‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 328 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

de Pologne par le roi de Saxe. L'interoonce exprima sa reconnaissance dans une note écrite , mais déclara que l'Autriche, fidèle à sa parole, ayant cédé la Silésie au roi de Prusse et reconnu Poniatowski roi de Pologne , ne pouvait profiter des bonnes intentions de la Porte ; en même temps il offrit sa médiation. Ensuite le grand vesir Mohammed-Emin adressa au prince de Kaunitz une lettre extrêmement amicale , dans laquelle , reproduisant tous les griefs articulés déjà contre la Russie, il déclarait que depuis le temps de Nuscbchinvan , le souverain de l'Autriche , héritier de la couronne de Hongrie, était seul digne du titre impérial, usurpé par la czarine de Russie. Par toutes ces espérances d'acquisition de provinces et d'extension de pouvoir , par toutes ces flatteries, le grand vesir, le reis-efendi et l'interprète Suzzo se flattaient faire dévier la politique de l'Autriche ; mais, chose étrange 1 dans cette dernière lettre , le grand vesir refusait encore d'appeler perpétuelle la paix subsistant avec l'Autriche, prolongée indéfiniment vingt-un ans auparavant, quoique les internonces impériaux n'eussent jamais cessé d'insister sur cette expression. Sur d'autres points à débattre avec la cour impériale, la Porte se montrait d'autant plus facile: ainsi elle adressa en Bosnie et à Belgrad des fermans pour le redressement des griefs élevés au sujet des frontières, et pour la reconstruction d'un couvent de Franciscains consumé tout récemment. Dans les affaires de Pologne, l'inlernonce observa une stricte neutralité, conformément à ses instructions, et ne s'occupa nullement de la lettre que lui adressèrent les chefs de la confédération. Le chargé d'affaires des confédérés, Jacques Magnecki , envoyé secrètement à Constautinople, nuisit à ses commettants plus qu'il ne les servit, à cause de ses ridicules forfanteries. Toutefois ses plaintes contre la cupidité du pascha de Chocim , Chalîl , déterminèrent la disgrâce de ce gouverneur. Parmi les puissances europénnes, Venise fit donner à la Porte des garanties pour le maintien de la paix et des relations d'amitié du côté de la république; on reçut de semblables assurances du chargé d'affaires hollandais Weiker, accrédité à Constantinople depuis la mort de l'ambassadeur Dedel , du

Page 1