LIVRE
Parvenus au terme prochain du graud vétirat de Raghib, il est encore à propo9 d'exposer l'état des relations de la Porte avec les puissances européennes , et de signaler Pacte le plus important de sa politique , la conclusion du premier traité d'amitié avec la Prusse ; non pas que cette alliance ait déterminé en réalité de graves changements dans la marche et l'attitude de la Turquie , mais parce qu'elle sert à caractériser Kaghib comme homme d'état, et qu'elle aurait profondément affecté les mouvements de l'empire ottoman , si ce ministre eût vécu plus longtemps. Considéré sous ce point de vue , ce traité , poursuivi vainement pendant trente ann es, et amené enfin à conclusion grâce à l'action de Raghib , fait ressortir la politique du glorieux grand vesir qui, préparant des voies nouvelles à l'empire, aurait transformé le traité d'amitié en une alliance offensive et défensive , si vivement désirée par Frédéric , si fortement appuyée par l'Angleterre , si la mort n'était venue l'arrêter dans ses vastes plans. Le plénipotentiaire prussien Hauden de Kirschperg, en Silésie, d'abord commis dans la maison du négociant Hubsch, puis cornette dans l'armée autrichienne , connu plus lard sous le nom de Reiin au service de la Prusse, avait été envoyé, comme on l'a vu plus haut, à Constantinople lors de l'avènement d'Osman, avec une lettre de félicitations du roi Frédéric pour ce sultan et des pleins pouvoirs pour conclure un traité d'amitié ; mais il avait échoué dans ses tentatives. Revenu une seconde fois dans la capitale de l'empire ottoman , il poursuivit ses négociations dans le plus grand mystère, qui fut à demi pénétré seulement par l'ambassadeur français et l'internonce autrichien, et conclut enfin entre la Porte et la Prusse le premier traité d'amitié rédigé en huit articles. Cet acte , écrit en italien et en turc, ne différait guère des conventions commerciales arrêtées récemment avec Naples , la Suède et le Danemark : on y avait stipule les droits sur les marchandises à trois pour cent , la liberté de la navigatiou, les droits des envoyés et des consuls, et leur juridiction dans les affaires concernant les sujets prussiens, le renvoi à Constantinople des procès entre musulmans et Prussieus, quand les sommes s élèveraient