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des fermages des deux sanctuaires. Depuis long-temps le plus grand désordre régnait dans cette comptabilité ; les fermes étaient fort souvent abandonnées gratuitement à des baltadschis , des tschokadars et autres employés de la cour. Le grand vesir ordonna que désormais elles seraient adjugées au plus haut enchérisseur et soumises à la vérification de la chancellerie d'état. L'exécution de l'ex-kialaraga Abukuf entraîna celle de sa créature, l'aga des Turkmans, qui avait abusé de sa position pour opprimer ses subordonnés. Plus tard aussi , une sentence de mort frappa l'ancien émirol-hadsch Esaad, soupçonné d'avoir excité pour se venger les Arabes à piller la caravane dont on lui avait retiré la direction.
Assuré maintenant dans sou poste, Raghib- Pascha se garda bien de heurter le nouveau sultan, qui avait le désir de paraître gouverner par lui-même. Mustafa III renouvela tout d'abord les ordonnances rendues par ses prédécesseurs contre le luxe des rajas ; les patriarches grec et arménien , ainsi que le grand rabbin , mandés devant le tschauschbaschi , reçurent l'injonction sévère de veiller à ce que leurs co-religionnaireâ respectassent les lois de l'Islam , relatives aux sujets non musulmans , qui n'ont pas le droit de porter des vêtements somptueux. D'ailleurs Mustafa se montra bienveillant, charitable et généreux. Dès les premiers jours de son règne , il chargea le reis-efendi de déclarer aux représentants des puissances européennes que les ambassadeurs, chargés de lui offrir des félicitations, n'avaient pas de plus sûrs moyens de gagner sa faveur qu'en délivrant des esclaves musulmans; en outre, il affecta de fortes sommes à la mise en liberté des prisonniers pour dettes. A la suite d'une visite dans l'arsenal et les magasins des chantiers , il envoya au grand vesir 20,000 piastres en or , pour les capitaines de la flotte et les employés de la marine. Il se livrait à une activité continue, se transportant d'un point à un autre, tantôt à cheval , tantôt en gondole ; un jour se montrant dans la capitale avec un cortège nombreux , un autre parcourant les divers quartiers sous un déguisement. Il paraissait dominé par une profonde affection pour sa nièce , Chanum-Sultane . épouse du gouverneur de Rumili , princesse
remarquable par son esprit et sa beauté ; il allait là voir tous les jours , et lui laissa exercer une grande influence sur les affaires de l'état. C'est par elle que le riche Bekir, dont l'épouse avaitété esclave dansle sérail du sultan Mahmud , était parvenu au poste de reisefendi, et qu'il obtint plus tard le ministère de l'intérieur; mais ces relations de domesticité intime déterminèrent ensuite sa chute, quand sa femme , appelée au sérail pour déclarer où avaient été cachés certains objets précieux, du temps du sultan Mahmud, ne put ou ne voulut faire aucune révélation làdessus [8 décembre 1757]. Au bout de deux mois, Bekir eut pour successeur dans l'administration des affaires extérieures Abdi . musulman obstiné, grossier, ignorant, qui bientôt fut remplacé par le secrétaire du cabinet du grand vesir, Mohammed-Emir, auquel l'historiographe Waszif attribue les facultés les plus éminentes. La déposition du reis-efendi fut suivie de près de celle du mufti, Damadsade, qui perdit pour la deuxième fois la première dignité de la loi, et la vit passer à Ssalih-Mohammed [ 26 janvier 1758]. Le sultan rappela à Constant! nople son beau-frère , époux de la princesse Seineb , le petit Mustafa , surnommé aussi Sinek ( la mouche ) , qui avait occupé successivement tous les gouvernements d'Asie : il le fit nischandschi. Mustafa maria sa sœur Aische,âgée de quarante-trois ans, au vesir silihdar Moharamed-Pascha , sandschakbeg de Tirhala , et ne lui constitua en dot que 6,000 ducats , le vingtième de ce qui avait été réglé pour la dot des sultanes sous Suleiman-le-Législateur. Une autre sœur du sultan, Ssaliha , veuve du gouverneur d'Ocsakow , Jahja-Pascha , si long-temps retenu en captivité chez les Russes, fut donnée au grand vesir Kaghib comme un témoignage de la plus haute faveur. Ce grand vesir recueillait déjà le fruit de l'ordre établi dans les fermages de la Mecque et de Médine : le trésor public reçut un excédant de 1,000 bourses d'argent. Aussi Mustafa III, plein de reconnaissance , fit revêtir son premier ministre d'une kapinidscha d'étoffe d'or doublée de zibeline , distinction inouïe depuis le sultan Ahmed III. Plusieurs hauts dignitaires obtinrent la permission de quitter l'exil où ils avaient été confinés et de revenir
à Constantinople, en tr 'au très l'ex-reis-efendi Abdi , l'ancien defterdar Halimi , le précédent kiaja Welieddin. Il y eut quelques mutations parmi les vesirs. et les grands fonctionnaires. Quant au sultan, plusieurs fois, de son palais d'été de Karagasch , il visita les aqueducs de Bujukdere et de Belgrad ; il affecta de fortes sommes aux réparations do sérail impérial d'Aodrinople , fortement endommagé par le tremblement de terre qui avait désolé la seconde capitale de l'empire, cinq ans auparavant. Pour couvrir ces dépenses, il fit de grandes économies au sérail de Gala ta en supprimant une chambrée de baltadschis, qui coûtait 6 ou 800 bourses d'argent par an. Sous ce règne, furent frappés de nouveau des ducats Solotas ( à la chaîne ) , ce qui semblait annoncer la grossesse d'une des sultanes; car, depuis Ahmed 111 , qui publiait par de telles exhibitions les nombreuses grossesses de ses femmes, la Monnaie n'avait point émis de ces pièces. Le gouverneur de Siwas , Sarelisade-Feisullah , détruisit uue troupe de quelques milliers de lewends qui infestaient les cantons d'Erserum et de Tschorumjil mérita ainsi la troisième queue de cheval, que la faveur du grand vesir dispensa également au ministre de l'intérieur, Mohammed d'Achiska , et au grand écuyer Huseio- Aga. Le dernier , quaud Raghib était gouverneur de Rakka , administrait Mardin , il connaissait donc parfaitement les provinces des alentours ; aussi le grand vesir le 6t partir pour Rakka, dont les habitants avaient eipulsé violemment leur dernier gouverneur. En ce moment Resmi- Ahmed et Osman- Efendi revinrent de leurs missions de Vieoae et de Varsovie , sur lesquelles ils firent des rapports écrits. Les observations du premier sur la politique respective d'Autriche et de Prusse, sur le caractère des habitants de Vienne, offrent un grand intérêt. Il termine par des considérations dignes d'un sérieux examen. La relation de Resmi-Efendi le met bien au-dessus de tous les ambassadeurs ottomans qui l'avaient précédé à Vienne, et prouve qu'il était profondément instruit des affaires du pays qu'il visitait. Le ik août 1759 mourut Ali-Hekkimsade, le plus vieux des vesirs, qui trois fois avait été dépositaire du sceau de l'empire Né dans la nuit du