‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 256 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

les puissances maritimes à offrir leur médiation , ne négligeait rien pour exciter la défiance entre la czarine et l'empereur, entre la cour de Vienne et le cabinet français. La czarine, avertie de ces menées , fit déclarer à l'ambassadeur de France à Constant inople, et à l'insu d'Ostermann, par l'entremise de l'empereur, qu'elle ne donnerait pas son adhésion à une paix séparée, et que la médiation delà France lui convenait pleinement. Cependant les efforts de Villeneuve renconcontraient toujours un obstacle dans la politique de Jegen , qui tendait à traiter séparément avec la Russie ou avec l'Autriche, et inclinait plutôt vers la première de ces puissances, parce que Rakoczy et Bonneval lui persuadaient qu'il était plus facile de faire des conquêtes sur le territoire autrichien. Les représentants de l'Angleterre et de la Hollande écrivirent au grand vesir pour qu'il demandât la fixation du lieu de congrès [ 1* mars 1738 ]. Jegen répondit au bout de six jours qu'avant tout ils devaient communiquerleurspouvoirset leurs propositions ; Villeneuve s'adressa encore au grand vesir au moment où celui-ci allait entrer en campagne , lui proposant le renouvellement do traité de Paszarowicz, la restitution de Kilburn et d'Oczakow à la Porte , et l'abandon d'Assow à la Russie. L'interprète de la Porte vint déclarer que si Villeneuve était autorisé à signer ces trois articles il ne devait plus douter de l'adhésion du grand vesir. Mais Villeneuve ne pouvait compter assez pleinement sur les instructions reçues jusqu'alors de Vienne ni sur l'engagementverbal du grand vesir pour donner la signature demandée. Sur ces entrefaites, le grand vesir partit de Constantinople , où resta en qualité de kaimakam son kiaja Ahmed , qui avait obtenu le rang de vesir en récompense des services rendus dans la dernière campagne. Le sultan remit à Jegen , dans le sérail , la sainte bannière en présence du mufti , lui fit revêtir la pelisse de zibeline, ceindre le ceinturon garni de pierreries, et lui attacha de sa propre main le panache de héron sur le turban [5 avril ]. Douze jours après, il l'accompagna jusqu'au lieu où l'on s'arrêta pour déjeuner. Quand Jegen entra dans Andrinople il fut salué par les acclamations des janitschares et des troupes régulières

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