LIVRE
confirmé par le nouveau sultan. Huit jours après [ 7 novembre 1757 ] , Akmed-Abukuf n'était plus kislaraga ; ses fonctions avaient été données à Beschir, conGdent de Mustafa III. Le secrétaire d'Abukof fut éloigné du sérail ; car le nouveau kislaraga Beschir, instruit des derniers complots de son prédécesseur, tout ami qu'il fût lui-même de Raghib, ne pouvait donner sa confiance à un secrétaire qui avait trahi le secret du sérail. Hamsa-Aga devint silihdar, et le kapudan-pascha , auquel Abukuf avait destiné la plus haute dignité de l'état, perdit sa place, sa fortune et fut exilé à Stanehio. Le tschausch-baschi , le bostandschi-baschi, le grand chambellan et plusieurs vesirs furent révoqués [ 12 novembre 1757 ]. Enfin Abukuf fut frappé de mort en châtiment de son orgueil. Abusant de son pouvoir quand il gouvernait le sérail , il avait obtenu la destitution du conducteur de la caravane des pèlerins, Esaad-Pascha , qu'il avait fait remplacer, ainsi que le commissaire des vivres de la caravane , par deux de ses créatures tirées de la plus profonde obscurité. Les Beni-Harb, pour venger l'émirol-hadsch destitué , attaquèrent la caravane à trente lieues de Maan et la pillèrent. Cette nouvelle , parvenue à Constantinople un mois avant la mort d'Osman III , avait été tenue secrète; mais bientôt le bruit s'en répandit, et comme on ne voyait point arriver le messager apportant de Damas l'avis de l'heureuse arrivée de la caravane à la Mecque, le peuple éclata en murmures; MustafallI, pour apaiser l'irritation publique, ordonna de mettre à mort l'ex-kislaraga , dont la tète fut exposée snr une pique, avec cette inscription : a Ainsi sont traités ceux qui amènent le malheur sur les pèlerins musulmans.» Le supplice avait été légitimé par un felwa rendu dans un conseil tenu en présence du sultan , et auquel assistèrent les grands ulémas , le mufti , le grand juge de Rumili , Mohamraed-Ssalih , celui d'Anatoli, Aasim- Ismaïl, le juge de Constantinople, le chef des émirs et les généraux des troupes. Le sultan nomma ensuite le tschetedschi ou général des tirailleurs, Abdullah-Pascha, conducteur de la caravane des pèlerins, et lecture fut faite d'un chatti-schérif relatif à l'examen et à la tenue des registres