VIII. U
embrassât l'islam (1). Mohammed, l'aîné des princes karamaniens, fut doté du kaftan et de la ceinture ('i) , et investi des Etals arrachés à son père par Bajesid , c'est-à-dire de la possession des villes de konia, Larenda, Akserai, Antalia, Alaje, Akschehr, Siwrihiszar et Begbasari (3). Timur reçut l'hommage de ses petits-fils, qui revenaient chargés de butin, fit exécuter deux de ses p us variants généraux, ainsi que toute leur feimîlle, pour cause d'attentats , et il donna la grande fête où le vin fut présenté par des femmes esclaves tirées de tous les pays.
Ensuite, l'empereur s'occupa d'exprdier et de recevoir des ambassadeurs. Au sultan d'Egyte il envoya le fameux savant Jusuf-Dscheseri, pour insister sur la délivrance définitive de son générai, Otlamisch, et sur les droits de souveraineté; la monnaie devait être frappée à l'empreinte de l'empereur mongol , et la prière publique récitée en son nom. Deux envoyés allèrent à Gonstantinople pour réclamer le tribut de l'empereur grec, et deux autres se rendirent auprès de Suleiman, fils atné de Ba-* jesid, qui avait fixé sa résidence dans le nouveau château de Guseldschehiszar , bâti par son père (4); ils l'invitèrent à venir lukneme, ou bien à mire porter le tribut, déclarant qu'à défaut d'obéissance de sa part, les armées tatares arriveraient pour saisir l'argent et sa propre personne. Les messagers de Timur revinrent accompagnés des ambassadeurs de l'empereur grec, qui apportaient l'hommage et le tribut, et Ton vit paraître, comme envoyé de Suleiman, le schekh Ramasan avec des chevaux et des faucons, chargé de déclarer que son maître était prêt a se rendre à la porte de Timur, si l'empereur tatare voulait pardonner i Bajesid et le traiter en prince. Timor congédia le scheic h avec de gracieuses assurances, et lui remit un bonnet brodé d'or et une ceinture d'or (5) ; mais il ne se montra point aussi bien • veillant envers le beglerbeg Timurtasch, son prisonnier, dont il avait trouvé les trésors à
(1) Scherefeddin, I. v ,ch. 62 , p. 33.
(2) Ibid., tl Ar*>- Schab.
(3) Mahijeddin , bibliothèque impériale tt royale, n° 139, fol. Lui H, p. 35.
(4) Scherefeddin,!. v, cb.54,p.4Û.
(5) Seadeddin. dan» Bratultt . p. 251.
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Kutahije. li le manda devant lui , et lui dit : « Dans quel but as-tu amassé tant de richesses ? ne pouvais-tu les employer à lever une armée pour la défense de ton maître ? les conseillers et les ministres qui entassent des trésors sans songer aux besoins de l'armée sont la ruine des États.» Timurtasch répondit : «Mon empereur n'est pas un souverain d'hier; il n'a pas besoin des trésors de ses conseillers et de ses ministres pour former ses armées, comme les nouveaux princes qui, avant leur élévation, n'avaient jamais contemplé de trésors. — Expie cette réponse, reprit Timur, par la perte de la liberté que j'étais disposé à rendre à toi et à tes enfants (1).»
Cependant les partis de Tatares ravageaient les cantons de Mentesche et de Tekkc, d'Aidin et de Ssaruchan (2); les princes Mohammed- Sultan et Ebubekr-Mirsa portèrent leurs quartiers d'hiver à Magnésie (3), Schahroch dans le Kennian (4); Timur se rendit, le long delà cote, par Ephëse (5), à Smyrne. Près du pont construit par Timurtasch sur le Méandre parurent les fils du prince de Mentesche, qui, jadis chassés des États paternels par Bajesid, avaient trouvé un asile auprès d'Isfendiar, souverain de Sinope, et Isfendiar lui-même , fils de ce Bajesid-Rœturum que le sultan turc avait battu et dépouillé de ses villes de Kastemuni et de Ssamszun (6). Timur remit les princes expulsés d'Aidin et de Kermian (7) en possession de leurs domaines héréditaires, voulant, avant de décider du sort de Bajesid ou de ses fils, abattre les restes de la puissance ottomane, par le moyen des princes voisins dont Bajesid avait englouti les États. En suivant le même système politique, il avait soumis les cantons sur les frontières septentrionales de l'Arménie et de la Perse à ses protégés, Taherten, prince d'Ersendschan, Ibrahim, souverain de Schirwan, au souverain de Kumach et à Kara-Juluk, fbn-
(1) Seadeddio, p. 235.
(2) Scberefeddiu , I. v , ch. 54 , p. 41.
(3) Braiulli , p. 235.
(4) Scherefeddin , I. v , ch. 55 , p. 43.
(5) Sur Diu , Burlugb et Kuluchuk , Burlug et Dußurluk. Scherefeddin , I. y, ch. 55 , p. 43.
(6) Arab-Scbah , Mabijeddin , bibliothèque impériale et royale, d» 139, fol. 56; Swloksade.
(7) Arab-Scbah. ,
MPIRE OTTOMAN.
, dateur de la dynastie du Mouton-Blanc (1): et | les cantons de l'empire ottoman qui n'étaient [ pas occupés par lui , il les voyait avec plaisir divisés entre les fils de Bajesid, qui se disputaient leur possession ; il nourrissait donc pour cela les espérances des fils du sultan , au moyeo d'assurances qu'il donnait à leurs envoyés. Le scheich Ramasan, représentant de Suleiman, vint pour la seconde fois , afin de présenter 1rs ' hommages de son maître, et il reçut an nom de ce prince l'investiture des provinces ottomanes au delà de la mer, au moyen du diplôme portant l'empreinte rouge de la main de Timur (2). Kutbeddin (3), l'ambassadeur d'Isa- Tschelebi, second fils de Bajesid, qui s'était enfui en Karamanie, apporta l'hommage et des présents, et revint avec des assurances d'amitié; Ssofi-Bajesid (4), le sage grand maître de la cour de Mohammed -Tschelcbi, prince âgé de quinze ans, sauvé par lui de la bataille d'Angora dans les montagnes, et déposé dans la place d'Amasia, vint aussi , comme plénipotentiaire de ce jeune maître, offrir son hommage, et en même temps l'excuser de ce qu'il n'avait point paru, sur l'invitation de Timor, dans le camp où Mustapha-Tschelebi partageait le sort de son père Bajesid.
Timur confia le siège de Smyrne aux princes ses généraux , et s'y rendit en personne le 1er décembre [1402], quelques jours après le commencement des travaux. Les chevaliers de Rhodes possédaient la ville depuis cinquante-sept ans; 0 les fit sommer d'embrasser l'islam , ou du moins de planter ses bannières sur leur rempart, et en tas de refus, il les menaça de les faire tous passer sous le tranchant du sabre. Le frère Guillaume de Mine (5), commandeur des hospitaliers, que le grand maître avait envoyé à la défense de la ville, rejeta la proposition avec mépris. Aussitôt retentirent les roulements des tambours et les cris de guerre. La ville fut attaquée par tous les moyens du coté de terre; on l'enveloppa d'une sorte de parallèle. Au moyen de roues et de poulies , on fit appro-
(1) Arab-Scbah.
(2) Scherefeddin , I. y , ch. 67 , p. 55.
(3) Ibid.
(4; Idris , Neachri , fol. 122 et 124.
(5j Tbeoderici a niem de scismate, dans Vertot, Histoire de l'ordre de Malle , I. rt t. u , p. 28.