‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 83 sur 297 · VIII. U · texte numérisé non relu

VIII. U

vœux et les hommages de leurs maîtres, ainsi que des présents offerts par neuf, dans lesquels se trouvaient des girafes, des autruches, et d'autres animaux rares. Neuf fois les princes fiancés changèrent de vêtements et de parures, et, à chaque toilette nouvelle, ils se prosternaient devant le trône, touchant neuf fois la terre de leur front, tandis que l'on versait sur leurs tètes des pierreries en si grande quantité, que le sol en était couvert. Après cette fétc, Timur se mit en marche pour la couquète de la Chine, et mourut sur la route, à Otrar (19 février 1403), après un règne de trentesix ans , d;ins la soixante-onzième année de son Age, laissant trente-six fils et petits-fils et dixsept petites-filles, et le souvenir du plus grand destructeur de villes et du plus impitoyable exterminateur dépeuples qui se soit jamaisconservé dans la mémoire des hommes.

Nous reprenons le récit des événements de l'interrè;;ne, immédiatement après la bataille d'Angora, eu suiv.mt les historiens ottomans, qui s'attachent aux premiers exploits de Mohammed , le plus jeune des fils de Bdjcsid. Les actions de Mohammed sont restées inconnues aux historiens byzantins, qui même ont changé son surnom de Kurisehdschi-Tschelebi (1) (le jeune seigneur lutteur), tiré de son adresse à la lutte, en celui de kyrtschelebi ; et ainsi, par une complète inintelligence de la laugue turque , ils en ont fait un fabricant darcs ou de cordes.

Lorsqu'à la fin de la bataille d'Angora, Suleiman, l'aîné des fils du sultan, fuyait du côté de la mer, accompagné du vesir Ali-Pascha, du ssubaschi Aine-Beg et d'Hasan, a;;a des janitscharcs, Je pasiha Bajesid arrachait de la mêlée le jeune Mohammed, âgé de quinze ans, et l'entraînait vers les montagnes, il leur fallut s'ouvrir un passage d'abord a travers les Tatare«, puis à travers les troupes de Kara-J3hja, fils dlsfendhr, qui voulut les arrêter près de Tusia (l'ancienne Oocca) et de Boli ^ ancienne Hadrianopolis), et ils gagnèrent Tokal et Amasia (2). Ce premier acte de résolution, et les huit exploits suivants , qui furent accomplis

(1) Aali, fol. 40.

(2) Seadeddin,dao« Bratutti, p. 238 ; Ne«chri, fol. 111 Idris.

dans l'espace d'une année, depuis la bataille , hordes , fut jeté hors delà plaine de kasabai d'Angora jusqu'à la mort du sultan, et qui ! La septième renconire avec l'ennemi eot

n'ont pas été moins exaltés par les historiens ottomans que les sept fameuses aventures de la table ronde persane (1) dans le schahname, n'appartiennent pas véritablement au jeune prince; on doit en rapporter l'honneur, ainsi que le mérite de la sage conduite tenue envers Timur, à la valeur du général Bajesid-Pascha , et à la prudence du maître de la cour Ssofi-Bajesid, qui dirigeaient ses efforts et ses démarches.

Le second fait d'armes fut contre Karailcwltts-Chah, établi par Timur pour commander dans le pays, qui, se présentant avec mille hommes prés de Kastal (2), pour arrêter les Ottomans, fut défait et perdit la vie, percé d'une flèche qu'avait lancée Mohammed.

kobad-Oghli qui, au nom de Timur, attaqua la ville de Nigiszar (Né<;cesarée), subit a son tour les effets de la valeur de Mohammed et de ses fidèles compagnons ; il fut contraint de se retirer sur le château de Taschanoghli (3), taudis qui' les Ottomans enlevaient la place de Felcnlek (4).

A peine le jeune prince goûtait quelque reposa Tokat, vingt mille Turkmans commandés par Inaloghli descendirent dans la plaine de Kasowa. Leur nombre paraîtra peut-être prodigieux, mais ce qui est aussi incroyable, c'est que les Ottomans , en les chassant , n'ont eu que deux blessés, parce qu'ils étaient tous cuirassés, tandis que les Turkmans ne portaient point celte arme défensive (ô).

Les Turkmans qui vinrent 'assiéger la ville de Karahiszar, sous la conduite de Gœsler (6), furent encore dispersés avec le même succès.

kœpek (le chien) (7), chef de l'une de ces

(1) Heft-Cbuan, c'est-â-dire le* sept table*. Voy. Hisl. de l'art oratoire en Perse , p. 59.

(2) Dan» Bratutti, Calßala; dans Lewenklau, Histoire de» musulmans , p. 229 , Krrdc.

(3) Dan* Bratutli , p. 244 , Tasciano ; dans Leweu- Uau , p. 232 ,Ta*ankor,hlt , comme nom d'un bomme et non de château.

(4) Dan» Bratutti , p. 244 , Filembek ; dans Lewenklau, p. 232, Felbi.

(ô) Nescbri , Seadeddin , ldris , pass. cité.

(6) Dans Bratutti, p. 248; ünio»lerk>, dans Lcwenklan, p. 237 ; CosleroGbH, Nescbri , fol. 118; Wris , w/. le v« récit.

