‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 154 sur 384 · LIVRE LXI · texte numérisé non relu

LIVRE LXI

L'HISTOIRE DES OTTOMANS DEVIENT PLUS HUMAINE. — HTSEIN KOBPR1LI, RAMI, MACRO- CORDATO, LE MUFTI. — D ALT A BAN ET LE KISLARAGA NESIR. — LE SULTAN RBTOURNB A CONSTANTINOPLE. — AMBASSADE TURQUE A VIENNE. — AMBASSADEUR DE L'EMPEREUR.— ENVOYÉS DE POLOGNE, DE VENISE ET DE RUSSIE. — CONCLUSION D'UN TRAITÉ AVEC VEN1SB ET LA RUSSIE. — FERlIlOL ET SUTTON. — ENVOYÉS DE HAGUSK ET DE GURIEL. — RAP- PORTS AVEC LA PERSE ET AVEC MAROC. — EXPÉDITION CONTRE BASZRA. — CARAVANE DE PÈLERINS. — LA SURRE ET LE SCHÉRIF DE LA MECQUE. — LA PAIX RAMENÉE EN EGYPTE ET DANS LES ÉTATS BARBARESQUES. — LA KIUMÉE ET DEWLET-GIRA1. — INSTITUTIONS DB KOEPRILI. — LETTRE PASTORALE DU MUFTI. — CHUTE ET MORT DE KOEPRILI. — SAVANTS ET POÈTES DE SON TEMPS. — DALTABAN GRAND VES1R. — RÈGLEMENT DES COSTUMES. — MESURES FINANCIÈRES. — UASAN LE FUGITIF PROSCRIT. — ARMÉNIENS PERSÉCUTÉS. — CONSTRUCTION DB FORTERESSES. — TROUBLBS EN KRI.MÉE. — SUPPLICB DE DALTABAN. — EXPÉDITION CONTRB i-A GÉORGIE. — FIXATION DES FRONTIÈRES. — ADMINISTRATION DB KAMI. — BRANCOVAR CONFIRMÉ DANS LA QUALITÉ DB PRINCE DE VALACHIE. — FONC- TIONNAIRES de l'état soumis a la bastonnade. — semences de mécontentement et

DE RÉVOLTE. — COMMENCEMENT ET PROGRÈS DE L'AGITATION, QUI FINIT PAR LE DÉTRÔ- NEMENT DE MISTAFA H.

Enfin l'on peut respirer plus librement; les yeux ne sont plus frappés par des scènes continuelles de sang et de carnage. La période où nous allons entrer offre bien encore deux renversements de souverains , amenés par la révolte , mais ces deux catastrophes ne sont pas souillées par le meurtre des sultans abattus ; il y a bien encore des guerres et quelques exécutions, mais la lumière perce peu à peu les ténèbres de la barbarie, et l'on ne verra pas se reproduire les actes de cruauté de Murad IV , ou l'anarchie de la soldatesque sous laquelle gémit la minorité de Mohammed IV , ni les coups de la politique impitoyable du vieux Kœprili. La rudesse farouche des Turcs est adoucie par le frottement avec l'Ouest; la politique et la civilisation européennes répandent un esprit de douceur qui pénètre la grossière écorce dont les races asiatiques sont encore enveloppées; lessentiments deviennent plus humains, les mœurs perdent leur Apreté , les intelligences s'éclairent, une nouvelle vie s'éveille

dans l'empire ottoman , ainsi que deux siècles et demi auparavant l'Europe avait reçu un vaste ébranlement par la découverte de l'imprimerie. Si les bases de l'édiQce politique, les institutions militaires d'Urchan et de Murad I , le kanunname de Mohammed II, de Suleiman-le-Législateur , d'Ahmed I et de Mohammed sont encore debout , on y fait des additions, et les annales ottomanes révèlent des changements intérieurs, des modifications dans les institutions, dont on n'avait pas trouvé la moindre trace dans les temps antérieurs. Quoique depuis des siècles on cite la fixité des principes et des mœurs de TOrient en opposition avec la mobilité occidentale , ce n'est là qu'une immutabilité apparente : car dans la nature et dans l'histoire il n'y a rien d'immobile. Les étoiles fixes sont restées au môme point pour l'œil de l'homme pendant des milliers d'années , et pourtant elles marchent à l'accomplissement de leur grande période dans le système du monde ; ainsi les mœurs et la

Page 1