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rait donner en échange Tine on Carabusa ; que. si la Porte insistait pour avoir un roilecteur d'impôts à Candie, il faudrait au moins qu'un consul vénitien résidât à la Canée; que la pension annuelle ne devrait point dépasser 25.000 écus, le présent pour le sultan 300 000 (1). Les négociations furent rompues par le combat naval dans lequel la flotte vénitienne fit subir à la marine égyptienne une perte de quatre vaisseaux et vingt-huit tschaiks (2). Par suite de cet échec le négociateur vénitien Ballarino , qui se trouvait a Constantinople , fut menacé du même sort que l'ambassadeur Capello, enfermé depuis sept années à Andrinople , et qui maintenant achevait sa vie dans cette triste captivité (3). L'ambassadeur anglais Winchelsea obtint le renouvellement de la capitulation faite avec son pays (fc), de plus un article additionnel au traité conclu avec Alger, pour que la marine anglaise ne fût pas soumise à la visite (5) ; mais des violences commises en Morée par l'équipage d'un vaisseau anglais, quelques mauvais traitements infligés à des marchands anglais par des lewends ivres à Smyrne, et une avanie du pascha d'Alep vinrent embarrasser sa marche diplomatique (6). Deux secrétaires d'ambassade français, Dupressoir et Fontaines, apportèrent à l'agent Roboli, laissé à Constantinople, des lettres du roi pour le sultan et pour le grand vesir, dans lesquelles Louis XIV demandait satisfaction de l'outrage fait à M. de La Haye, et sondait la Porte pour savoir comment on recevrait pour ambassadeur le fils du dernier représentant de la France. Le grand vesir répondit que la majesté du sultan voulait bien accueillir le nouvel ambassadeur selon les capitulations (7). Le nouveau prince de
(1) Valiero, 1. vi. p. 5fl* et 563.
(2) Brtisooi , 1. u , c un , p. ili ; Rycaut , p. 122.
(3) Rycaut. p. (23 et 124. avec la lettre de Ballarino au docteur Nicolas Coularini, sur sa situation critique.
(4) Rapports de Reninger et de Panajolli.
(5) Rycaat , p. 129.
(6) Ibid.
(7) Les quatre lettres se trouvent dans Rycaut , p. 226 et 827.
Transylvanie, Apafy, envoya un de ses magnats , Jean Datzo , présenter des griefs contre les mauvais traitements «ju'il avait à subir de la part du pascha Kutschuk-Mohammed, et solliciter avec prières la diminution du tribut élevé tout récemment à des sommes irréalisables, ainsi que la restitution du territoire arraché à la Transylvanie. La délimitation des frontières de Transylvanie fut remise au gouverneur de Temeswar (1). Apafy pria aussi l'ambassadeur anglais d'appuyer ses réclamations près de la Porte (2). Mais tout cela fut inutile ; car le moment était venu où la Porte voulait exécuter son ancien plan de transformer la principauté de Transylvanie en un paschalik , et où les prétentions de la cour impériale allaient rendre de plus en plus la guerre inévitable. Ahmed- Kœprili , à peine en possession du pouvoir, avait notifié par une lettre au due de Sagan la mort de son père et celle de Kemeny, In remise de la direction des affaires entre ses propres mains et l'élection d'Apafy (3). Ismaïl-Pascha , gouverneur d'Ofen , avait aus«i expédié Ali-Tschausch au doc pour lui faire savoir l'installation d'Apafy (4). A Constantinople, le résident impérial Simon Reninger fit son possible pour conserver la paix. La cour de Vienne dépêcha aussi près de la Porte le conseiller privé Beris pour conduire les choses à un accommodement (5). Dans sa réponse le grand vesir déclara que la Transylvanie était une portion du patrimoine du sultan , et renvoya Beris à Ali-Pascha , serdar sur la frontière, investi de pleins pouvoirs pour un accommodement. Beris courut de Constantinople à Temeswar, mais Ali- Pascha , ne voulant entrer dans aucune explication , lui déclara qu'il n'avait rien à faire en ce lieu; qu'il pouvait retourner à Constantinople ou à Vienne , que l'on ne redoutait pas l'empereur, qni n'avait pas su défen-
(1) Bethlen, Comment., I. », p. i$S;dan5Rvcaut, p. 121 , la lettre d'Apafy, datée du camp de Kvczar, le 23 septembre 1662.
(2) Rycaut, p. 122.
(3) Lctlera (Ici nuovo vêtir al dnca cli Sajan.
(4) Lcltcra dcl vêtir di Buda Istnaîl-Bassa, portata da Ali-Cinas, li 30 gcnnaro 1662.
