LIVRE LIX
laacés sur ses traces. A deux lieues de Peterwardein ils l'atteignirent, loi enlevèrent des prisonniers et du butin. Le grand vesir dirigea loi-même les travaux de fortification à tfelgrad. En face de l'endroit où avait été établi le camp retranché de l'ennemi, il fit élever deux bastions, l'un devant la porte qui donne sur la Save , l'autre devant le marché aux chevaux. Il approvisionna Temesvar et Gyula. et adressa des ordres dans les lieux voisins de ces deux places , Arad , Szarhely, Toroya , afin que les sujets fournissent leurs impôts en vivres, qu'ils fussent obligés à fendre ce qui leur en resterait à Gyula et Temesvar, sons peine d'être exterminés sans pitié (1). Après avoir mis tout en ordre à Belgrad, il reprit le chemin d'Andrinople. A Sofia , il rencontra le kapidschi Halebli- Ahmed qui apportait de l'argent pour le paiement des troupes. Quoiqu'il fût difficile de vérifier rigoureusement si tous les sipahis et Jessilihdars inscrits au rôle étaient réellement sous les armes , néanmoins l'abus des fausses inscriptions avait été réprimé, et le trésor profita dans cette campagne d'une économie journalière de 40,000 aspres. A Kasanbaghlari , près d'Andrinople, le sultan , placé sous un kœschk , vit défiler l'armée, et reçut la sainte bannière que le grand vesir lai remit en baisant le bord de ses vêtements. Six jours après arriva le chan tatare, auquel le grand vesir fit une magnifique réception. Le 9 décembre, le prince et le grand vesir allèrent présenter ensemble leurs hommages au sultan. Sélim-Girai , comblé de marques de distinction , resta encore deux mois à Andrinople , puis regagna la Krimée I février 1694].
Tandis que le grand vesir était occupé du Mlot de Belgrad , la Porte subissait des revers en Orient. Le rebelle Maani défit et tua ^gouverneur de Baszra, Osman-Paschasade, et brava tous les efforts du successeur de celui-ci , Ssali-Ahmed, pour le soumettre. Le gouvernement de Baszra fut conféré au frère deSsali-Ahmed, Chalil, que les gouverneurs deDiarbekr, Moszul et Schehrsor, reçurent ^rdre de soutenir. Mais les deux premiers s Pensèrent , et l'on ne vit paraître en cam-
(1) Raschîd , V ,, fol. 191.
pagne que le pascha de Schehrsor, Siawusch, et celui de Palu, Katschar-Mohamraed.dont les forces étaient trop inférieures à celles des rebelles. Maani coupa les digues des canaux de jonction du Tigre et de l'Euphrate, inonda le pays , et se retrancha dans le village d'Esed , sur la rive du canal d*Esed-Ssalib. Chalil-Pascha ; abandonné de ses troupes, dont la plupart passèrent daus les rangs de Maani, dut se replier sur Bagdad. Les habitants de Baszra adressèrent à la Porte une supplique pour être délivrés de ce gouverneur, et obtenir une diminution à la contribution de 100,000 piastres qu'ils étaient obligés de payer chaque année au trésor public. Cette dernière partie de la demande fut accordée : Chalil-Pascha eut ordre de leur remettre 23,000 piastres et de faire procéder à une nouvelle description topographique du pays de Baszra (1).
A Constantinople éclatèrent de furieux incendies ; l'un, qui dura vingt-quatre heures et qui s'alluma de tous les points à la fois , soit par un effet de la malveillance, soit que les vents soufflassent en même temps de tous cOtés , naquit d'abord entre la porte d'Ajasma et le magasin aux farines, s'étendit jusqu'à la porte de Dschubb-Ali, dévora les maisons en dehors des murailles, pénétra ensuite dans la ville, attaqua tous les bâtiments autour de lui , se porta derrière la Sulcimanije, puis vers la place de Wefa et la mosquée des Prince.?, revint jusqu'au marché aux Chevaux et aux Selliers , et enfin s'étendit depuis les nouvelles casernes des janitschares jusqu'au marché des Femmes. Les flammes bravèrent tous les efforts pour les éteindre ; les habitants s'enfuirent avec leurs effets hors de la ville. Palais, mosquées, placespubliques n'offraient plus qu'un vaste champ couvert de ruines fumantes (2). Douze jours après , le 17 septembre, le feu s'alluma devant la porte d'Ajasma dans un magasin de charbon, détruisit tous les approvisionnements de bois, et se fraya un chemin dans la ville jusqu'à la Suleimanije sur la ligue épargnée par le dernier incendie. Comme on soupçonna la malveillance dans ce désastre , le kaimakam perdit
