‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 303 sur 384 · LXX · texte numérisé non relu

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était assailli par un trop grand nombre de ses anciennes connaissances, surtout par les Bosniens, auxquels il lui fallait donner des emplois ou des promesses ; 2° ses ennemis le calomniaient auprès du sultan ; 3° le jour où lui fut donné le sceau de l'empire, son horoscope se trouva sous l'influence du vingt-deuxième degré du cancer, la lune entrait dans son troisième quartier, toutes les autres planètes étaient contraires, enfin la nuit précédente il y avait eu éclipse de lune , ce qui est toujours de sinistre augure pour le grand vesir, qui est la lune de l'empire , comme le sultan en est le soleil. Ali- Hekkimsade ne fut pas conduit à la maison des pécheurs du sérail , ainsi qu'il arrivait ordinairement au grand vesir déposé; on le transporta immédiatement à la tour de Léandre, ce qui dut le remplir de sinistres près sentiments, car cétait là que le jeune kislaraga Beschir avait été immolé. Le chaszeki des bostandschis, préposé à sa garde , le pria de lui pardonner l'accomplissement d'un triste devoir, d'après le proverbe arabe : <r Le devoir excuse. » «Je sais bien, dit Ali, qu'à personne ne peut être attribué ce qui m'arrive, sinon au silihdar qui est aussi voué à la mort. » Ces paroles furent considérées comme prophétiques quand dans la suite le silihdar fut en effet eiécnté. Toutefois le lendemain le grand vesir déposé fut gracié et banni simplement à Famagusta. Le sultan envoya le sceau de l'empire à Naili- Abdullah, qui, employé dès sa jeunesse dans la chancellerie impériale, avait rempli déjà deux fois les fonctions de reis-efendi, devenues vacantes par la retraite du reisefendi Mustafa - Taukdschi , puis nommé maître des cérémonies, avait mis en ordre les protocoles du cérémonial, et occupait en ce moment le poste de premier defterdar. C'était un homme instruit, versé dans les lettres comme dans les affaires ; on doit à sa plume une relation des dernières négociations de la Porte avec Nadir-Schah, qu'Isi a insérée dans son histoire de l'empire, et qui peut soutenir la comparaison avec le rapport de Raghib-Pascha sur les préliminaires du premier traité concln avec l'usurpateur du trône de Perse. Le changement dans la direction suprême des affaires amena l'élévation du silihdar favori au rang de vesir, avec

es fonctions de secrétaire pour la signature du sultan et le droit de siéger sons la coupole , la déposition du mufti Waszaf-Abdullahetla nomination de Damadsade-Feisullah- Efendi. Le vieux mufti s'était mêlé aux intrigues des bojards moldaves et avait voulu faire donner de nouveau la dignité princière à l'hospodar déposé, Constantin Maurocordato. Mais l'intervention de l'ambassadeur français Desal leurs détermina l'exil de Maurocordato et des bojards qui s'étaient agités en sa faveur. Des manœuvres d'un autre genre divisaient le clergé grec de Constantinople ; le patriarche soutenait que l'immersion de tout le corps était nécessaire pour le baptême; comme les métropolitains se récriaient contre une telle opinion , le gouvernement , pour mettre fln à la querelle, flt partir ces derniers pour leurs diocèses. Dans la Krimée, le chan, étant venu à mourir, eut • pour successeur le kalgha. Sous le grand vésirat de Naili , le sultan ordonna de commencer les travaux de reconstruction de la vieille mosquée des dresseurs de tentes non loin du faubourg d'Ejub. Mais Naili ne gouverna pas assez long-temps pour voir cet édifice bien avancé ; au bout de quatre- vingtdix-sept jours il fut déposé lorsqu'il venait d'installer Mohammed-Said , ancien ambassadeur en France, dans le po.*.te de kiajabeg qu'il avait déjà occupé deux fois. Comme son prédécesseur, Naili fut renversé par le sililular Ali, maintenant nischandschi, qui reçut le sceau de l'empire. Le même jour le reis-efendi Abdi, moslim loyal et incorruptible , mais de formes rudes et grossières, fat déposé et conduit aux Dardanelles. Le jugement suivant de l'historiographe de l'empire montre à quel degré les ottomans étaient arrivés dans la carrière de la civilisation, quelles idées ils avaient acquises sur les convenances et les formes diplomatiques. a Abdi , dit Waszif, était un homme de l'ancienne roche, étranger au commerce du monde , et signalé dans les affaires par sa grossièreté. » La destitution d'Abdi fut suivie de celle du kislaraga Beschir, qui fut éloigné au Kaire à cause de son grand âge, et vit sa place occupée par le second eununuque , le chasinedar Ahmed. Le sultan Osman , qui aimait à parcourir la ville incognito et à se mêler aux propos du bas peuple,

avait un jour rencontré sous un groupe d'arbres à Skutari un vieux naib déposé , ami d'Ali-Hekkimsade. L'ex- magistrat , recon* naissant le sultan , mit à profit l'occasion pour ramener la faveur du maître sur le vesir exilé. Il fit ensuite connaître à Siaji, fils d'Ali , quel avait été son entretien avec Osman, et Siaji fit si bien la leçon au naib, qu'au premier rendez-vous, sous le groupe d'arbres, celui-ci «btint du sultan non-seulement le rappel d'Hekkimsade de l'Ile de Chypre , mais encore le gouvernement d'Égypte , dont l'ex-grand vesir avait été déjà investi. Le porteur de cette joyeuse nouvelle fut l'ancien écuyer Ghalibeg, autre fils d'Ali-Pascha. Au reste le sultan bornait son action sur le gouvernement à des entretiens avec le peuple , et à des règlements soroptuaires. Tout récemment il avait rendu encore une ordonnance qui , rappelant le texte du koran d'après lequel les femmes ne doivent se parer que pour leurs maris, leur défendait de porter des vêtements de dessus étroits, des couleurs variées et de longues fraises. Une disposition interdit à tous ceux qui n'étaient pas vesirsde faire ferrer d'argent leurs chevaux ou de les couvrir de housse? en tissus de ce métal. Un incendie, qui dans la nuit du premier au deuxième jour des fêtes du Bairam réduisit en cendres près de deux mille maisons, fut comme le prélude d'un autre bien plus effroyable qui trois mois après désola plusieurs quartiers de la capitale , et dévora même la sublime Porte, ou le palais du grand vesir, ainsi que la Porte du defterdar. Le sultan, par un chatti-schérif spécial, adressa des remerciements au grand vesir pour l'activité déployée atin d'arrêter les progrès du feu ; néanmoins, quatrefsoranines après, il le destitua et lui fit abattre la tête sous la porte centrale du sérail. A peine deux heures s'étaient écoulée* après ce supplice, Osman se repentait d'avoir immolé son favori auquel il avait pourtant reproché de la négligence dans l'exécution de ses ordres , des mensonges et de la corruption. Issu de parents obscurs, Nischandschi-Ali-Pascha était entré au sérail comme simple baltadschi , et sa belle voix l'avait fait attacher en qualité de muezzim à la troisième chambre des pages. Plus tard la faveur du sultan l'éleva successivement aux posta de

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