(5) llapport de Reninger.
dre Wardeîn (1). Alors Reninger reçut de Vienne an acte du traité de paix qu'il présenta au grand vesir pour le renouveler [19 juillet 1662] ; on en délibéra dans un conseil d'état composé du grand vesir, du mufti , du reis-efendi , du kiajabeg et de l'aga des janitschares.etdans le diwan public. Des débats très-vifs s'élevèrent sur l'élection libre du prince de Transylvanie, que les Turcs ne voulaient pas accorder, sur les Haîduques, dont ils refusaient la liberté, sur Szekelhyd, que l'empereur réclamait. Ali, pascha de Teraeswar, fit savoir à la Porte que Szekelhyd avait appartenu à Ilhedei , capitaine de Wardein ; <jue Karoly était un ancien fief turc depuis la conquête d'Erlau; qu'il en était de même de Kallo; que les prétendus Haiduques libres de Wardein appartenaient à la place. Ainsi l'on ne put s'accorder sur rien (2).
Au printemps suivant on résolut d'entrer en campagne contre la Hongrie. Le sultan et le grand vesir partirent pour Andrinople ; Ismaïl-Pascha , précédemment gouverneur d'Ofen , fut nommé kaimakam à Constantinople. Le grand vesir reçut à Andrinople, avec les cérémonies accoutumées, de la main du sultan, le panache de plumes de héron, le sabre enrichi de pierreries et la bannière mainte pour marcher contre l'ennemi en qualité de serdar. 11 fit une entrée pompeuse dans Belgrad , ayant à sa droite les beglerbegs , à sa gauche les sandschakbeg* , précédé des tsrhauschset des muteferrikas, du defterdar-pascha, ancien général des armuriers, qui justifia le choix nouveau du grand vesir par sa promptitude à monter l'artillerie et à procurer des vivres. Immédiatement en avant du grand vesir marchaient ses deux frères, Mustafa-Beg et Ali-Beg. Ahmed-Kœprili traversa les rangs de» sipahis et des janitschares, qui lui prodiguaient leurs acclamations, et gagna sa tente. Deux jours après, il donna un dîner aux plénipotentiaires impériaux qui attendaient son arrivée à Belgrad, au baron de Goes, au conseiller Beris et au résident Reninger, qui l'avait suivi depuis Constantinoplc. On ne rendit aucun
(1) Rapport du Boris.
(2) Rapport de n~ningfj».
honneur à ces représentants de l'emperenr; Ahmed-Kœprili leur reprocha les violations faitesàla paix par l'invasion en Transylvanie, l'occupation de Szekelhyd, l'élévation du fort de Zrinyi près de Kanischa , réclama la restitution de Szekelhyd et la destruction de Zrinwar. La réponse au duc de Sagan fut méditée dans ce sens; mais on l'ajourna à deux jours à Essek, où la marche se poursuivit (1). Le grand vesir fit conduire l'envoyé impérial , baron de Goes, sur une hauteur, pour lui montrer son armée , forte de cent vingt mille six cents hommes, traînant après elle cent vingt trois canons de campagne, douze grosses pièces de siège, soixante mille chameaux , dix mille mulets. Trois semaines après, le grand vesir eut une seconde conférence à Essek avec le baron de Goes et Reninger ; la lettre de l'empereur demandait le renouvellement de la paix, que l'on était prêt à signer. Dans la conférence à laquelle assistèrent le reis-efendi, le kiaga, l'aga des janitschares et celui des sipahis , le grand vesir, outre les réclamations dont il a déjà été question plus haut, relatives à la remise de Szekelhyd et à la destruction de Zrinwar, reproduisit l'ancienne demande de tribut annuel de 30.000 ducats établi par le kanun de Suleiman (2) ; preuve qu'il ne voulait pas sincèrement paix. Les plénipotentiaires admirent les deux premiers points comme objets de discussion; quant au troisième, ils déclarèrent ne pas vouloir même le «omettre h l'empereur (3). Quand on eut passé le pont d'Essek.arrivèrentdes lettres du chan ta tare, auquel avait été envoyé le tschausth-baschi Ahmed, avec l'argentdecarquois accoutumé; il annonçait le départ de son fils, Ahmed- Girai,avec cent mille Talares.et promettait en outre de faire marcher quinze mille C6saques pour le service de la Porte (4>). En-
(1) Raschid, 1. i, foJ. 8; Dschewahirct, p. 20, et la relation de Tollio Miglio.
(2) l'iaschid , I. i. fot. 9. La lettre de l'emiK-reur s'y trouve, ainsi que dans Dschewahirct, p. S6;le rapport de Reninger et de Goes est dans la Stc-n.
(2) Raschid, orlel. rediv. p. 257.
(3) Raschid, I. i. p. 9; dans le Dschewahirct . la Irltre du chan talaio, p. 31 ; celle de son Gis Ahmcti-Girai, p. 34.