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doit-il être considéré comme un pays ennemi? — C'est un pays ennemi , et tous les habitants doivent être traités en apostats. — Quelle conduite faut-il donc tenir avec les hérétiques (les Persans) et les habitants originairement infidèles de ce pays ( les Géorgiens, les Arméniens)? — Quant aux hérétiques (les Schiites], il faut exterminer les hommes , réduire les femmes et les enfants en esclavage, se saisir de leurs biens. Les femmes et les jeunes garçons doivent être poussés à l'Islam par d'autres moyens que le glaive ; mais il n'est pas permis de cohabiter avec les femmes avant de leur avoir fait embrasser la vraie foi. Quant aux inûdèles d'origine (les chrétiens) , les femmes et leurs jeunes garçons seront réduits en esclavage , leurs biens seront la proie des vainqueurs , l'on ne pourra employer la force pour imposer l'Islam aux jeunes garçons et aux femmes ; toutefois il sera permis de cohabiter avec ces femmes, encore bien qu'elles ne soient pas devenues musulmanes d
Tandis que l'armée russe traversait le Caucase et filait le long de la mer Caspienne, les troupes ottomanes se mettaient peu à peu en possession de la Géorgie. La Mingrélie , Imirette et Guriel avec leurs princes , obéissaient déjà depuis plus d'un siècle aux ottomans. Au midi de ces provinces les contrées de Kacheti, Somcheti et Karthli avec Tiflis, capitale de tout le Gurdschistan ( ou de la Géorgie ) , et les deux familles princières d'Alexandre et de Luaszarb se rattachaient à la domination persanne (1). Dans le pays de Karthli régnait le fils de Lewati , Wachtang V, législateur de Grusie (2) , que le dernier schah llusein, après une détention de trois ans en Perse , avait installé en qualité de prince. Tahmasip, fils de llusein , le remplaça par le fils d'Heraklius, Constantin lll. qui après avoir abjuré le christianisme avait reçu chez les musulmans le nom de Mohammed-Kuli-Chan. Wachtang avait sollicité des secours auprès du serasker Silih-
(1) Les tables généalogiques de ces princes se trouvent dans Peyssonel , Essais des troubles actuels de Perse et de Géorgie
(2) Voyage de Klaproih dans le Caucase. I. n. p. 211.
HISTOIRE DE L'EMPIllË OTTO MAIN'.
dar- Ibrahim Pascha, et le chambellan Dcrwisch-Mohammed , le même qui avait installé le nouveau chan de Schirwan , lui apporta une lettre qui lui promettait une prochaine assistance. Battu d'abord par Wachtang, Mohammed-Kuli-Chan revint ensuite soutenu par les Lesgis et les tribus de Dschar et de Telali , et s'empara de Tiflis. Wachtang implora l'assistance des Turcs. Le serasker partit de Karsz , et au village de Poka dans le sandschak d'Achalkelek . reçut l'hommage de Jese, frère, puis de Schehnuwas , 01s de Wachtang. Ce dernier envoya bieu vite son autre frère G usent ap vers Gori, pour l'occuper avant l'arrivée des troupes de Mohammed-Kuli-Chan, et cette place tomba ainsi au pouvoir des ottomans. Wachtang , averti que le chambellan Mohammed-Derwisch négociait avec Mohammed-Kuli-Chan pour l'occupation de Tiflis , s'adressa d'abord à la Russie; mais bientôt, repentant de celte démarche , il se rattacha de nouveau au serasker et lui livra les clés de Tiflis, dont la prise de possession fut célébrée à Constantin nople par des illuminations [ 10 juillet 1723]. Le serasker Ibrahim , au lieu de prêter l'oreille aux offres de Mohammed-Kuli-Chan, qui proposait de lui remettre sans tirer l'épée Gendsche et Eriwan , comme il avait déjà voulu le faire pour Tiflis, se laissa corrompre par Wachtang , conféra au fils de ce prince, Schehnuwas, qui en se fesant musulman avait pris le nom d'Ibrahim , la ville de Tiflis, le lendemain de l'occupation , à titre de gouvernement héréditaire (odschaklik) , moyennant un tribut annuel de 40,000 piastres, expulsa aussitôt quelques centaines de marchands persans hostiles à la domination ottomane , traita ensuite avec indignité le gouverneur institué par lui , contraignit Mohammed-Kuli-Chan à s'enfuir vers Kacheti , perdit un mois à Tiflis, et par sa cupidité aliéna des ottomans tous les esprits dans les cantons voisins. Toutes ces fautes le firent déposer, et le gouverneur de Karsz , Mustafa- Pascha fut nommé serasker en recevant pour instruction de marcher sur Eaku [ septembre 1723]. Cette mutation s'était opérée encore avant la première conférence entre les ministres turcs et le résident russe à Constantinoplc. Sur ces entrefaites fiaku était tombé entre les mains du czar, et telle perle ayant
été attribuée à M ustafa-Pascha , le diplôme de serasker fut adressé au gouverneur de Rakka , Aorifi-Ahmed- Pascha. Cependant le gouverneur d'Erserum , l'ex-serasker Ibrahim, le gouverneur de Karsz, Muslafa, et celui de Tschildrr, Ishak-Pascha, s'étaient avancés sur Gendsche , et avaient établi leur camp devant la ville sur la colline du sultan Sélim. On allait livrer l'assaut quand un cri retentit : Mohammed-Kuli-Chan a surpris le camp ; aussitôt tous les assiégeants s'enfuirent abandonnant leur artillerie. Le lendemain il fallut de grands efforts pour reprendre les canons. Dix-sept jours furent perdus eu négociations avec les Arméniens et les habitants de la ville. A la nouvelle que le nouveau serasker avait donné à Mohammed-Kuli-Chan l'investiture de Gendsche, Ibrahim se relira entraînant avec lui trois mille Arméniens à Tiflis fi). Les habitants de Somcheti se sonmjrent en sujets tributaires, demandant seulement qu'on leur nommAt un gouverneur.
On leur donna pour sandschakbeg héréditaire le neveu de Wachtang, le (ils de Jese, nommé Abdullah depuis qu'il avait embrasse l'Islam-.
Tahmnsip,qui , depuis que Mahmud s'était saisi d'Iszfahan et du trône, se tenait à Kaswin comme héritier légitime du pouvoir suprême , venait de conclure avec le exar Pierre un traité en vertu duquel , pour obtenir la protection des Russes , il leur cédait Derbend, Bakuavec les cantons du littoral delà mer Caspienne, de Gilan, Masenderan et Astrabad ; quoique le czar lui eût promis une armée contre l'usurpateur , il envoya le chan Berchordar en ambassade à Constantinople. La Porte blessée par les progrès de la diplomatie russe, était résolue à ne reconnaître Tahmasip en qualité de schah que dans le cas où ce prince lui abandonnerait une partie de ses états. L'ambassadeur Berchordar fut retenu à Erserum, et on second envoyé, Murtcsa-Ku!i-Beg, avec une lettre d'Abdulkcrim, Itimndeddevtlct, ou premier ministre de Tamahsip, était venu implorer des secours; il lui fut répondu san? déguisement que, puisque Derbend et Baku étaient tombés entre les mains du czar. Iszfahan dans celles de Mahmud, Kandaliar au pouvoir de Mir-Kesim, la Porte avnit nommé des s^raskers de trois côtés pour