(1) Raschid, I. i, fol. 188. (î) Le qtvrac, fol. 101. '
sa place; il fut envoyé en Chypre , et le gouverneur de cette Ile, Kalaili-Ahmed-Pascha , vint le remplacer. Kalaili-Ahmed , ancien cafetier du sultan Mohammed IV, adopta des mesures rigoureuses, non - seulement contre les incendiaires mais aussi contre les rajas, auxquels il interdit les kalpaks de zibeline , les pantoufles jaunes , les vêtements de couleurs variées, et même des chaussures exhaussées dans les bains. Ils devaient adopter des habillements et des chaussures noirs, s.'abstenir d'aller à cheval dans la ville, et porter des sonnettes qui les distingueraient de suite des moslims. Cette absurde ordonnance fut la première cause qui détermina les marchands anglais à quitter l'ample costume oriental pour leur habillement national. Mais ces prescriptions de l'intolérance flattaient le peuple et acquirent un nom si imposant au kaimokam, que le grand vesir, inquiet, le déposa et le remplaça par Amudschasade-Husein-Pascha. L'ex - reis - efendi Mohammed-Beg , qui tout récemment, comme président de la chambre des comptes, avait obtenu la jouissance de certains domaines de la couronne , en fut maintenant dépouillé par les manœuvres de ses ennemis. On l'envoya comme sandschakbeg à Retimo, où les troupes égyptiennes, se raillant de sa vaste coiffure, lui donnèrent le surnom de Père du turban. Le médecin du sultan, Taukdschi-Hasan -Efendi, fut aussi éloigné sans autre cause que des intrigues de cour, et le Maure Seid-Jusuf -Efendi, poussé par les confidents et les favoris , fut revêtu de la charge de médecin du sérail ; puis il devint successivement juge de la Mecque et de Constantinople, et reçut, comme argent d'orge, les revenus de la magistrature de Rodosto. Le grand vesir méditait la perte du kislaraga Nesir, qui, de son coté, travaillait à la ruine du grand vesir, et Nesir profita de ses fonctions qui le tenaient près de la personne du sultan pour inspirer au maître de la jalousie contre la pompe et la magnificence du premier ministre. Biikiu-Mustafasen allait avec tous ses pages s'exerçant à lancer le dschirid du côté de Timurtasch, quand le sultan qui se trouvait incognito près de la fontaine de l'Archer, ébloui par l'éclat de ce cortège, demanda au kislaraga à qui appartenait cette cour. Le kislaraga par ses paroles empoisonnées sut
donner de nouveaux aliments à la jalousie qu'il avait allumée déjà dans le cœur du sultan. Le grand écuyer fut aussitôt expédié pour reprendre le sceau de l'empire et le porter au gouverneur de Tripoli Ali-Pascha , que Biiklu-Mohammed dut aller remplacer [13 mars 1694 ]. Comme la fête du bairam arrivait dans six semaines, et qu'il n'avait aucun soupçon de sa chute , Biiklu-Mohammed avait déjà préparé pour le sultan et la cour les présents qui se faisaient autrefois en pareille circonstance, et dont l'usage, aboli par le vertueux grand vesir Mustafa Kœprili , avait été remis en honneur sous le sultan actuel. Le vesir déposé pensa que des actes de munificence seraient maintenant superflus , et partit même avec quelques centaines de chevaux de main. Le sultan irrité ordonna de courir à sa poursuite, de le jeter en prison et de confisquer sa fortune. Ses chevaux et deux cent dix-sept bourses d'argent monnayé furent attribués au trésor, et l'on arracha quarante bourses à son kiaja. Au reste le kislaraga ne jouit pas long-temps de son triomphe. Trois semaines après la chute de son ennemi, lui-même fut déposé brusquement , et sa place passa au premier eunuque (basch-aga) de la sultane Chasxeki.Le 11 avril furent célébrées les noces de la princesse Umm-Kulsum ou Ummi , fille de Mohammed IV, qui, trois ans auparavant, avait été fiancée au vesir Osman-Pascha. Quinie jours après arriva le nouveau grand vesir Ali- Pascha, qui fut reçu solennellement par le kaimakara, le mufti, les vesirs et les ulémas dans la tente de cérémonie dressée sur la hauteur de Karabaïr en faco de Constantinople ; puis il fut investi de l'autorité suprême par le sultan. Ali, surnommé Surmeli , né à Demitoka , avait parcouru dans sa jeunesse la carrière des finances jusqu'à l'emploi de premier defterdar ; puis il avait eu le gouvernement de Chypre, celui de Tripoli, pour arriver enfin à la première dignité de l'empire.
