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par Auni-Efendi. Les vesirs, époux des sultanes, Muhinsade-Mohammed-Pascha, gouverneur de Rumili , et Silihdar-Mohammed- Pascha , gouverneur d'Anatoli , reçurent du sultan l'ordre de se rendre dans les provinces placées sons leur autorité. L'un des employés les plus actifs du ministère et du sérail , l'ancien grand cafetier Nakschi-Mustafa-Aga , homme aussi généreux qu'il était humble, mourut de mort naturelle, ainsi que le gouverneur d'Égypte, Ahmed-Pascha, qui fut remplacé par l'ancien kapudanpascha Hasan - Pascha. Nuuman , frère du sultan , emporta les regrets universels dans la tombe, où il descendit à l'âge de quarante ans. Le chan de Krimée , Krira - Girai , qui avait été, à vrai dire, imposé à la Porte par les Noghais (1), fut maintenant déposé, et son prédécesseur, Selim-Girai, fut mandé de Chios à Constantinople pour être réinstallé dans le chanat. Krim-Girai avait soulevé le pays à cause du retard dans le paiement du subside de 50,000 piastres que la Porte fournissait annuellement pour la solde des troupes, et avait cherché à s'assurer des Noghais pour le cas où il serait déposé. Avec lui tomba son protégé le chambellan Abdi, qui avait durement foulé le pays comme inspecteur des magasins disakdschi , et dont la tête fut abattue dans le château des Sept- Tours. La rébellion des habitants de Chypre, qni avaient tué le collecteur des impôts de llle, Tschil- Osman , resta pour le moment impunie. La Porte devait alors porter son attention sur la Géorgie.
Les troubles de ce pays doivent aussi nous occuper sérieusement ; car ils acquirent dans la suite une haute importance, et au bout de quelques années ils devinrent l'un des principaux motifs delà guerre avec la Russie. 11 faut donc nous arrêter à considérer leur origine, qui n'a pas encore été exposée clairement. Le tribut que les habitants dlmirette payaient a la Porte , sous le nom d'alschikbasch ( tètes ouvertes ) , consistait en 300 bourses et en esclaves dont le nombre était déterminé par le pascha d'Achiska ou d'Achaldschik , c'est-à-dire le gou-
[X) Sicslnencewii , ïiist. rtn royaume èe 1» Ch*r- *ovhr Tanriqup, p. HO.
verneor de Tschildir. Depuis quelque temps déjà ces peuples avaient refusé non pas le tribut, mais la fourniture d'esclaves, par des motifs tirés de la religion chrétienne , cédant en cela, d'après l'historiographe de l'empire , aux conseils de la Russie. Hadschi- Ahmed-Pascha , le dernier gouverneur d'Achiska , fondateur de la mosquée construite sur le modèle d'Aja-Sofia, ralliant à lui les Lesghis, avait marché contre Imirette et forcé les habitants à livrer le tribut ordinaire [ 1758 ]. Ensuite le prince Salomon se rendit à Achiska, pour y exposer les réclamations des habitante d'Imirette contre les garnisons de Bagdad et de Tokat. Après que tout fut réglé, trois mille Turcs partirent avec lui pour Imirette avec le kiaja du pascba d* Achiska. En route, le prince ayant été maltraité par les Turcs , fit avertir secrètement ses sujets, qui , surprenant les Turcs dans une attaque de nuit , se saisirent du kiaja et le précipitèrent du haut des rochers. Cet échec détermina la destitution du gouverneur, qui ne tarda pas à être exécuté. Son successeur, IbrahinvPascha , d'après les instructions de la Porte , mit à profit la querelle survenue entre Salomon et son frère puîné pour soutenir celui-ci à main armée contre ce prince [novembre 1762]. A la tète de treize mille hommes Ibrahim-Pascha marcha contre Imirette , défit les Atschikbasch , et se serait facilement rendu maître du pays sans la discorde qui éclata entre les janitschares , les Lewendset les Kurdes, dont les uns voulaient dévaster la contrée , tandis que les autres ne tendaient qu'à sa soumission. Les troupes abandonnèrent leurs drapeaux; plus de huit cents Kurdes périrent dans les précipices recouverts de neige. Le pascha se replia sur Achiska , et rendit compte à la Porte de sa campagne. Il fut remplacé par Hasan, que l'on nomma gouverneur de Tschildir et serasker contre la Géorgie. Tant de causes de fermentation amenèrent la déposition du grand vesir Mustafa-Pascha [ 30 marsl7G5]. Le sceau de l'empire fut envoyé au gouverneur de Rumili, Muhsinsade, et, en attendant son arrivée, Mohammed-Pascha, époux de la sultane Seineb, fut nommé kaimakam. Un mois après, à peine le grand vesir avait mis le pied dans la capitale, le chambellan Kelledschi -Osman fut expédié avec un chas-
zeki à Mitylène pour en rapporter la tête de Mustafa, qui, durant son ministère, avait ordonné tant de supplices. Sa tète fut déposée sur le seuil de la sublime Porte, et le lendemain son fils, âgé de douze ans, mourut de la peste ou du poison. D'après Chutoriographe de l'empire , la veuve de Kaghib contribua puissamment à la chute de Mustafa qui aurait été même exécuté aussitôt après sa destitution si le peuple n'avait murmuré à ce sujet , disant que Ton ne devait pas faire subir le dernier supplice à tro homme qui trois fois avait été grand vesir, et , après la mort du sultan Osman , avait été investi seul du pouvoir suprême pendant trois heures. Ses grandes richesses, la dilapidation du trésor public et ses mensonges débités au sultan, qui l'appelait à rendre se? comptes, sont donnés par l'historiographe Waszif comme les causes de son supplice, tandis que Dschawid , continuateur des biographies des grands vesirs, y voit l'accomplissement de cette sentence : « Celui qui tue sera tué, » et le juste châtiment d'un crime d'état semblable à celui dont se souilla Mustafa - Pascha en livrant l'infortuné Dschem à la vengeauce de Bajesid. Cette comparaison donnerait une consistance effrayante au bruit répandu dans Constanuoople, et dont les ambassadeurs européen!* rendirent compte à leurs cours, que Sultan Nuuman avait été mis à mort par son frère Mustafa, qui craignait en lui un rival et on successeur, et que le grand vesir avait approuvé le meurtre. Quoi qu'il en soit, il bot reconnaître au moins que ce nom de Mustafa fut bien funeste aux grands vesirs et su sultans qui le portèrent. Au reste, la tète de Mustafa-Bahir, qui avait trois fois tenu le sceau de l'empire, fut déposée daos le couvent de derwischs Nakschbendis par lai fondé à Ejub.
11 reste encore à signaler la marche de h politique extérieure depuis la mort de R«ghib-Pascha, les rapports diplomatiques de la Porte avec les puissances européennes sous le grand vesirat d'Harnsa-Hamid et de Bah ir -Mustafa. Hamsa-Hamid, que Raghib.
dans les derniers jours de sa maladie, «rai1 indiqué comme le plus propre à le remplacer comme pénétré de l'esprit de sa po I i t ique, vit scrupuleusement dans les six mois de son