‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 71 sur 297 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

rent leurs mines avec des morceaux de bois et des poutres, puis mirent le feu à tout cela , et i les murailles s'écroulèrent avec les tours. Après dix-huit jours de défense, les assiégés demandèrent merci, et Timur raccorda, mais seulement aux mosl iras : les chrétiens, et particulièrement les cavaliers arméniens, dont quatre mille avaient pris une part si vaillante ä la résistance , durent être réduits à l'esclavage (1). Le vainqueur les distribua parmi son armée, avec Tordre de les enterrer vifs; et les raffinements des tortures surpassèrent encore l'atrocité du supplice en lui-même. On leur lia la tête entre les cuisses, et, afin de retarder l'heure ; de la mort, les rosses dans lesquelles on les jeta dix par dix ne furent pas complètement remplies de terre: on les recouvrit d'abord avec j des planches sur lesquelles la terre fut répan- | due, afin que les victimes se sentissent ainsi lentement mourir dans les angoisses du déses- |K)ir. Après avoir livré au supplice les plus vaillants des habitants par crainte de l'influence de leur exemple, le tyran fit mettre à mort tous les lépreux , afin qu'ils ne corrompissent point les autres habitants par la contagion de leur maladie; les femmes, les enfants et les vieillards ne furent point épargnés (2) Ertoghrul, fils de Bajesid, tomba comme la garnison au pouvoir de Timur, qui le traîna pendant quelques jours avec lui, puis le fit exécuter.

La chute de Sébaste retarda celle de Consiantinople ; l'effroyable nouvelle , appelant ailleurs le sultan des Ottomans, lui fit abandonner cette proie qu'il allait saisir, et Paléologue eut encore quelques instants la liberté de respirer dans son empire qui, se bornait à sa capitale. Bajesid s'élança en Asie , frémissant de rage et de douleur sur la perte de la plus forte de ses villes et du plus vaillant de ses fils (3). Sur sa route , entendant un pâtre jouer paisiblement sur son chalumeau, il s'écria : «Chante-moi plutôt : Tu ne devais pas laisser prendre Siwas , ni périr ton fils (4).»

(1 Scherefeddin, 1. v , cb 15 , p. 266. & Chalcondyla« , i , 46, édition de

(3) Ibid., \. m , p. 47.

(4) Ibid. ;%ur la conquête de Siwas, voy, tieadeddin, im Braïuui ,p. 196 , et Nnchri , fol. 105. I

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