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des vaisseaux , fondre des canons et des ancres. Jusqu'alors on avait tiré les armes d'Angleterre , maintenant une fonderie spéciale fut établie sous la direction du bombardier AU , derrière les chantiers de l'Arsenal qui ont vue sur le port. Afin d'assurer la tranquillité de l'île de Keikowa , qui servait de refuge à de nombreux corsaires, on y éleva un château , et trois galions formèrent une croisière dans ces parages. Cinq galions, quatre f K gâtes surveillèrent le canal de Kersch et le nouveau château de Jenikalaa ; , les sandshakbegs de Konia et de Trapezunt reçurent la môme destination avec trois mille janitschares ; un autre corps de même force fut envoyé à Bender. devant le bagne, le grand voir éleva une mosquée dont le sultan honora la consécration par sa présence. Il en construisit une autre dans le voisinage de la porte des Doigts , et y attacha une cuisine des pauvres, un couvent, une école et une bibliothèque. La première pierre du temple que devait fonder la Validé à Skulari fut posée en présence de tous les ulémas, à l'heure fixée par l'astronome de la cour comme la plus favorable. Le grand vesir assista de sa personne à la visite de l'aqueduc de Clialkali, fit évaluer les réparations nécessitées par l'état de dégradation de cet ouvrage, et contribua dans les dépenses pour 35 bourses avec les autres vesirs, ne laissant plus que 15 bourses à fournir par le fisc. Il fit réparer aussi le palais de l'ancien grand vesir Biiklu-Mustafa , pour la fille du sultan, Fatima , celui de Sirek pour la sultane Aische, fille de Mustafa II; celui du chef des bouchers pour la sultane Chadische. Les deux filles de Mustafa II, Eraine et Aische, furent fiancées, la première au grand vesir, la seconde à Nuuman-Rceprilisade, second fils de Kœprili le Vertueux. La plus grande pompe fui déployée dans la célébration des noces. Après avoir marié ses nièces, le sultan songea aussi à choisir un époux a sa fille Fatima , âgée seulement de quatre ans. Le grand vesir fit d'inutiles efforts pour empêcher que Silihdar-Pascha, favori déclaré du sultan , n'obtint la main de cette princesse. Elle loi fut donnée avec une dot de 40,000 ducats; et aux biens de la couronne, dont on l'investit, fut ajoutée en outre l'île de Chypre [16 mai 1709]. Les
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fiançailles furent célébrées avec une pompe d'autant plus grande que le sultan était passionné pour toutes ces fêtes. Ainsi tout récemment, à l'occasion de la naissance du prince Murad , que lui avait donné une esclave croate, il avait ordonné une illumination de trois jours. Mais deux princesses jumelles étant nées trois jours après d'une esclave russe , leur arrivée dans ce monde ne fut annoncée par aucun éclat. Outre les fêtes ordinaires des deux Bairams, de la naissance du prophète, de l'exposition de son manteau et du départ de la caravane de pèlerins , sous Ahmed III , on célébra pour la première fois la fête du printemps ; le sérail fut éclairé avec des lampes, et les parterres de tulipes situés dans le jardin des bois furent illuminés avec des verres de couleur. Au milieu de ces plaisirs, Ahmed oubliait les soins du gouvernement et en partie même les malheurs publics, les incendies, les ouragans, les tremblements de terre , les inondations et la peste. A Constantinople les flammes 'dévorèrent une première fois le marché des préposés aux balances , le faubourg d'Ejub , le long du port, et ensuite une grande partie du quartier près de Chodscha-Pascha. A Gallipoli, l'explosion du magasin à poudre emporta six cents ouvriers; à Constantinople un accident de même nature eut pourtant des résultats moins affreux. A Leraiios, la foudre en tombant fit sauter aussi la poudrière en causant de grands dégâts au château. Des pluies torrentueuses gonflèrent la petite rivière de Kiagadchane (le Cydaris), dont les eaux couvrirent la délicieuse vallée des Eaux douces, et enlevèrent les canons plarés en batterie à Kiagadchane ainsi que les caissons; mais le phénomène le plus remarquable fut l'apparition d'une nouvelle île près de Santorin. Durant trois mois elle graudit continuellement, et quand son accroissement fut è son terme , Constantinople ressentit des tremblements souterrains (1).