Le premier acte du nouveau grand vesir, dans l'intérêt de sa position , fut d'éloignei le kaimakam Osman-Pascha , auquel soi mariage avec une princesse avait donné al accroissement d'influence. Osman -Rascha reçut ordre de partir nu plustôt pour aller di riger le gouvernement du Piarbekr. A peim
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était-il en roui* qu'on lui retira le Diarbekr, pour lui donner simplement le commandement de la Canée. Le grand vesir osa élever son kiaja Abdullah au poste de vesir kaimakamde l'étrier impérial à Andrinople, ce qui était inoui. Le gouverneur de Wan Mustafa- Pascha, jadis fait prisonnier à Parkany, fut appelé a Constantinople pour y exercer l'autorité de kaimakam. Il y avait encore deux hauts dignitaires qui gênaient beaucoup le grand vesir; c'étaient l'ardent et loyal grand juge de Rumili, Jah ja-Efendi , qui n'avait été remis en activité que depuis sept mois , et le mufti Feisullah-Efendi qui avait révélé et poursuivi les actes d'oppression et les iniquités de plusieurs gouverneurs. Tous deux étaient accoutumés à présenter l'état des choses sous son véritable jour, ce qui déplaisait surtout aux grands vesirs. Ils furent donc déposés, et leurs places furent conférées à des hommes professant les opinions du grand vesir. Ssadik-Efendi, après avoir été quelques jours grand juge de Rumili, devint mufti. Enfin Sulermi-Ali put satisfaire la haine qu'il nourrissait depuis longtemps contre le dschebedschi-baschi ; il reçut du sultan la permission de lui faire trancher la tète devant la mosquée des trois galeries à Andrinople. Pendant son gouvernement de Tripoli le nouveau grand vesir avait maintenu dans l'ordre les rebelles Surchanoghlis et les Druses Maanoghlis ; mais maintenant le nouveau beglerbeg de Tripoli, Arslan-Beg, fit savoir qu'il était trop faible contre les tribus indociles de la Syrie. On mit donc sous ses ordres le beglerbeg de Ssaide ainsi que les administrateurs d'Alep avec leurs troupes feudataires et le worwode de Klis avec dix mille Kurdes. L'inquisiteur d'Anatoli, Tursun-Mohammed-Pascha , fut nommé serasker contre les rebelles. Avec une armée de vingt mille hommes il envahit les vallées de Baaïbek et de Bokaa , et purgea le pays des insurgés qui l'agitaient.
En Europe le grand vesir marcha en personne avec la bannière sainte contre la Hongrie ; car toutes les propositions présentées l'année précédente avaient été rejetées. Au> -4 tôt après la mort de Harbond à Belgrad, le roi d'Angleterre avait donné pouvoir à Hemskeerka de parler en son nom, en attendant qu'il eût aommé un ambassadeur; ce fut
lord Paget, avec lequel Veterani vint à Andrinople. La Porte ne montra pas le moindre empressement auprès de ces diplomates; elle consentit bien à les écouter, mais sans vouloir répondre (1). L'ambassadeur français Ch&teauneuf fit tous ses efforts pour entraver les négociations. Outre les rapports deChâteauneuf , l'agent français Ferriol, qui accompagna le grand vesir à Belgrad, rendit compte à M. de Croissy des conditions arrêtées par le grand vesir et Tœkœli , des démarches des représentants hollandais et anglais (i) Quand Paget fut arrivé de Vienne à Ofen [ octobre 1602 ], Ferriot redoubla d'activité dans le camp du grand vesir, qui lui répondit qu'il suivrait l'exemple de ses devanciers, et ne s'écarterait pas des anciens principes de la Porte de rester ouverte à tous les ambassadeurs des puissances amies (3). Au mois de mars 1603 Paget eut audience du grand vesir et du sultan; ensuite les résidents hollandais Hemskeerke et Colier, l'ambassadeur anglais Paget, Veterani et un autre général de l'empereur furent appelés à une délibération officielle où se trouvaient le mufti, le kaimakam , le defterdar, le nichandschl , le reis-efendi , les généraux des troupes , en tout cent personnes environ. Les trois ambassadeurs et les généraux se placèrent sur des sièges , au-dessous des degrés du sofa , moins honorablement traités à cet égard que Cbateauneuf, auquel il avait été permis de s'asseoir au niveau du grand vesir. Dans cette réunion Hemskeerke proposa par écrit la médiation officielle de l'Angleterre et de la Hollande pour négocier la paix, en prenant pour base le maintien de l'état actuel de possession (4). Trois jours après, le grand vesir ayant été déposé, les offres de médiation et les propositions d'un envoyé
(1) Rapport de Veterani cf Andrinople , en dale du t mai 1693. Sur la mission do Paget , voyea aussi la Porte ottomane nouvellement ouverte, p. 614. et Cantemir-Ahmed u. S 15.
(2) Lettre de M. Ferriol , du camp de Belgrade. 15oct. 1693.
(3J Lettre de M. Ferriol, du J» oct. à M. Ht Croissy.
(A) Lettre de M. Coke, terreuire de l'aabasudt anglaise. Ste-R.
