‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 23 sur 297 · LIVRE · texte numérisé non relu

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boulevard avancé de Nicée, le château fort de Trikokia (Kodschahiszar chez les Turcs). Les défenseurs du château, habiles archers, firent beaucoup de mal aux guerriers d'Osman : mais ceux-ci, après avoir comblé le fossé profond avec des troncs d'arbres et des décombres, emportèrent la place, où furent versés des torrents de sang (1). Déjà le château fort de Kubuklea, sur le penchant de l'Olympe, était tombé entre les mains des Turcs par la trahison de soixante Mogabares que Makrenos , commandant d'Ulubad (Lopadiuu\ avait envoyés au secours de la garnison vivement pressée, et Osman croyait être assuré par la possession de ces châteaux contre tout danger de la part des Mongols (2). Ces récits, transmis par Pachymeres d une manière incomplète, se trouvent plus en détail dans les écrivains ottomans, qui, en même temps, nous font connaître la conquête des châteaux de Kodschahiszar (Trikokia), Lubludschi Kubuklea) , d'Akhiszar , Ufke et Bekedsehe, dont les trois derniers sont situés sur les bords delà rivière de Lefke ou Jenitschehr (le Mêlas)

gnité est plus ancien que l'empire ottoman , et se trouve chez les Byzantins où le grand Tschausch était un dignitaire de la cour, comme le Tschausch-Basclii auprès des sultans seldsehukides, et ensuite auprès des princes ottomans. De Lefke. l'expédition se dirigea vers Akhiszar, Bekedsehe et Kiwa, dont les commandants abandonnèrent leurs châteaux, s'en allèrent au-devant du vainqueur pour lui rendre hommage, comme fit le capitaine d'Akhiszar, ou s'enfuirent , comme celui de Kiwa , qui gagna la vallée de Karadere. Deux châteaux seulement opposèrent quelque résistance : celui, que l'on voit élevé sur un rocher à pie, près du Sangarius, qui futappeléplus lard Karadschebes, et celui d#e Tekur-Binari (puits impérial), dont Osman confia le siège au fils d'Aighudalp-Kara- Ali. Après que la place eut été emportée, le vaillant guerrier la reçut en fief avec le territoire dépendant de Kiwa, dans lequel se trouvaient compris les châteaux d'Onde, de Nifdschehiszar et de Karagoes (1).

Pendant qu'Osman enlevait les châteaux des

et de Kiwa, au confluent de la même rivière frontières de l'empire byzantin sur le Sanga-

dansle Sangarius [1308]. Osman, qui, dix-sept ans auparavant, accompagné de son ami Koese- Michal, seigneur de Ghirmenkia, avait poussé ses premières courses dans les cantons septentrionaux du Sangarius, l'invita aussi celte fois , nun-seulement à venir le joindre, mais encore à embrasser l'islam , et Koesc-Michal ne repoussa aucune de ses offres. Ssamszama- Tschausch, qui, dix-sept ans auparavant, leur avait servi de guide dans leur route de Koinik et de Modreni, vint encore offrir ses services aux troupes d'Osman, sollicitant du prince en récompense l'investiture d'un château bâti sur un rocher, prèsde Jenitschehr. non loin de 1 .efke. Psman lui accorda sa demande, et le lieu se nomme encore aujourd'hui Tschausch -Koeji , le village de Tschausch (3). Ssamszama est le premier des Tschauschs, qui, plus tard, jouèrent sous l'administration ottomane un rôle important comme messagers d'État et commissaires, introducteurs des ambassadeurs, et am-

Mais le nom de la di-

nus, l'extrémité méridionale de ses propres États fut tout à coup menacée par une invasion des Tatares que les historiens ottomans appellent Tschodars, les Byzantins Tochars, et qui n'étaient autres que des hordes mongoles (2). Osman avait confié la garde de Karadschahiszar ( Mélangea ) à son fils Lrchan , laissant auprès de lui son fidèle comnagnon d'armes Ssaltukalp et le nouveau moslime Koese-Michal. Avec l'assistance de ces deux guerriers, le jeune prince battit les Tschodars , qui, de Kcrmiau , avaient pénétré sur le territoire de Karadschahiszar et pillé le marché de la ville: et, par ce triomphe, remporté près du château dX)inasch, il se moutra digne de son père Osman (3).

Satisfait du premier exploit de son fils, Osman le chargea d'une autre expédition tendant à la conquête définitive de l'espace compris entre le

(1) Pacby mères , I. tii , cap. 33 , p. 444.

(2) Pachymere* , I. vu , ch. 33, tom. u , p. 445.

(3) Seadeddiu f fol. 15; Nescbri.fol. 39; Idris, f l.oj .

(1 ) ldris , 70 . et atmi INescbri , fol. 40 , ei Seadeddio, fol. 16 ; mais non avec les détails.

(2) Tcxipoi, ce sont les troupe* auxiliaires envoyée» par Chodabende , dont parle Pacbymerea , I. vu , cap. 13 , p. 111 , tom. u , «dit. de Rome , et I. vu , ebap. 33 , p. 449.

(3) Seadeddio , fol. 15 , Nescbri ,fol. 41 ; Idri», fol. 71 et buiv.

