LIVRE
deux ou trois parasangesj . l/arniée persane »dispersa dans tontes les directions: quelques hommes s'enfuirent u travers la plaine de Sindschar (*2y; d'autres, avec la smur du schall , veuve de karachan, par Moszul et kerkul, auprès du schah. Après celle victoire. Ic> châteaux kurdes d'Arghana, Sindschar, Dschermik et de Uiredschik se rendirent , ainsi que la ville de Mardin, qui reçu! les Tun s pour la seconde fois; mais la citadelle ne lui pas plus disposée que précédemment a capituler. Le commandant était Suleiman-Chan, frère de karachan , resté sur le champ de bataille de kotschlhiszar. A la sommation de se rendre, il répondit que la plaie lui avait été confiée par Scbah-lsmail , et qu'il la conserverait. I.lle lut donc assiégée par les Ottomans, qui se consumèrent sous ses murs, en vains efforts, pendant toute une année ; et ce fut seulement à l'époque de la campagne de Syrie, de Selhn , après la chute. d' Al ep et de Damas, que Uiiklu- Muhammed , ayant été détaché de la S> rie avec une nouvelle armée et de 1 artillerie, la garnisondeMardin céda devant les assaillants, liiikltt-Mohammcd ht mettre à mort tous les vaillants défeuscurs qui avaient retenu si longtemps le croissant , et la tète de Soleiman-Chan fut déposée aux pieds du sultan. Après la prise de Diarbekr et de Mardin , il ne manquait plus, pour l'affermissement de la puissance ottomane dans ces contrées, que la conquête d'Hosznkeif et des villes de Roha , itaka et Mos/ul.
Hoaznkeif ( château du caprice ou de l'oubli Je tout souci; avait rc<;u des anciens Persans le deGilkerd, et les Arabes lui donnèrent de Rasgul (tète des démons ou de Méduse;, [es ces dénominations ont de l'analogie ivre celle de château de l'oubli, qui rev ient sourent dans 1 histoire by zantine; c était alors une prison d'état dans laquelle les malheureux renfermés pour la vie étaient voués A un oubli Kernel. Au reste, la forteresse, p'acée sur un •oc escarpé, présente un aspect effrayant, l es Sachets étalent taillés dans les rochers on les habitants demeurent durant l'hiver, et qu'ils transforment en étantes dans l'été. Ilos/nkeif l'élève sur la rive orientale du Tigre , non loin
(1) Ebulfaâl , fol. 93.
(2) Üüidflcbar, dans Tbéophylacte , 1. m , p. IG.
XXlll. 431
de l'embouchure de l'Ersen, que l'on traversait autrefois sur l'un des plus beaux ponts de l'empire ottoman, à peu de distance de l'ancien château des Magyares (1) (aujourd'hui Ma-
thra)(2).
Avec Amid, Mardin, Sindscharet Hoaznkeif, les autres villes importantes du Diabekr, c'està-dire de la plus grande partie de la Mésopotamie septentrionale habitée par les kurdes , tombèrent entre les mains des Ottomans ; Us prirent possession de Niszibin, Dara, Miafarakatn et Dschesirei-Omar ; les tribus des Hum ■heni , des Ilariri, Sindschari , Ssatschlu , Üschesirew i , répandues en hordes errantes autour de ces places, et les familles arabes des Mevvali , reconnurent aussi l'autorité de la Porte. C'est dan* ces contrées de l'Asie occidentale que les Persans se heurtèrent si souvent contre les forces de Rome et de Byzance, comme les armées du nouveau royaume de Perse luttent avec celles des Ottomans; les limites entre les deux États étaient marquées par le Nymphiusqui, descendant du nord, vient se jeter dans le Tigre. La s'étendeut les plaines célèbres par les défaites des consuls et des empereurs; là «'élevaient les forteresses construites pour arrêter les Perses , cl qui furent arrachéesalternalivement par les deux parties belligérantes. Nulle ne changea plus souvent de maîtres que Nisibis, la capitale de l'ancienne Mésopotamie, connue, pour la première fois, des Romains, dans la campagne de Uicullus(3) contre le roi Tigrane, et qui, à la paix, fut remise à ce monarque avec d'autres villes de la Mésopotamie. Trajan (4) la conquit, et Adrien la restitua encore; Sévère la fortifia et l'embellit (6); et, dur an i deux siècles, les efforts des Persans vinrent se briser sur Nisibis, comme sur le boulevard le plus ferme de l'Orient (6). Trois fois elle fut assiégée par Schabur peudaul cinquante, quatre-vingts et cent jours; et toujours les habitants et la garnison triomphèrent des attaques de l'ennemi. Ce fut seulement après le désastre de Julien que son
(1) TbCopbrlatcc , I. u , p. 18.
(2j Mackiun's j< urne y , p. 425.
(3) Üio Cattius , I. xxxtr , p. 7.
'4) Ibitl , I. xlviii , p. 23.
(5) Ibid., I. ix xv , p. 3 , et xxx , p. 6.
;6; Ammten Marcellin,!. xxv, p. 8.
