‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 152 sur 384 · S LX · texte numérisé non relu

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ment avec les Vénitiens , parce que Venise avait adhéré la première des trois antres puissances belligérantes à la base adoptée pour la paix , et parce que la frontière , tracée par les plénipotentiaires , conduisait aux limites du territoire vénitien. Les 17 et 18 novembre, Maurocordato et le reis-efendi Kami s'abouchèrent donc avec le cavalière Kuzzini , mais on ne put s'entendre : les Tores demandaient la destruction des ouvrages de Lépante , l'évacuation des détroits de Morée et de Prevesa, et insistèrent obstinément sur ces points que la république déclara ne pouvoir accorder en aucune façon. La première conférence , tenue avec l'ambassadeur russe le 19 novembre, n'amena pas plus de résultat; car les Turcs demandaient l'évacuation et la destruction d'Assow , ainsi que la possession des Iles à l'embouchure du Dnieper, et le plénipotentiaire du czar ciigeait Kertsch. Quand , le 21 , les négociateurs ottomans se retrouvèrent en face des plénipotentiaires impériaux, il fut question surtout des intérêts de Venise , que ces derniers appuyèrent fortement. Se rattachant à la base de l'état actuel de possession , Venise voulait avec la Morée , l'isthme de Corintbe et le territoire s'étendant par-delà les montagnes du continent; la Porte ne consentait à céder que la Morée et Corinthe , mais prétendait retenir l'isthme ; si Venise trouvait que sa frontière n'était pas assez assurée de ce côté, elle pouvait couper l'isthme, et ce travail n'emploierait pas plus de trois mois. L'après-midi du même jour , s'engagea la première conférence avec le représentant du roi de Pologne : les Turcs exigeaient l'évacuation de Caminiec et les Polonais insistaient sur la conservation des points occupés en Moldavie ; il ne pouvait y avoir de rapprochement. Dans la seconde conférence avec l'ambassadeur russe, celui-ci finit par déclarer que , vu l'impossibilité d'arriver a un accommodement, il offrait un armistice [ 22 novembre ]. Dans la réunion du 23 novembre entre les Ottomans et les Autrichiens, à l'article tout récemment arrêté l'on ajouta l'évacuation des châteaux endeçà de l'Unna. La troisième conférence avec Rizziui et la deuxième avec Malachowseki , furent tout aussi infructueuses que les précédentes | 24 et 25 novembre. L'am-

bassadeur polonais offrit la cession de deux couvents sur cinq en Moldavie , car son maître voulait conserver les trois autres pour avoir un pied dans le pays: une telle naïveté provoqua le rire des Turcs. Une nouvelle entrevue avec les Autrichiens T le 26 novembre, amena l'adoption d'articles concernant le droit de réparer les fortifications existantes , la répression des courses sur les territoires des puissances voisines , l'abandon des rebelles, la commission d'indemnité pour les discussions sur les frontières, les frais d'ambassades, la durée de la paix fixée à vingt-cinq années , la commission de délimitation, l'échange des ratifications : la paix se trouva donc arrêtée dans ses points essentiels. Dans la quinzième conférence du 29 novembre, l'on s'occupa du rang que devraient avoir les ambassadeurs que la Porte et la cour de Vienne s'adresseraient mutuellement; car après la prise de Vasvar, la Porte n'avait envoyé à Vienne qu'un rauteferrika , inférieur par conséquent au général comte Leslie , envoyé par l'empereur à Constantinople ; À cette occasion, Maurocordato prétendit que les muteferrikas occupaient une position élevée, puisque la plupart étaient des petits-fils de sultanes. Quant aux prisonniers, il fut arrêté que ceux qui étaient au pouvoir des gouvernements seraient rois en liberté , et que ceux qui se trouvaient en la possession de particuliers seraient rachetés moyennant une rançon modérée. Dans la conférence du 1" décembre, le comte Schlick parla en faveur des Trinitaires voués à la noble mission de délivrer les captifs , des Franciscains qui réclamaient l'antique possession du saint Sépulcre , des jésuites de Chios et de la religion en général ; Maurocordato dit qu'il ne connaissait ni Trinitaires, ni Franciscains, ni Jésuites. Toutefois, l'on rédigea sur la protection de la religion et des religieux un article conforme aux anciennes capitulations, aux chatti-schérifs et aux fermans antérieurs ; quant au saint Sépulcre . dit Maurocordato , ce point devait être réservé pour le moment où un ambassadeur extraordinaire solliciterait la bienveillance du sultan à Constantinople. La liberté du commerce fut stipulée selon l'esprit des capitulations précédentes. Le comte Schlick , plaidant la

