‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 23 sur 384 · LIVRE LUI · texte numérisé non relu

LIVRE LUI

PATRIE ET ORIGINE DE KOEPRILI. — LES ORTHODOXES ET LES HYPOCRITES. — ENVOYÉS D'AUTRICHE, DE PERSE, DE POLOGNE, DE SUÈDE ET DE TRANSYLVANIE. — LE PATRIARCHE EST PENDU. — ARMEMENTS BT BATAILLES DBS DARDANELLES. — PRISE DE TÉNÉDOS ET DE LEMNOS. — DÉPOSITION DU MUFTI. — KOEPRILI PROTÉGÉ CONTRE LE SCHKICU HUSEIN.— FRONTIÈRE DE BOSNIE. — LE CUAN TATARK COMBAT LES TRANSYLVANIENS, LES MOLDAVES ET LES VA LAQUES. — BARCSAY , PRINCE DE TRANSYLVANIE. — RÉVOLTE D*ABASA-HASAN.— POLITIQUE PERFIDE DB KOEPRILI, BT MAUVAIS TRAITEMBNT QU'lL FAIT SUBIR A DE LA nAYB. — MORT DBS POÈTES DSCHEWRI ET R1ASI, DU MUFTI AS1S-EFENDI ET D HADSCUl— CHALFA. — LB SULTAN SB REND A SKUTARI. — MURTBSA-PASCHA BATTU PAR ABASA. — MASSACRE D'ALEP. — SUPPLICE D'HUSEIN. — LE MUFTI BOLEWI DÉPOSÉ. — LA FLOTTE BAT- TUE PAR OTTALIA. — SOULÈVBMENT EN EGYPTE. 1SMAIL, GRAND INQUISITEUR. — LE VESIR GURDSCHI , CENTENAIRE. — INSTITUTIONS DES TIMARES. — CONSTRUCTION DES NOU- VEAUX CHATEAUX DES DARDANELLES. — RETOUR DB L'AMBASSADEUR ENVOYÉ DANS L'iNDE. GHIKA, PRLNCE DB TRANSYLVANIE AU LIEU DE MICUNE. — MORT DE RAKOCZY. — L'aM- BASSADBUR AUTRICHIEN MAYERN A BRUSA. — SOUCHES OCCUPE SZATIIMAR ET SZABOLCS. — SEJD-AL1 S'EMPARE DB GROSZWARDEIN. — EXPÉDITION DES TATARES ET DES COSAQUES EN RUSSIE. — ENVOYÉS COSAQUE , RUSSE , POLONAIS, ALGÉRIEN, ANGLAIS. — EXÉCUTION DE GOUVERNEURS ET DE POÈTES. — CONSTRUCTIONS SUR LE DON ET LE DNIEPEH-

Grand fat l'étonnement de la cour et de la ville à la nouvelle de l'élévation de Çcbprili; car personne encore ne connaissait ses hautes capacités, personne ne les soupçonnait. «C'est un ignorant, disaient les lettrés, il ne sait ni lire ni écrire. — C'est un cher incapable, disaient les officiers de l'armée , qui s'est laissé battre et prendre par un rebelle tel que Wardar. — C'est un pauvre diable, observaient les employés supérieurs du trésor; il n'aura certainement pas les moyens de venir au secours du triste état des finances. — Comment , s'écriait-on de tous cotés, avoir pris un vieillard faible, ami du repos, sans vigueur, sans argent, sans autorité, dans un moment où des troubles intérieurs, la guerre aa dehors, des rebelles au sein de la capitale et des ennemis devant les portes appelaient un homme doué d'un bras vigoureux , d'un grand courage et d'un caractère énergique, pour saisir le gouvernail et sauver le vaisseau de l'État assailli

par de furieuses tempêtes. Kœprili possédait toutes ces qualités , mais elles ne s'étaient point encore révélées à ses contemporains, ou du moins quelques-uns seulement pouvaient l'apprécier : il n'arrivait pas à la direction des affaires dans la plénitude de sa force comme y était venu Sukolli ; il avait déjà soiiaote-dix ans, et n'exerça le pouvoir que durant cinq années , mais du moins il le conserva jusqu'à sa mort naturelle; et ce court espace lui suffit pour s'assurer une haute place dans l'histoire et fonder en môme temps la grandeur de sa maison ; il transmit la toute-puissance du vesirat à son fils , tandis que leSokolli, qui gouverna sous trois sultans, vit sa famille détruite dans la personne de son neveu , frappé par la main du bourreau, et périt lui-même sous les coups d'un assassin. Mohammed- Kœprili, petit-fils d'un Albanais, transporté dans l' Asie-Mineure, avait tiré son nom du lieu de sa naissance , la ville de Kœpri , à six lieues de

Page 1