‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 196 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

s'engagea vers sept heures du matin. Déjà la victoire se déclarait pour les Allemands, quand les janitschares culbutèrent l'infanterie allemande à l'aile gauche. Wallenstein, Lanko et Bonneval firent de vains efforts pour rétablir l'ordre ; les deux premiers tombèrent frappés à mort. Bonne val se défendit avec deux cents hommes, et quand il vit ses guerriers réduits à vingt-cinq , il se fit jour à travers les rangs ottomans. Alors Eugène commanda à la cavalerie de l'aile droite et à la réserve de soutenir l'aile droite qui fléchissait. Le prince Alexandre de Wurtemberg avec Stahremberg, Wallis et Thurn, tint ferme au centre de la bataille. La cavalerie turque voulut appuyer les janitschares ; mais repoussée par celle des Allemands, elle prit là fuite (1). Pendant tout ce temps le grand vesir était rest,é immobile devant sa tente à côtcdela sainte bannière.Quand après la mort du commandant de l'aile gauche , le beglcrbeg d'Anatoli, Turk-Ahmed , les sipahiset les silihdars s'enfuirent en masse, qu'il ne vit plus autour de lui qu'une poignée de cavaliers feudataires, que toutes ses exhortations, que les coups de sabre même distribués par ses gens ne furent d'aucun effet pour arrêter les fuyards , il se précipita lui-même à la tête de ses agas, contre l'ennemi , et tomba frappé d'une balle au front. Ses gens le chargèrent sur un cheval , puis sur une voiture, et le transportèrent à Carlowicz. Le defterdar Mohammed, le mewkufatdschi Ibrahim, le reis-efendi Mustafa, l'historiographe Raschid, qui étaient rangés autour de la sainte bannière, la gardèrent au milieud'eux, et accompagnés de quelques gediklis à cheval et de l'aga des sipahis , coururent à Belgrad. Quand le bruit de cette déroute se répandit à l'aile droite où commandait le beglerbeg de Rumili , Ssari- Ahmed, les janitschares se dirigèrent aussi vers Belgrad. Après une lutte de cinq heures, à midi le sort de la bataille était fixé ; les Allemands n'avaient perdu que trois mille hommes ; les Turcs en avaient laissé le double sur le terrain avec cent quatorze canons , cent cinquante étendards , cinq queues de cheval, six tambours. On

(1) Histoire militaire du prince Eugène , p. 108. et histoire du prince Eugène, I. v,p. 47.

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