(7) Dans Bratutti, p. 250, Cbinpech; dans I*ewett-

une plus grande importance; on en vint au\ mains avec le chef de brigands Mesîd , qoi. maître de Siwar, se défendit obstinément dam la mosquée du sultan contre Bajestd-Pascha. général de Mohammed (1;; puis,s'élant rendo ä de bonnes conditions, passa au service do jeune prince, devint ensuite un de ses meilleur* capitaines, et acquit un grand renom da* l'histoire de Hongrie par ses victoires, et, a définitive , par sa défaite.

Engagé par Timur à venir dans son camp. Mohammed fit mine de se rendre à l'invitation mais parvenu au delà d'Amasia, il rencomn encore Jahja ou Isa, fils d'Isfendiar, qui voulut pour la seconde fois lui barrer le chemin. Li défaite de ce chef tatare fut le huitième exploit du jeune fils de Bajesid (2).

Sandschi, vaincu dans la plaine de Murtesabad(3), aux environs deBoli, lui donna h gloire d'uu neuvième triomphe.

Tant d'obstacles qui s'élevaient sur la routf de Moliammed le détournèrent de continuer sa marche; il jugea plus prudent de cédtf enfin aux avis de ses serviteurs dévoués; et a lieu de se rendre en personne au camp dt Timur, il y députa son gouverneur, Ssofi-bV jesid, chargé de l'excuser. Celui-ci, en re venant accompagné d'un messager de Timur, apporta la nouvelle de la mort de Bajtsid (4).

En faisant retourner ses troupes du côté (if l'orient , Timur accomplit le triple vœu que Bajesid lui avait exprimé un peu avant * mort (Ô). Son départ mit fin à la continuel)* effusion de sang , qui aurait eu pour résultai de dépeupler entièrement l'Asie Mineure, d'y détruire les défenseurs de l'islam; Un-

îrobablement le

klau , p. 238, Riupcckoßbli , p kœpek qui se trouve dans l'Histoire de fol. 120; ldris, ve liv. ,Tie récit.

(1J Bratutti, p. 2»! ; Nescbri, fol. 121 ; Idri»»* b' vu» récit.

(2) Braïuiti , p. 255 ; Nescbri , fol. 125 ; I* « , *# ix* récit.

(3) Bratutti, p. 256; M«»»*-~,Dad-

(4; Sead^Hi» , «uns Bratutti, p. 254; Newbri, *i 125; ldris, ve liv., x* récit.

(5) Dscbeuabi , p. 160 et Arabscbab. AI. M.

mena ao delà de l'Oxus, à l'aide de la ruse et de la force, les Tatares noirs, colonie de Mongols établis dans l'Asie Mineure depuis la première irruption de ces peuples, et il laissa la domination de Rum toute morcelée entre les mains des fils de Bajesid. Mohammed , guidé par les conseils de Ssofi-Bajesid, et soutenu par la valeur de Bajesid-Pascha, se Fortifia chaque jour davantage dans les hauts cantons, autour d'Amasia et de Tokat ; Sulei man, accompagné du vesir Ali-Pascha , du ssubaschi Aiue-Beg , de Vaga des janitschares Hasan , et de son frère, le prince Kasim, s'était rendu en Europe par Constantinoplc, où, pour assurer son pouvoir, il avait aussitôt conclu une alliance d'amitié avec l'empereur grec, en lui remettant son frère Kasim, que les Byzantinsnomment Chalil,et sa sœur Fatime comme otages, lui-même avait épousé la fille du prince byzantin Théodore, frère de l'empereur (1). Pour Isa, après la bataille d'Angora, il s'était enfui aux environs de Brusa, où il se tint caché pendant une année; puis, un peu avant la mort de Bajesid ou immédiatement après, avec l'assistance du beglerbeg Timurtasch , qui avait été délivré ou qui s'était échappé de sa prison , il s'était assis sur le trône à Brusa; ensuite, à l'imitation de Suleiman , il contracta une alliance avec l'empereur de Byzancc, et se maria avec une dame grecque de haut rang, fille de Joannes Tunteres (2). Knfin, Musa, le sixième frère, qui avait partagé la captivité de son père, fut, au départ dcTimur, remis, avec les restes de Bajesid , à la garde du prince de Kermian, rétabli dans sa souveraineté indépendante à Kutahije (3).

Ainsi l'empire ottoman était partagé entre Suleiman , résidant à Andrinople ; Isa , établi A Brusa, et Mohammed, qui trônait dans Amasia , lorsque ce dernier, après la mort de Bajesid, se mit en mouvement avec s»>s troupes pour attaquer Isa. Il rencontra d'abord de la résistance dans le défilé d'Ermeni du mont Tomanidsch, où jad is le neveu d Osman fondateur de la dynastie, était tombé dans un combat contre le seigneur d'Angelokoma (4). Jakub, fils de Firus-Pascha , qui

(1) PbraniM , . . 28 , édît. d'Aller, p. 20.

(2) Chalcoodyla* , I. nr , * 55.

(3) Seadeddin , ldris', Ne*chri.

ii} Vor phi» baul.

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