‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 81 sur 384 · S LVI · texte numérisé non relu

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les repoussa de Zlocxow. Le aultan-nureddin lui adressa un message pour lui demander un médecin et lui remettre un carquois d'or rempli de flèches , sans doute comme témoignage d'amitié, et non point, ainsi que le prétendirent les Polonais, comme attestation de sa défaite. Jablonowski lui envoya le chirurgien français Renaud et une selle magnifique, comme symbole du repos, parce que les Tatares se servent de selle en guise d'oreiller. Mais il paraît que le nureddin ne comprit pas ce conseil. Le serasker marcha sur Lemberg, que les Polonais appellent Lwow, les Turcs Ilba, et qui , après la perte de Caminiec , était le dernier boulevard de la république. Sobieski accourut au secours de la place , et fit toutes ses dispositions pour une grande bataille : la reine, agenouillée dans l'église des Jésuites devant l'image de saint Stanislas Kotska, implora l'assistance du Ciel. Un orage effroyable pousse d'énormes nuages de grêle sur le camp ottoman , le roi bénit son armée et la lance contre l'ennemi au cri trois fois répété de Jésus : les Musulmans invoquent le nom d'Allah, mais opposent une faible résistance, le nureddin prend la fuite devant le nombre incomparablement plus faible des Polonais. La victoire de Lemberg retentit dans toute l'Europe . et tira un éclat d'autant plus brillant du silence des historiens ottomans , qui ont jugé à propos de n'en pas dire un seul mot. Ibrahim-Pascha regarda maintenant la Volhynie comme sou unique proie ; après que la garnison de Mitylène eut subi le supplice du pal (1) , Podhalce et le château de ZawaJe s'étaient rendus sans que le roi eût le temps de les secourir. Mais une plus grande résistance rut opposée par la forteresse polonaise de Trembowla, où le courage héroïque de ( hrazanowski, enflammé par son m épouse, brava le bombardement , l'explosion des mines et quatre assauts consécutifs : toutefois il allait succomber quand parut Sobieski, et la Pologne célébra de nouveau sa délivrance du joug turc.

Le grand vesir refusait toujours de prêter l'oreille aux insinuations des négociateurs français , que lui avait envoyés l'évêque de

(l) Coyer, I. iv, et Zaliuki, L i, p. bbï.

Marseille et qui cherchaient a l'indisposer | contre les Allemands, et aux propositions | encore reproduites des rebelles hongrois par l'organe de leur député Forgacs. Déjà, au I moment où éclataient les hostilités contre les Polonais, Szepesi avait reçu, sous le sceau du plus rigoureux secret, la promesse de secours pour les mécontents hongrois [ mai 1673] , et cette promesse avait été renouvelée de la part d'Ahmed-Kœprili à leurs délégués Forgacs , Rende, Petsy , Ladisdas Rubiny , ainsi; qu'à l'envoyé transylvanien ( 1 ). Deux mois plus tard [ mai 1674 ] , trois des principaux rebelles, Szepesi, Radoczi etPetroczi, introduits auprès du grand vesir à Andrinople, insistèrent encore sur leur demande d'assistance (8). Le gouverneur d'Ofen, Ibrahim-Pascha, qui avait pris la place de Rara- M oharomed-Pascha , et celui de Wardein , se plaignirent des heiduques de Komorn , Bœszœrmeny, Nanas, Dorog. Le Français Nicolas Beaumont apporta une lettre de Michel Teieki, président de la chancellerie d'Apafy, qui , dans un manifeste , s'intitulait généralissime des mécontents hongrois depuis que la France avait conclu avec lui un traité à Fo^aras par l'entremise de l'agent Roger Acacia. Sept principaux rebelles hongrois, Emerich Tœkœli , Gabriel Rende , Etienne Bignol, Paul Szaley, Melchior Kecser, Martin Rende et Élienne Baka promirent , au nom de Wesselcny et des autres magnats mécontents, de réunir une armée de douze mille hommes. La France s'engagea de son côté à fournir un subside mensuel de 15,000 écus , plus un corps de six mille dragons sous les ordres de Bé thune ( beau -frère de Sobieski), que les mécontents devaient élire pour leur roi (3). Le pascha d'Ofen fut encore changé au bout d'un an, Sinoghli-Ali-Pascha * obtint ce poste ; la place d'interprète de la Porte, fort mal remplie depuis la mort de Pa-

(1) Retblen, et d'après luiFetler, 1. ix, p. 238; bien plus exact que l'histoire des troubles de Hongrie. (Paris 1686. )

(2) Mémoires des mécontents hongrois, et de Lacroix, état général de l'empire ottoman; I. n, p. 60. Rapport de Kindsberg. 167 à. mars.

(8) Rapport do Kindsberg, des 1 j juin 167* et 17 juin , a\ee le traité français en appendice.

najotti par le renégat polonais fiobowski, fut donnée au médecin grec Mauro~Cordato(l).

Le sultan oubliait le désastre de Chocim dans les préparatifs des fêtes de la circoncision de son fils et du mariage de sa Bile , dont la magnificence devait, selon ses désirs, émerveiller les habitants d'Aodnnople , et qui pourtant n'égalèrent ni en éclat ni en durée les fêtes de la circoncision sous Murad III. A cette occasion de nouvelles charges furent imposées à tons les sujets chrétiens, dont les misères durent aider à célébrer la joie publique. Chaque famille grecque fut taxée à 30 aspres ; à Andrinople, chaque dix aine de famille soumise à la capitalion dut fournir six poulets, deux oies grasses et quatre canards ; il fallut en outre que tontes les familles chrétiennes et juives contribuassent pour la fabrication d'une immense chaudière de cuivre étamée à l'intérieur. On fit venir de Constantinople les artificiers arabes les plus habiles, les coureurs de bague persans les plus adroits, des danseurs de corde , des escamoteurs , jongleurs, bateleurs et bouffons ; un grand nombre d'esclaves furent tirés du bagne pour être employés à la construction de yachts et de bâtiments légers, et en former les équipages; on voulut même appeler de Venise des comédiens et des chanteurs pour donner une pièce lyrique; mais le bayle Quirini éluda cette demande, en représentant qu'il fallait plus d'une année pour trouver et transporter à Andrinople de tels artistes : l'on renonça donc à ce projet (1). Le grand vesir, qui, de concert avec le defterdar, avait été particulièrement chargé d'ordonner la fête(2), présida personnellement au transport de la tente impériale hors du sérail, au bruit des trompettes, des timbales et des fifres. Les fêtes commencèrent le 20 mai; le douzième jour [ 6 juin ] , anniversaire de la naissance du Prophète, un coup de canon donna le signal de la circoncision , qui se fit dans la chambre intérieure en présence du grand vesir, du mufti, des vesirs et des kadiaskers: le kislaraga portait le prince dans ses bras, le vesir favori lui tenait les mains, le kaima-

{t}Laeioix. Mém. I. n, p. 2i. 1.2) Ibid, p. 91.

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