‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 316 sur 384 · LXX · texte numérisé non relu

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au-dessus de MHM) aspres, la liberté individuelle de tous les sujets prussiens, qui ne pourraient être réduits en esclavage , à moins qu'ils ne fussent pris les armes à la main , combattant ouvertement les Turcs. D'autres articles étaient réservés à des négociations ultérieures. Après la signature du traité, Rexin, revêtu de la qualité de ministre plénipotentiaire de Prusse , reçut l'acte signé en audience solennelle [2 avril 1761 ] , et quatre moisaprèsil échangea les ratifications comme envoyé extraordinaire [ 27 juillet ] . Dans son œuvre si péniblement achevée , Rexin avait été secondé surtout par l'ambassadeur aoglais Porter , qui , en sa qualité de représentant d'une puissance alliée, appuyait toutes les démarches du diplomate prussien ; par (iiacomo Riso, beau-père de l'interprète de la Porte Ghika ; par Ipsylanti, médecin du grand vesir; par l'agent moldave Drako, et par le secrétaire du grand vesir, Ali-Aga. Drako, comme on l'a vu déjà , fut pendu pour avoir fait bâtonner deux femmes esclaves incendiaires ; Ali fut banni à Chypre à cause de sa complaisance trop grande et trop intéressée pour les solliciteurs. Probablement ces deux derniers agents so partagèrent la plus grande partie des 80,000 piastres pour lesquelles Rexin fit traite sur sa cour. Le résident russe Obreskoff et Tinternonce autrichien proposèrent à leur cour de risquer une somme de 100,000 ducats pour faire rejeter le traité avant la ratification; mais, avant qu'on se fût décidé à Vienne et à Pétersbourg, les actes Turent échangés, quoique le courrier prussien , porteur de la ratification turque, eût été tué à Aidos par le janitschare qui l'accompagnait et qui soutint que Rexin lui devait 900 piastres- L'ambassadeur extraordinaire do Russie, prinee Schachowski . qui avaii apporté la lettre de félicitation de sa souveraine sur l'avènement du sultan Mustafa , était revenu au bout d'une année. Il se plaignit de la rudesse et de l'obstination de l'envoyé turc Osman, qui avait voulu absolument remettre ses lettres de créance entre les mains de la czariue [ 1761 ]. De la part de la Pologne vint le Franciscain Thomas Morewicki , chargé d'obtenir, de concert avec l'ambassadeur de France Vergennes, lebaile vénitien Foseari, l'internonce impérial Schwachhcim et l'en-

voyé napolitain Ludolf, la restitution des saints lieux de Jérusalem à son ordre. Hais , comme tout récemment les Grecs avalent arraché au sultan Mustafa un chatti-schérif qui les mettait en possession de ces objets de la vénération des chrétiens, les quatre représentants des puissances ci-dessus nommées trouvèrent que ce n'était pas le moment d'agir à ce sujet. Il y aurait eu d'autant plus de maladresse à s'immiscer en des affaires de religion, que les schismatiques menaçaient de renouveler avec fureur les persécutions contre les Arméniens catholiques, que les églises des Jésuites, des Dominicains et des Capucins , placées sous la protection française, avaient été forcées, profanées, et que plus de cinquante arméniens catholiques, qui s'y étaient réfugiés, avaient été enlevés et traînés au bagne. L'ambassadeur français se plaignit en vain du supplice du négociant français Linchon, mêlé anx intrigues du prince moldave Rakovixa, alors exilé à Lcmnos; on lui répondit que Linchon avait été mis à mort, non comme français, mais comme agent des complots des bojards moldaves. Vergennes n'obtint pas moins de Malte la restitution de In Kapudana , enlevée par les esclaves chrétiens révoltés [ décembre 1760 ]. Porter, en remettant de nouvelles lettres de créance , notifia l'avènement du roi Georges III au trône d'Angleterre. Ludolf remit deux lettres du roi de Naples , partant pour l'Espagne, l'une qui ratifiait le traité d'amitié conclu avec Naples , l'autre qui avait pour but d'engager de nouvelles négociations avec l'Espagne, mais qui ne produisit aucun effet [ août 1761 ]. L'internonce impérial Schwachheim, qui avait tenté vainement d'empêcher le succès de Rexin , obtint pourtant un ferman en faveur des patres transylvaniens, auxquels il fut permis de se transporter en Valachie avec leurs troupeaux et d'y passer l'été; mais il ne sut rien des négociations entamées pour amener un traité d'alliance offensive et défensive entre la Prusse et la Porte. Ce projet ne fut découvert que par son successeur Penkler , envoyé pour la deuxième fois à Constantinople en qualité de représentant de l'empereur, et seulement après la mort de Raghib.

La joie du sultan sur la naissance de sa

deuxième fille Schah-Sultane fut encore augmentée par celle du prince héréditaire Sélim. Pour célébrer un tel événement, on illumina la ville et le port , des prisonniers furent renvoyés du bagne, on mit en liberté même des catholiques arméniens ; mais les fêtes furent troublées par la mort de la princesse Hebetullah , et la disparition de quelques hommes illustres vint ajouter à la tristesse publique. On pleura surtout Said- Mohammed , qui avait rempli deux missions en Suède et deux eu France, avait été revêtu successivement de la dignité de nisandschi , de defteremini, de kiaja, et s'était vu confier le sceau de l'empire pendant cinq mois et demi , pour être envoyé ensuite dans les gouvernements de Koniah, du Kaire et d'Adana; Damadsade, fils du mufti Ebulchair-Ahmed, qui lui-même avait occupé deux fois la première dignité delà loi. Parmi les nombreux auteurs de chronogrammes inscrits sur les édifices publics du règne du sultan Mahmud, nous avons eu déjà plusieurs fois occasion de citer le poète Newres; il fut banni de Constantinople avec un autre belesprit, appelé Uischmet-Efendi , pour avoir tenu de trop libres propos; il a laissé un diwan, regardé comme l'un des meilleurs de ce temps. A Bagdad, décéda à l'âge de soixante-six ans le gouverneur Suleiman- Pascha , primitivement Mamluk d'Ahmed- Pascha , fameux par son rôle dans les guerres et les négociations avec Nadir-Schah. Quoique la Porte , après la mort d'Ahmed , eût conféré le gouvernement à Mohammed-Pascha, Suleiman avait su s'y établir avec l'aide des tribus kurdes et arabes, et arracher ensuite la confirmation du diwan de Constantinople; le chatti-schérif rendu à cette occasion assure au pascha , déjà en possession par la violence de la contrée confiée a un autre, que ses constantes protestations de fidélité et de dévouement ont effacé toutes les traces de mécontentement antérieur , et attiré de nouveau sur lui toutes les faveurs impériales. Suleiman-Pascha était un vaillant guerrier , toujours prêt à effrayer ses ennemis par des surprises nocturnes : aussi les Arabes lui avaient- ils donné le surnom âepère des lances ou malheur de la nuit. Dans la même année 1761 , mourut au Kaire le gouverneur Bekir, gendre du fameux

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