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nople, Ton nomma le vesir gouverneur d'Ofen. Ibrahim-Pascha, serasker des troupes destinées à secourir le roi des Kruczes , soumettait à ses ordres le gouverneur de Bosnie, Abdurrahman-Pascha, lebeglerbeg de Rumili, Kutschuk-Hasan-Pascha, ceux de Temesvar, Sidisade-Mohammed, pascha d'Erlau, Osman, pascha de Warad , Maruloghli Mohammed-Pascha , le sandschakbeg de Silistra et Nicopolis , le lieutenant-général des janitschares , avec dix-huit régiments de janitschares , les deux derniers escadrons des sipahis et le prince de Transylvanie, Michel Apafy (1). Le point de ralliement était la plaine de Pesth; de là l'armée se porta aussitôt sur Keresztes, puis sur Onod, dont le château, situé près de la rivière de Sajo , fut pris et incendié après trois jours d'attaque. Kaschau, Eperies succombèrent ; Ibrahim-Pascha et Tœkœli s'avancèrent réunis devant Fulek, que sa situation et ses ouvrages rendaient le boulevard des cantons montagneux. Des ponts, uo magasin à poudre et un cachot pour renfermer les prisonniers étaient taillés dans le rocher. François Bebek, vassal des Turcs avait fortifié cette place ; Hamsabeg partant de Szecsen s'en était emparé à l'aide d'un stratagème (2) ; les impériaux ne l'avaient reconquise qu'au bout de trente-cinq ans (3) ; Bocsai l'avait réduite par la famine [k) , elle s'était ensuite soumise à Gabriel Bethlen (5) et à Georges Seczy ; enfin, trente-sept ans plus tard , Rakoczy avait échoué contre ses murs (6). Après sept jours de siège, cette forteresse assise sur un roc â l'épreuve de la mine , défendue par Etienne Kohary , guerrier intrépide, inéblanlable dans sa fidélité envers son roi , dut pourtant ouvrir ses portes aux alliés; les instantes prières des femmes et les menaces de la garnison réduisirent le commandant à capituler [29 septembre 1682]. Là, sous les remparts de la place soumise , Emerich Tœkœli reçut le
(1) itasebid, 1. i, fol. 97.
(2) Géographie de Hongrie, I. il , p. 260.
(3) En 1593.
(4) En 1*05.
(5) En 1G19.
(6) En 164».
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diplôme royal accordé depuis le 10 août, et qui lui fut remis avec l'étendard et les queues de cheval. Etienne Kohary, prisonmer du nouveau roi des Kruczes, imposé par les barbares à la Hongrie , lui dit en face qu'il était un traître à sa patrie, Ta honte du nom hongrois, un misérable esclave des Turcs (1). Fulek fut rasé, Kaschau donné au roi des Kruczes (2).
Tandis qu'Ibrahim et Tœkœli opéraient leur jonction à Pesth , malgré l'arrivée de l'ambassadeur impérial à Constantinople et les négociations dont il sera question toutà- l'heure , les étendards étaient plantés à Daud-Pascha avec les cérémonies accoutumées, et l'on récitait la prière de la conquête contre la Hongrie (3). Le gouverneur de Bosnie, Abdurrahman-Pascha , qui avait reçu tout récemment des ordres pour opérer de concert avec Tœkœli, fut nommé au commandement de Caminiec ; son homonyme le vesir kaimakam Abdi . l'historien , dut aller exercer l'autorité suprême à Baszra (V). A son éloignement de Constantinople, centre de toutes les grandes affaires , se termine son excellente histoire. Il cessa d'écrire parce qu'il n'était plus sur le théâtre même des événements, ou peut-être conçutil du ressentiment contre le sultan , dont la faiblesse le laissa transférer à Baszra , parce que le grand vesir ne voulait pas d'un kaimakam plein de bienveillance et d'équité. Cette place fut donnée au gouverneur d'Alep , Tschaschnegirsade - Mohammed- Pascha. Le sultan se rendit pour la quinzième fois en chassant à Andrinople. Un envoyé russe vint annoncer la mort de Feodor Alexiewich, et demander la confirmation de la paix et de l'amitié régnant entre les deux puissances , çe qui lui fut accordé en audience officielle a Andrinople (5). L'apparition d'une comète et de fréquents incendies jetèrent l'effroi dans Smyme ; le minaret à
{i) Fcsrlcr, 1. ix, p. «14, et aussi Bel. not. Hung. t. iv , p. 81. Chron. Lentschow, ap. Wagner, 1. i, p. 193. ISicolas Bclhlen, dans Katona t. xxxix, p. 741.
(2) llaschid, 1. i, fol. G8.
(8) Ibid. deflerdar, fol. 73. Abdi, p. 101.
(A) Ibid.
I») flascbid,!. i, fol. 98,
IMPIRE OTTOMAN.
1 gauche de la mosquée du sultan Bajesid fut brûlé ; à Galata , le magasin de plomb se consuma durant cinq jours à l'intérieur, et les flammes s'élancèrent ensuite au dehors; puis l'incendie gagna la mosquée de Suleimanije et dévora plus de mille habitations sur sa route. Comme la meilleure intelligence régnait entre la Porte et les gouvernements de Pologne et de Russie , la grande comète signalée en 1682 entre la grande et la petite ourse présageait nécessairement une guerre contre l'Autriche (1).
Après la mort subite de l'internonce Hofmann , la cour de Vienne avait nommé pour la représenter à Constantinople le comte Albert de Caprara , qui se mit en route au commencement de l'année. Dans sa suite figuraient son cousin le marquis Buoi de Bologne , le jeune comte Thomas ISadasd y , le comte Joseph Scblickh, l'interprète Henri Woghin , Agé de soixante ans comme l'ambassadeur, quatre prêtres, des secrétaires, le hollandais Belloti, et l'italien Benaglia, qui a publié la relation de cette ambassade (2). A Ofen , le gouverneur rendit de grands honneurs au comte de Caprara. Aux; approches de Belgrad, l'internonce étant moqté sur le pont de son vaisseau pour contempler la ville, tomba dans le Danube, ce qui fut regardé comme un mauvais présage pour toute sa mission. Enfin il fit son entrée dans le village de Kurutscheschmc , sur la rive européenne du Bosphore, ouun logement lui fut assigné [12 mai]. L'audience que lui accorda le grand vesir fut honorable et pompeuse en rapport avec le caractère officiel du comte et la dignité personnelle du premier ministre. Après qu'il eut été reçu par le sultan , la solde fut distribuée aux troupes ; et l'attitude des janitschares parut de bon augure pour la guerre méditée contre le maître du comte de Caprara [9 juin]. Quand l'internonce eut exposé en italien qu'il était venu seulement pour détourner les maux de la guerre et renouveler la trêve, a Très-bien,
(1) La marche de celle comète est décrite dans Benelli, I. n, p. 217-229.
(2) Description , en italien et en allemand , du voyage dn comte Albert de Caprara, de Vienne a Constantinople, par Benaglia, p. 5.