Toutefois le sultan dut porter son atten-
(1) taUre du consul Condilli de Paros , dans Wagner Orlelim, rrd. p. Î86. André©»)- . snr l'np pariUon dp» tics Cai menés . L i. p. îà7. Laino* traye. I. i, p. JS8; dans Ratcbid . I. n, fol. M
tion sur la Syrie, l'Egypte et l'extrémité de la côte d'Afrique jusqu'à Orao , qui occupaient vivement l'intérêt du grand vesir et x même du peuple. En Syrie, la caravane de pèlerins était dirigée par Naszuh -Pascha , qu'avaient signalé déjà son activité, sa valeur et son énergie constante. Après avoir attaqué et battu quatre mille Arabes commandés par Kaleib à la station près de la fontaine delà Validé, il invita Kaleib à une entrevue sous une tente dressée entre les deui camps, et le tua par trahison. En Egypte, Rami- Pascba n'avait pas plus de succès qu'il n'en avait obtenu dans son grand vésirat. Durant son administration, la famine dévora le pays. Le gouverneur ordonna des prières publiques dans les lieux de pèlerinage les plus en crédit, au Kaire, sur la colline des troupes et dans la mosquée d'Amru-Ben-Aasz (1706). , La fameuse pierre qui porte l'empreinte des pas du prophète fut portée en procession solennelle par les scheichs et les émirs implorant la miséricorde céleste jusqu'à ce que le Nil' eût atteint la hauteur de seize aunes, et que l'on eût percé les digues. Cependant le prix des vivres allait toujours en augmentant. Sous l'administration de Rami , le schérif Seid , après la mort de son père Saad , fut déposé et remplacé par Abdul-Kerim. A celui-ci succéda Ali, pascha de Smyme, surnommé Gumrukdschi (le douanier) , qui, appelé parle grand vesir Baltadschi à Constantinople parmi les vesirs de la coupole , intrigua pour remplacer son protecteur. Rami ne fut pas laissé dans le gouvernement de l'Égypte ; banni à Rhodes, il fut appliqué à la torture et mourut des suites des tourments qu'on lui avait fait endurer pour lui arracher ses trésors. Il ne laissa de monuments que son inscha , véritable modèle de style politique ; mais son souvenir a été perpétué en outre par des chants composés en son honneur ; des beaux esprits tels que Nami et Sami ont célébré en vers la grâce avec laquelle il les recevait à sa table. Vers le même temps que Rami [ septembre 1707] , mourut aussi le médecin de la cour, Nuh-Efendi, renégat italien, qui avait acquis de vastes connaissances dans la littérature orientale et qui se fit un nom parmi les savants ottomans, comme traducteur de l'Histoire des religions, par Schehristani.
Sous le grand vésirat d'Ali de Tschorli, la marine turque dans la mer Méditerranée et sur les eûtes d'Italie réveilla le souvenir de la terreur répandue autrefois par les corsaires ottomans. LecapitaineElhadsch-Moham med débarqua à Négrepont, emporta d'as* saut un couvent et un château qu'il détruisît, et enleva trois cents captifs. Après être resté un jour entier à l'ancre en vue de Malte, il captura deux bâtiments maltais près de Paras, et les emmena à Constantinople. Vers la fin de cette année la flotte d'Alger bloqua Oran , dont le port et l'heureuse situation offusquaient les pirates barbaresques. A la fin de l'année suivante les commandants des trois vaisseaux amiraux d'Alger, tous trois renégats, dont deux Hollandais, vinrent déposer les clefs d'Oran aux pieds du sultan [ 29 décembre 1707 ] , alors â peine rétabli de la petite vérole. Au bruit de cette conquête, l'empereur de Maroc, auquel les ottomans donnent simplement la qualification de souverain de Fez, Mulai-Ismaïl, jugea prudent d'envoyer à la Porte une ambassade solennelle chargée de protester de son dévouement et de conduire à la Porte un prétendu fils de Mohammed IV, dont la mère , surprise par un coup de vent pendant sa grossesse, avait été poussée, disait-on , sur les eûtes de Fez. A son arrivée à Chios, l'ambassadeur se trouva fort heureux d'être protégé par le droit des gens , et l'on se contenta de le renvoyer. Quant au prétendu prince , il fut retenu sous bonne garde. Mulai-Ismaïl, offensé de ce traitement , prit un ton moins soumis , et dans une nouvelle lettre au sultan il soutint la légitimité du prince et accusa l'iniquité de la conduite de la Porte. Ces reproches hâtèrent l'exécution du prétendu fils de Mohammed IV. Il fut répondu an souverain de Fez : « Que de pareils soupçons ne pouvaient atteindre la sublime famille des Ottomans, attendu que les fils de sultan ne couraient pas le monde comme les autres princes , et que la fable aujourd'hui racontée tirait son origine d'imaginations malveillantes. » La tête du malheureux auquel on avait voulu faire jouer un rûle trop important roula devant la porte du sérail.
L'année suivante, après la bataille de Pultawa, Charles Xn s'élança sur le territoire ottoman pour y chercher un refuge. Cet