Jovicn céda Nisibis arec Singara cl d'autres villes frontières, qui toutes restèrent incorporées à la Perse (7). Aujourd'hui Niszibin sur l'Hernias fie Mygdonius ) n'est plus qu'un misérable village où l'on voit seulement les fondements des anciennes murailles et quelques tours isolées. De Niszibin on aperçoit, a huit lieues de là sur la route de Mardin, Dara , dont l'empereur Anastase, après la perte de Nisibis, fit une place frontière, et que Juslinicn entoura de nouveaux ouvrages; le rempart de soixante pieds de hauteur et d'une épaisseur de dix pieds, encore subsistant, les ruines de palais et de temples, présentent bien l'image de ce qu'était une ville frontière des Byzantins au delà de l'Euphratc. Dara, appelée d'abord Anastasiopolis, du nom de son fondateur, était enclavée dans la Mygdonta, dont la capitale était Nisibis, comme Miarafakain sur le ISymphius était la capitale de la province de Sophene. Sur la frontière orientale du Diarbckr ou de la Mésopotamie septentrionale, est Pile d'Omar entourée par le Tigre. Là le Tigre se partage et enveloppe la ville construite dans l'Ile, l'ancienne Thomauum. Le chalife Omar-Abdolasis éleva des digues pour contenir les flots, et c'est d'après lui que la ville ainsi que l'Ile portent aujourd'hui le nom de Dschesirei-Omar. Les murailles, construites en pierres noires comme celles de Diarbckr, sont aujourd'hui en grande partie tombées. Les habitants, qui sont des Kurdes, montrent comme des objets de curiosité de leur ville de prétendus tombeaux de chalifes et d'imams qui reposent ailleurs. Dschesirei peut, avec plus de raison, se vanter d'avoir donné naissance à plusieurs des plus grands savants de l'islam , qui tous s'appellent Dschesirei de leur berceau; au reste, ce nom de Dschesirei désigne également la vaste contrée située entre le Tigre et l'Euphratc', la Mésopotamie; c'est un terme générique employé pour désigner une lie en général ; celle dont il est ici questiou est, de beaucoup, la plus grande des quinze Dschesirei que connaît la géographie arabe. Les Arabes la divisaient en trois contrées qu'ils appelaient , d'après les noms des trois chefs de tribus, le pays de Rebia , Masar
(1) Amraten , 1. xxxv, p. 7; Libanius , Zozimus, dans Gibbon.
et de Bekr. Bekr, fils de Wail, s'établit dans la partie septentrionale de l'Ile, dont les principales villes ont déjà été décrites. Rebia et Masar, fils de Nesar, s'accommodèrent du sud de la Mésopotamie; le premier se fixa sur le Tigre, à Moszul ; l'autre, sur l'Euphrate. i Rakka. Ces places furent conquises avec ces lieux, en dépendant, par Biiklu-Mohammed. La ville de Moszul, capitale du gouvernement actuel de ce nom, est sur l'ancien em placera* de Ninive; elle est habitée par des Kurdes. <}« parlent leur langue maternelle ainsi que l'arabe, le persan et le turc La capitale du pays de M* sar est Roha ou Orfa , l'ancienne Edesse ou Kàllirhoe. Depuis Alexandre, les habitants étaient un mélange de Grecs, d'Arabes, de Syriens« d'Arméniens. Caracalla envoya le dernier roi d'Edessc, Augarus, chargé de chaînes, à Rome . mais trouva lui-même la mort dans la capital de l'eunemi dont il avait triomphé. C'est aoi portes d'Edesse que Valéricn fut vaincu et prw par Schabur (1;. L'empereur Justinîen releu les ouvrages tombés de cette ville (2, ; ce fat ensuite l'image de la Vierge qui enflamma te habitants d'un nouveau courage et leur douai les forces nécessaires pour repousser Cbosroev Nuschirvan. Mais Edesse et toute la contré environnante tombèrent sous la domination de* chalifesdes maisons d'Ommeije et d'Abbas ; e osuite elles obéirent aux princes des dynastie» arabes d'f larodan (3) et d'Okail (4); elles furent arrachées à ces souverains par Baudouin, qà fonda la principauté chrétienne d'Edesse. Aa bout de cinquante ans, cet État fut conquis encore par Amadeddin-Sengi (ô), qui le fit administrer par la dynastie d'Okail ^6;; après l'exetinction des Atabegs et la conquête dUo- 1 laku, dans la Mésopotamie, régna une branche de la dynastie kurde d'Ejub (7), dont le dernier
Cl) Hist. auf?. Zozimus.
12} Procopias, De adiâciis , 1. ».
(3; Btn-Ilamdao , de 323 [934] à 380 [ 990 j.n*
piïlICtK
(4j Ben Okail ,de 380 [990] à 495 [1101] ,dix pria».
(5) LesAta-Beß« d'Alep ,de 408 [1017] J630[lBf, quinze princes. Sengt est le Sanguiow des hi«iomi européens.
(6) Dscnihanituma , p. 436.
(7) Une des branches de cette dynastie en t&pt, la deuxième à Damas, la troisième a Himw, h ça-