‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 309 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

15 schaaban, onze cents ans après la fuite du Prophète, les croyances populaires semblaient déjà le réserver pour une haute influence sur les destinées de son époque. Ali usa du pouvoir avec rigueur, n'hésitant jamais à verser le sang ; du reste il se montra généreux envers les pauvres, bienfaisant, simple dans sa manière de vivre comme un Ssafl ; il avait l'esprit cultivé et composa des hymnes mystiques. Ce fut surtout dans les gouvernements de Tébris, du Kaire et de Bosna-Serai qu'il déploya une grande sévérité. Vainqueur d'Hildburghausen , dans les campagnes de Bosnie, il avait contribué puissamment à la conclusion de la paix de Belgrad , et à cette occasion l'historiographe de l'empire lui applique la maxime arabe bien connue : a II n'y a de héros qu'Ali , il n'y a d'épée que celle de Sulflkar. » Quelques mois avant sa mort il Gt exécuter son dernier kiaja, le fameux Welieddin , dont, suivant lui , la grossièreté et les odieux procédés avaient déterminé surtout sa dernière déposition. Rappelé de son exil de Retimo par Raghib, Welieddin se rendit à Kutahije auprès du gouverneur Ali , dans l'espoir de se relever encore à l'aide de cet appui. Parvenu au village de Pirelikoi, dans la vallée d'Ektimtasch , à quatre lieues de Kutahije , Adèle à sa détestable rudesse , il envoya dire à son ancien maître qu'il ne ferait pas un pas de plus tant que celui-ci n'aurait pas fait exécuter seize de ses agas. Hekkimsade, dont la haine contre Welieddin s'était encore accrue depuis qu'on lui avait rapporté que cet odieux serviteur se vantait de le mener à sa fantaisie, ordonna au capitaine de ses gardes d'aller abattre la tète à l'insolent ambitieux. Puis il envoya cette tête à la Porte comme si elle avait appartenu à un rebelle , ce qui lui valut le blâme universel d'après "Waszif , et lui attira au contraire les éloges de tout le monde , s'il faut en croire Siaji, fils d'Ali.

Dans son testament, Ali-Hekkimsade avait exprimé bien formellement le désir que ses deux fils mineurs fussent circoncis à la première occasion. Le grand vesir Raghib se chargea de remplir ce vœu d'un bon musulman. L'on apprit d'Arabie que la caravane des pèlerins de la Mecque avait encore été attaquée par les Arabes, mais qu'elle s'était

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