LIVRE
Efendi , et la première dignité de la loi fat conférée au grand juge de ftumili, Debbagh- $ade-Mohammed- Efendi. Quand le camp se trouva établi à Andrinople, la division se mit entre les lewends et les autres troupes. Les premiers, avec leur chef Jegeri-Osinan, qu'appuyait le grand vesir, voulaient que 1 on restât à Andrinople ; les autres étaient d'avis qu'il fallait marcher sur la capitale. Enfin le grand vesir se laissa entraîner par de perfides conseillers à des concessions, et s'avança, quoiqu'avec répugnance, vers Ssolak-Tscheschmesi. De là partit la troisième requête à la Porte; celle-ci ne demandait rien moins que la déposition du sultan. Quand cette demande fut parvenue aux mains du kaimakam Kœprili-Mustafa-Pascha , il réunit les ulémas dès le point du jour dans la mosquée d'Aja- Sofia, et fit lire la requête générale [8 novembre 1687 ] Les ulémas se turent. Le kaimakam prit la parole : « Puisque le padischah , selon ce que prétend la supplique, n'est adonné qu'à la chasse , et qu'au moment où les ennemis pressent l'empire de tous côtés , il éloigne les hommes qui seraient en état de détourner de si grands maux , vous reste-t-il un doute , mes seigneurs , sur la question de savoir s'il est légitime de déposer un padi « schah qui abandonne de la sorte les soins du gouvernement? Pourquoi donc ne parlezvous pas?» Les assistants, voyant que la chose était déjà décidée, donnèrent leur adhésion silencieuse. Ensuite quittant l'autel d'Aja-Sofia, tous se rendirent au Schimschirlik ( appartement du sabre) où les princes sont renfermés sous des grilles, en tirèrent l'aîné des frères de Mohammed , Suleiman (1), et le placèrent sur le trône en récitant ces paroles du koran : «. Nous t'avons fait chalife sur la terre (2). »
(1) Rapport dans le manuscrit 88* de la biblîo- Ibèque impériale, p. 421.
(j) Baschid, I. i, fol. 154.