‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 193 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

lumières, il ne serait guère à propos dé commencer la guerre À cause de cette lettre ; il me parait plutôt nécessaire de mettre les frontières de l'empire en bon état de défense. — Apporte le traité de paix, cria le grand vesir au reis-efendi , et fais-en lecture au vénérable scheich de l'Islam. » Le reis-efendi lut le traité , et dans les vingt articles qui le composaient ne se rencontra pas un seul mot de Venise. Le sultan dit : « Ainsi sont les choses ; à l'époque de la guerre contre les Russes , on a fait la môme recherche, et l'on n'a rien trouvé. — Voyezvous , reprit le grand vesir , en se tournant vers le mirsa-efendi , comme l'ennemi ment en nous accusant d'avoir violé la paix. — Sans doute, répliqua Mirsasade, nous savons que nous n'avons pas enfreint la paix ; mais la fausse accusation de l'ennemi ne constitue pas non plus une violation des traités. — D'après vos paroles, s'écria le grand vesir avec violence , il n'y aura rien à reprocher à l'ennemi tant qu'il n'aura pas enlevé Belgrad ; mais alors il sera trop tard pour la défense. — Je ne prétends pas, continua l'ci-grand juge , qu'il faille attendre cette preuve de son manque de foi ; mais je soutiens que, tant qu'il n'aura pas franchi les frontières, la lettre en question ne nous donne pas le droit de déclarer la guerre. » Le grand vesir apercevant en ce moment un livre entre les mains du scheich d'Aja-Sofia, le demanda pour consulter ainsi le sort. Le scheich se leva, mais le sultan lui fit signe de se rasseoir et de lire deux passages de l'ouvrage, qui était de Serchasi ; ils se trouvèrent favorables à l'opinion de l'ex-grand juge. Le grand vesir dit qu'il n'y avait rien à opposer à ces décisions , mais qu'elles n'étaient pas applicables au cas présent. Puis, fesant une sorte de concession : a Nous ne voulons pas engager la guerre sans motif et sans violation de la paix de la part de l'ennemi ; seulement il faut que nous marchions sur Belgrad, tout prêts à combattre s'il y a lieu; en même temps nous avons défendu sous les peines les plus rigoureuses aux commandants des frontières de causer le moindre dommage à l'ennemi par des irruptions sur son territoire, leur enjoignant seulement de so tenir sur leurs gardes. Hier soir encore est arrivé un rapport du pascha de Temcswar ; viens.

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