LIVRE
misérables périrent sous le tranchant du sabre ; le reste s'enfuit en Karamanie. dont le gouverneur Abdi-Pascha reçut ordre de les exterminer. Cette année les Jamaks de Bagdad se soulevèrent contre le gouverneur Ali-Pascha , créature de Raghib , excités par Omer-Aga, kiaja du dernier gouverneur, Suletman-Pascha; ils avaient chassé le nouveau gouverneur de la ville. A force d'argent et de promesses, Ali - Pascha trouva moyen de se faire rouvrir les portes ; mais en jetant trop précipitamment le masque de bienveillance dont il s'était couvert, il réunit contre lui la garnison tout entière, qui jura de porter Orner au vesirat. A l'heure convenue retentit par toute la ville le cri aux armes î aux armes 1 Des canons furent braqués contre la citadele. Le gouverneur, reconnaissant l'impossibilité de résister, s'échappa du château et alla se réfugier dans une maison de la ville , où il se tint caché qnelques jours ; mais découvert à la fin , il fut arrêté et mis à mort. Les mutins se réunirent h la maison de ville où ils agitèrent de funestes projets, parlant même de livrer Bagdad aux Persans. Enfin une requête dut être adressée à la Porte pour demander la nomination d'Orner comme gouverneurvesir, attendu qu'un sujet né dans le pays était seul propre à défendre Bagdad et à y maintenir la tranquillité. Malgré l'irrégularité d'une telle demande, il fallut bien y accéder , et Orner obtint le gouvernement de Bagdad. Ismaït-Pascba, jadis gouverneur de Janina , auquel ses extorsions avaient fait retirer d'abord les trois queues de cheval, qni plus tard lui furent rendues , étant entré en hostilités déclarées avec les habitants de Valona , fut tué par une balle dans un combat contre ces rebelles. A Egine , quatre changeurs, probablement arméniens, subirent le dernier supplice, parce que la famille du cher des émirs de ce lieu, tué dans une émeute , les avait accusés d'être les auteurs de ce meurtre [ 1" septembre 1763 ]. Le reis-efendi Abdi ayant été frappé tout-àcoup d'apoplexie , sa place fut donnée au secrétaire du cabinet du grand vesir, Mohammed-Emin , qui lui-même eut pour successeur Ahmed-Resmi, revenu tout récemment d'une mission à Berlin. Le defterdar, appelé aussi Mohammcd-Emin, fut remplacé