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cause des alliés de son maître, demanda l'abandon de la Morée an profit de Venise, avec les frontières de l'état actuel de possession , la renonciation des Turcs à toute .réclamation sur Assow , et la cession de Caminîec à la Pologne. La troisième conférence du 2 décembre avec l'envoyé russe n'amena encore aucun résultat; le lendemain , les Turcs se décidèrent à céder Garnir niec à la Pologne. Le 4, les Autrichiens se consacrèrent entièrement a la défense de leurs alliés; le ministre polonais débattit encore une fois les intérêts d? son maître avec l'envoyé rosse; deux essais d'accommodement furent encore tentés inutilement. Dans la cinquième conférenceavecMalachowski, il ne s'agit que de collationner les textes turc et latin du traité projeté avec la Pologne. Le 10 décembre, l'envoyé russe produisit dans le protocole l'offre d'une trêve de deux ans , afin que la paix pût être menée à une conclusion meilleure, soit par la médiation des puissances maritimes, soit par l'entremise du chan tatare. Le 18, les Turcs voulurent qu'un procès-verbal fut rédigé de cette offre , mais Wostinitzinow prétendit le 19 que chaque partie devait rédiger son acte pour soi, et qu'ensuite on ferait la comparaison. Ainsi se trouvaient à peu près fixés les points principaux pour un accommodement avec la Pologne et la Russie; restaient donc les intérêts de Venise , sur lesquels les Turcs ne purent encore s'entendre , le 22 décembre , avec les Autrichiens. Le 30 décembre, on fit çà et là quelques changements de mots au traité entre la Porte et l'Empire, les articles furent disposés dans un autre ordre. Le 31 décembre , débats toujours aussi stériles entre l'envoyé de Venise et les plénipotentiaires de la Porte : la république exigeait les montagnes au-delà de l'isthme de Corinthe ; les Turcs prétendaient bien retenir ces montagnes, et même ne pas céder un pouce de terrain au-delà du rempart de l'Hexamilon. Le l,r janvier 1699, le comte Schlick aborda la question épineuse de Tœkœli , de son épouse et de ses adhérents, et déclara que d'après l'engagement contracté par les plénipotentiaires turcs de tenir cet agitateur loin des frontières et de toute influence, l'empereur dans sa clémence souveraine voulait bien ne pas insister sur l'extradition

du coupable, daignait même restituer à la comtesse son douaire en capital et intérêts ; mais que les complices de la rébellion ne devraient jamais rentrer dans les étals impériaux : la discussion fut réservée à un autre temps. Les plénipotentiaires ottomans, fatigués des rigueurs de la saison , voulaient absolument en finir ; Marsigli partit en courrier pour aller porter à l'empereur le résultat des négociations poursuivies jusqu'alors. La conférence la plus longue et la plus difficile fut celle dans laquelle les Autrichiens s'adjoignirent le cavalière Ruzzini, le i janvier pour traiter des intérêts de la république. Le 5 janvier, l'ambassadeur vénitien voulait absolument avoir l'isthme entier qui réunit la Morée au continent, prétendant qu'il ne connaissait pas l'Hexamilon; les Turcs n'étaient pas moins obstinés dans leur refus. En vain les médiateurs et môme les plénipotentiaires impériaux conseillèrent à Kuzziui de se relâcher un peu de ses prétentions ; il y persista d'une manière absolue. La conférence s'étant ouverte de onze heures a une heure après midi , les Autrichiens et les représentants des puissances médiatrices se retirèrent dans leurs chambres respectives pour se reposer un peu ; au bout d'un quart d'heure on se rassembla de nouveau, et Ruzzini céda enfin , prétendant qu'il jouait sa tête : aussitôt l'article fut rédigé. L'on passa maintenant à Lépante, dont les Turcs demandaient l'évacuation. Là encore, la lutte fut aussi acharnée : Ruzzini finit encore par accorder ce point , sous la condition que les fortifications ne seraient jamais relevées. Les Turcs ne se trouvèrent pas satisfaits; ils voulaient de plus que l'on rasât les châteaux du détroit, élevés sur la côte de Morée , et qu'on leur abandonnAt Lépante sans réserve; Ruzzini ne voulut rien entendre à ce sujet : « Alors, dit Maurocordato, que Venise nous cède Gabelia ou une autre place en Dalmalie, Castelnuovo, ou Knin, ou Sign. » Des heures s'écoulèrent sans que la discussion avançât; le comte Schlick ne pouvait contenir son impatience ; les débats se ranimaient toujours et l'on ne pouvait s'entendre sur rien i enfin , à huit heures du soir on se sépara. Il y eut une suspension de six jours aux négociations , qui furent reprisesle 10 janvier. Danslatrpisième conférence.

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