LIVRE
parce que, favorisé de la fortune, il finit par I rester le dernier en possession du tronc. Ce point de vue de l'histoire turque ne domine pas néanmoins le droit politique de l'islam, qui attribue l'hérédité du trône dans la famille souveraine à l'aîné, ou bien au membre désigné pour successeur par la dernière volonté du monarque. Des usurpateurs turcs et persans du chalifat et de l'autorité suprême ont au moins sauvé l'apparence de la légitimité par la reconnaissance d'une ombre de chalife ou de chan titulaire appartenant à la famille détrônée, au nom desquels ils prétendaient régner. Ce rôle misérable fut joué par les chalifes de Bagdad, sous la domination de l'Emirol-Umera et parles chalifes du Caire, sous le pou voir des Mameluks. Timur lui-même, vainqueur et conquérant du monde, qui avait rattaché à son troue les Ktats de toutes les branches de la famille de Dschengis-Chan , à l'exception de la Chine, reconnut un chan titulaire de Dsehagalai comme le chan légitime de la famille de Uschengis.
A la mort de B;ijesid nous quittons aussi Timur, qui ne survécut que deux années au sultan captif : ayant achevé sa troisième guerre 'le Perse, il était pour la neuvième fois de retour dans sa résidence de Samarkand (10 juillet 1401); là il descendait dans son jardin de platanes, visitait l'académie fondée en mémoire de son petit-fils Mohammed-Sultan : se tenait alternativement dans le naghi-beclcnd(Ie jardin élevé), dans le baghi-bulend ( le jardin du paradis ), et dans le dilguseha ( jardin qui ouvre le cœur) : A l'aide des architectes et des artistes enlevés de Damas, il faisait élever un palais magnifique de quinze cents aunes carrées de façade, orné de sculptures de marbre faites par le ciseau des Syriens, de porcelaines de Perse, de bois d'ébène, ou d'ivoire , de mosaïques et de jets d'eau (I). Haas la grande plaine deKanighul, il solcunisa avec une pompe inconnue avant lui , et que l'un ne surpassa jamais ensuite (2), les "oces de six princes, ses petits-fils, et reçut, cornu» souverain de l'Asie, les ambassadeurs qui vinrent inj apporter les félicitations, les
(1) Scherefeddin.
(2) Ibid.