehr, grossies encore par les troupes auxiliaires d'Alaeddewl «l de Sulkadr, suffirent à peine à leur tenir Wie; il fallut que le grand vesir Mesih-Pascha , * peine de retour du pèlerinage de la Mecque, prit le commandement supérieur des troupes, et, » avançant par Larcnda vers Taschil (la Cilicie Pélréej, rejetât les Karamaniens par Tarm vers Halep (4). A Gonstantinople se trouât alors Un envoyé du schah de Perse; longteojps on lui avaii refusé audience , mais, à la nouvelle de la chute de Sanla-Maura, elle lui fut «cordée aussitôt, et en même temps l'on donna Tordre d'équiper soixante galères(ô). L'ambassadeur persan apportait des lapis, quatre exemplaires du Koran, et une histoire universelle. Bajesid, préoccupé du rétablissement de la paix, accueillit un ambassadeur polonais chargé de négocier la réconciliation avec la Hongrie, et chargea Hersek-Ahmed-Pascha de travailler à ramener les bons rapports avec Venise par le moyen d'Andréa Gritti, qui, pendant la campagne, avait été incarcéré à Constantinople. En outre, Venise avait envoyé à Constantinople I ambassadeur Zacharia Frcschi pour suivre des négociations (6). La paix fut signée le 14 dé-

(1) i«iuaiifi,eldansKalona,t.xi , ord. xvm , p. 311. (2; Dans Seadeddin ,1. m , fol. 518, Atika. Voy. Pouqueville , Voyage , I. n , p. 21 , 22.

(3) Dans Seadeddin , Asslissa ,dan« Pouqueville, I. v , p. 29.

(4) Seadeddin , 1. m , fol. 517 ; Seolaksade , Aali.

(5) Mariai Sanuto. Avec l'année 9c8 [1502] finit l'histoire véridique d'Aascbikpascbajtade, dont il n'y a en Europe qu'un seul exemplaire , laissé par la reiue Chris- Une: il se trouve à la bibliothèque du Vatican.

(6) Uugier , I. vin, p 140, et Daru, I. m, p. 203, placent, par erreur, la conclusion de la paix dans l'année 1201. I.f Guide diplomatique de Marlens, et la ebro-

cembre , en trente-un articles. La principale condition fut la restitution deSanta-Maura, mais les Vénitiens gardèrent Céphalonie (14 décembre 1602). Dix jours après la conclusion du traité, des ordres partirent potir les sandsthaks de l'empire , enjoignant sa rigoureuse observation.

Le ssubaschi Ali, premier drogman dë la Porte dont l'histoire fasse mention , apporta , comme messager, la ratification dh sultan à Venise. Il était chargé eh outre d une lettre de Bajesid, qui réclamait 24.000 ducats saisis à San ta -M aura, et d'autres indemnités montant à 34,000 ducats. I* drogman , ou, edmme il est appelé dans ses lettres de créance, l'escläve Ali, jura , en audience solennelle, devant le doge et le sénat, l'observation de la paix récemment conclue. Andrea Gritti fut envoyé â Constantinople le 8 août rlÔ03], pour transmettre là ratification signée par le doge, présenter au sultan des félicitations sur le rétablissement dès relations amicales, et régler l'affaire de la délimitation des frontières. A son retour i Venlsè, ën décembre [1603] , il présenta aux pregadi Un rapport sur sa mission et sur les forces militaires des Ottomans. Une lettre du sultan, dont il était porteur, accordait l'envoi d'un baile, qui devait être remplacé après un séjour de trois années. A Gritti avait été adjoint AloisioJSa gundiuo, homme versé dans les affaires, qui , dans l'espace de douze années, avait reçu sept fois des missions de la république, soit à Gonstantinople, soit sur les frontières, afin d'accommoder des différends, rectifier des erreurs, et faire maintenir la paix : il est connu de plus comme auteur d'un opuscule sur l'origine des Turcs (1). Quant a Gritti, il laissa de son ambassade, d'ailleurs célèbre, un souvenir assez fameux, dans la personne d'un bâtard désigné par son nom , fruit de ses amours avec une Grecque, et qui, en sa qualité de chargé d'affaires de Zapolya, se tint à côté de Suleiman , pour le malheur de la Hongrie.

A cette époque, se fil aussi la paix avec la Hongrie pour sept années. Ladislaus la stipula

nique dans Ducas sont plus exacts en la mettant dans I année 1.503 . alorx qu'elle fut ratifiée à Venise.

(1} Otibomauorum fainilia, seude Turcoruui impeno historié, N. Sagundino auctore , dans lêdiûoo de Baile de Chalcondylas de l'année 1551 , et a Vienne 1561.

pour ses états de Hongrie, Bohème, Dalmatie, Croatie, Slavonie, Moravie, Silésie, Lusace, ea y rattachant la Moldavie et la Valachie, aiosi que Raguse, qui devait payer tribut au sultan comme au roi de Hongrie ; il y nomma expressément les localités de la Servie, de la Bosnie, et de la Bulgarie, dépendant encore de la Hongrie, et fit comprendre dans le traité les rois d'Angleterre, de France, d'Espagne, de Portugal , de Pologne et de Naples , le doge de Venise, le grand maître de Rhodes et les Génois de Ghios. Les ratifications devaient être échangées dans l'espace d'une année par des ambassades extraordinaires; les envoyés et les négociants pourraient circuler librement. Le roi Ladislaus jura le traité à Ofen, le '20 août [1503], par la Vierge Marie, les quatre évangélistes et tous les saints. Hersek-Ahmed-Pascha, qui, au commencement de la guerre contre Venise , avait été déposé de sa place de grand vesir, parce que , étant né dans l'Herzegovina, il était suspect de tiédeur dans les hostilités contre ses compatriotes et ses anciens coreligionnaires, maintenant qu'il avait ramené la paix avec la république et la Hongrie, fut élevé, pour la seconde

fois, à la première dignité de l'empire (1). L autres vesirs , avec lui les premières colonoi de l'empire, étaient Mustapha-Pascha, Gn ignoble, artisan de noirs complots, qui, emrç par Bajesid à Rome , avait tramé lempoisonD ment de D sehe m , puis Daud-Pascha , Tamm de haute naissance, ami den sciences et du fat tûustroisrénégats.Sinan-Pascha, beglerbeg d'. natoli, par une faveur particulière do sultan, o tint comme épouse la fille de l'infortuné Dschct qui, veuve du sultan d'Égypte , recherchée p un prince de la famille kotade révolté cont son frère le scherif de la Mecque, et presq promise à ce prétendant par le sultan régna Ghawri , puis réclamée , au nom de Bajesil, p son ambassadeur Haider, avait été renvoi Gonstantinople. Ainsi , ce dernier rejeton Dschem, jugé si dangereux comme aspiranii trône , fut rélegué dans le harem d'un «en teur humble et soumis. La tranquillité fut ass rée de ce coté, comme le calme extérieur fi garanti par la paix avec Venise et la Hon^n

(1) Relaxionei Mariui Sdiiuto.

Gritti i

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