Sangarius et la mer, qui porte aujourd'hui le nom de Sandschak-Kodscha-Ui. Pour l'aider dans son entreprise, il lui donna quatre de ses plus vaillants guerriers, éprouvés par vingt années de combats et de fidélité, Kœseraichal, Abdorrahman-Ghasi, Konuralp et Aghdsche- Kodscha (1 ). La première bataille se livra au pied d'un château déjà investi dans la campagne précédente, qui, cette fois, fut enlevé par le courage de karadschcbe,el, plus tard, il lui fut donné en fief avec le territoire environnant. Au milieu de ces ruines s'est conservé le tombeau du héros. Le château d'Alpszofi, qui tomba ensuite au pouvoir d'Urchan, fut conféré en fief à Konuralp, et, après s'être emparé d'Akhiszar, sur les bords du Sangarius, au-dessus du pont de Kiwa, L'rchan se fortifia dans la 'place de Kœpri, sur le lac d'Ajangœli, d'où il dépêcha à son père, kara-Ali, pour lui annoncer ses succès. Le château deKaratekin (2), dans le voisinage de Micée,fut emporté; les vainqueurs se partagèrent les femmes comme le butin, et la place fut remise à la garde de Ssaraszama-Tschausch. konuralp poussa ses courses vers Akjasi, et enleva les châteaux situés dans ce canton, Tusbasari (marché au sel), chef-lieu des Nalizoucs de Byzantins, kiliki, non loin d'Akhiszar, kapudschik et Kerasledschi (3), tandis que Aghdschekodscha marchait vers Akowa'la vallée blanche), soumettant toute la contrée qui, aujourd'hui même, a conservé le nom du vainqueur, et s'appelle Kodscba-Hi (pays de l'ancienK1317 j.

Nicée, la place frontière la plus importante de l'empire byzantin, fut ainsi entourée d'ennemis de tous côtés, et inquiétée d'ailleurs par les garnisons des deux châteaux de Trikokia et karatekin. situés devant ses portes, qu'Osman et Urchan avaient conquis précédemment (4). Afin d'envelopper Brusa de la même manière, Osman ordonna à son neveu Aktimur et â l'un de ses capitaines, nommé Ralaban, d'élever deux forts devant cette ville. Aktimur construisit le sien devant les portes mêmes de la place, â l'endroit où l'on voit aujourd'hui s'élever la voûte

(4) Jdris , fol. 74.

<2) Ibid., fol. 75.

(3) /bid.

<4) Baebyniew» , I. «t ,c. 25, p. '

p. -W , Mit. de Ron.e.

, et I. v , c. 21 ,

des bains chauds de Kaplidsche (l); Balaban bâtit sur le bord du Nilufer l'ouvrage qui, de son nom, est encore appelé aujourd'hui le château de Balabandschik (2) [1317J. Durant dix années, les garnisons de ces deux forts resserrèrent étroitement la ville, jusqu'à ce qu'enfin Osman résolut de convoquer toutes ses forces pour l'attaquer directement , et de confier le commandement suprême â son fils, attendu que lui-même était retenu par la goutte. Le conseil de guerre, composé de krcse-Mkhal,Torghudalp, du scheich Mahmud et d'Achi- Hasan, neveu d'Kbali, jugea nécessaire, avant la conquête de Brusa, de se saisir d'abord d'Édrenos, sur l'Olympe, qui était la clef de cette ville. La voix de la prudence militaire fut fortifiée par le désir d'une vengeance de famille, car Aidoghdialp, neveu d'Osman, était tombé frappé par le père du commandant d'Edrenos. Il y eut satisfaction pour l'ardeur de pillage des soldats dans le sac de la ville, pour la prévoyance du chef dans la destruction des murailles, et pour la soif de vengeance d'Osman dans l'immolation du gouverneur, auquel on coupa la tète. Urcban planta ses bannières triomphantes à l'orient de Brusa, au pied de l'Olympe, à Binarbaschi (tète de source), sous les mnrailles mêmes de la ville (3). Par la médiation du vieux ami d'Osman, Kœse-Miclial fut négociée pour le commandant libre sortie avec ses biens sous une escorte sûre jusqu'à kemlik ( kios ). Urchan consentit à -cette condition moyennant la rançon de 30,000 pièces d'or de Byzance. Ce fait est très-remarquable : par la prise d'une ville sans coup férir et par le payement d'une somme énorme, depuis lors considéré comme le taux invariable du prix moyennant lequel les princes chrétiens vaincus durent se racheter annuellement d'une guerre continuelle ; les 30,000 ducats qui furent livrés pour la première fois à la reddition de Brusa continuèrent â être versés pour l'obtention de chaque trêve, et annuellement, pendant toute sa durée, et entrèrent ainsi régulièrement dans le trésor

(1) làw, fol- 71 , place lWvatü» de, oWtcaus«*

813-815; mai* Had<rtii-C.taalfa la met en 8l7;Pacbymere» , p. 417 et 288.

C2) D'après n«chifaaiiniima, p. €59, ce lieu «U* l'ouest de Keief K*Tou«îa , uir le» rive» du Nikifer.

(3) Idris, fol. 81 , Scadeddia , fol. 18.

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