UIST0111E DE IVEMPIKE OTTOMAN.
de Pologne restèrent sans résultat (1) [ 20 mars 169i ]. Colier Tut renvoyé avec de simples lettres de recréance, mais sans aucune réponse pour les offres dout il avait été l'un des organes. Le nouveau grand vesir Ali— Surmeli se mit donc en marche pour Belgrad avec la bannière sacrée. Trois mois après des commissaires allèrent porter de l'argent en Bosnie et à Belgrad pour le paiement des troupes. A la fin d'août arriva le chan tatare dont les troupes avaient déjà fait irruption par la Moldavie en Transylvanie , ravagé le pays autour de Csik, et enlevé le magnat Janos-Saudor, tandis que le rebelle Gaspard Sandor, avec douze mille Tatares faisait des courses jusqu'à Debreczin, et brûlait Szomselo , ville des Heiduques. Après être resté quelques jours à Semlin , le grand vesir avec toute son armée marcha sur Peterwardein pour l'assiéger. Ghasî-Girai porta le ravage sur la rive gauche du Danube , en descendant le fleuve jusqu'à Pancsowa. Deux grandes tschaiks chargées de vivres furent saisies par les impériaux près de l'embouchure de 1 a Theisz. Le siège de Peterwardein dorait déjà depuis vingt-trois jours ; et il devint impossible de tenir les troupes dans les tranchées et daus le camp, car la pluie tombant par torrents, et les rivières sortant de leurs lits , l'eau remplissait les fossés et inondait les tentes. On leva donc le camp daus la nuit, et le jour n'était pas encore arrivé que l'armée était devant Belgrad , dans la vallée de Weretschar. Le grand vesir fit des dispositions pour l'approvisionnement de Gyula et de Temesvar. Le beglerbeg de Rumili , Dschaafer, fut chargé de protéger Temesvar avec douze begs , des janitschares, des sipahis, des silihdars, des volontaires et des milices du pays. La defense de Gyula fui confiée au gouverneur de Siwas auquel on donna cinq cents hommes, sipahis et janitschares. Trois cent quatorze bourses destinées à la solde des garnisons des deux places parvinrent heureusement à Temesvar ; mais comme il était impossible de franchir la Maros, dont Veterani gardait les gués, retranché sur l'autre rive avec douze mille nom-
(l) Rapport daté d« ComtanLinople , dans la Mt-R.
mes , les vivres et l'argent réservés pour Gyula furent laissés à Temesvar, dont le gouverneur dut faire en sorte d'approvisionner l'autre place pendant l'hiver.
En Dalmatie la forteresse de Gabella sur la Narenta, qui était la clef de l'Herzegowioa et ouvrait le passage sur Mostar, chef-lieu de cette province, était tombée enlre les mains des Vénitiens. Les habitants de MosUr alarmés adressèrent des prières à la Porte pour que le gouverneur de Skulari , Suleiman-Pascha , reçût ordre de reprendre les châteaux de Poschret, Podgonizze et Gabella, qui, placés sur la frontière, protégeaient le pays. En conséquence on adjoignit à Suleiman-Pascha le sandschakbeg de Jenischehr et le beglerbeg de Bosnie , pour accomplir ces opérations. Le siège de la première place échoua , et comme le gouverneur de Skutari rejeta la faute sur Sulciman , sandschakbeg d'Hersek, celui-ci fut mis en garnison à Ehlune , et le beglerbeg de Bosnie , Moharomed-Pastha, dut presser Gabella avec la plus grande vigueur [ 17 octobre 169^]. Mais la seconde entreprise ne réussit pas mieux que la première, et douze petites forteresses restèrent en la possession des Vénitiens. Kedscheb, pascha de Trébigne, qui avait été appelé au siège de Gabella, avait confié la palanque de Kordos à son frère ; celui-ci, sans être réduit à un tel parti par aucune circonstance , mit le feu aux ouvrages qu'il devait défendre et les abandonna. Alors la place de Klobusk, au-dessus de Trébigne, se rendit aux Vénitiens sans avoir essayé la moindre défense. En Pologne le chan latare, Mirsa-Schehbas-Girai, u'obtint pas plus de succès dans sa tentative pour ravitailler Caroiniec. Ghasi-Girai , qui avait été chargé de celte entreprise, n'avait pas osé s'avancer audelà de Czecora sur le Dniester , quoiqu'il eût sous ses ordres vingt-cinq mille Tatares, deux mille sipahis, six mille Moldaves et quinze cents janitschares. Schehbas-Girai , investi maintenant du commandement supérieur, se fortifia encore par quinze mille Tatares d'Akkerraan et de la Dobrudscha, et marcha de Czecora sur Gaminiec. Les Polonais passèrent le Dniester près d'Csc**2" ko. Sous les ordres des généraux Jablcnowski, Sapieha, Pototki , Sfuzka , il* combattirent comme des l^ns et triomph^-