‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 83 sur 384 · LIVRE LVL · texte numérisé non relu

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de l'année suivante, les clefs, les tapis et j les candélabres à Jérusalem , furent repris | aux franciscains, qui avaient en vain offert aa grand vesir 10,000 écus pour la révocation du diplôme accordé en faveur des Grecs, et ces derniers furent assurés dans la possession des saints lieux (1).

Si le résident impérial Kindsberg avait employé vainement ses offices pour faire maintenir les franciscains dans la possession du saint sépulcre, d'un autre côté l'envoyé transylvanien n'obtint pas plus do succès dans son intervention en faveur des magnats hongrois , qui ne purent ôtre autorisés à reconnaître publiquement Teleki pour leur général. Le lendemain du déport de cet envoyé , Paul Szepesi etPantscho-Husein se présentèrent chez le grand vesir, en se plaignant hautement des entreprises du général impérial Strasoldo en Hongrie, où il ivait attaqué Debreczin avec dix mille hommes, et construit une palanque à Erlau. Kindsberg , mandé pour donner des explications , répondit que Strasoldo s'était contenté de châtier des rebelles à Debreczin , sans offenser un seul Turc , que l'on ne pouvait rétablir la tranquillité que par la force, qae la palanque en question était simplement celle de Wolgar, brûlée dix-hnit mois auparavant par les Turcs. Dans la Croatie, les Turcs sortant de Podgorze avec trente enseignes, avaient fait une irruption sur les terres impériales, et sous la direction du rebelle Wiekowacky, avaient causé de grands dommages à Gradiska , Dobiza , Velica , Zcboka, Nusoka, Costanoviz, sur la frontière autrichienne , sans que l'on pût obtenir d'indemnités pour ces dégâts. Ces hostilités déterminèrent l'attaque des gens de Knrl- «tadt contre la palanque turque deWihitsch. Ces nouvelles causaient de l'agitation à Coostantinople ; le kaimakam fit enlever l'aigle autrichienne de l'entrepôt de la compagnie orientale , et défendit de le relever à l'avenir (2). Le vesir, gouverneur d'Ofen , Ali- Pascha, expédia plusieurs fois des tschauschs

{l) Rapport de Domcnico I^rdi , procuratore in Gerosalemme à Kindsberg , annexé au rapport d e l'ambassadeur.

(1) Rapport de Kindsberg d'Amlrinop!*, janvif r 1C7«.

à Vienne , tantôt pour se justifier des accusatioos élevées contre loi , tantôt pour faire porter des plaintes à son tour. Les Autrichiens s'étant récriés avec indignation contre la conduite du beglerbegde Neuliseusel, qui avait fait appliquer deux mille coups de bâton au commandant autrichien de Neutre, il fut répondu que le beglerbeg avait reçu de vives réprimandes pour cet acte de cruauté (1). Le duc de Mantoue fit insinuer par un Rngusain qu'il était prêt à entretenir avec la Porte une correspondance amicale et intime, comme son aïeul avait jadit échangé des lettres avec le sultan Murad III. On déclara que s'il voulait envoyer un ambassadeur avec des présents, la Porte le recevrait (2). [mars 1676]. Maintenant parurent le bayle vénitien Morosini et le noble polonais Dombrowski ; ce dernier était porteur de lettres de l'évêque de Marseille, revêtu du titre d'ambassadeur français en Pologne, et de propositions de paix (3). Il arriva des nouvelles inquiétantes de Bagdad et du Kaire, sur des insurrections militaires. Au Kaire , les mouvements étaient plus graves; les troupes étaient allées jusqu'à déposer le gouverneur Ahmed-Pascba (4). Sous son prédécesseur Dschanbuladsade-Husein , les envois de troupes pour la guerre de Pologne s'étaient faits sans embarras ; trois mille Egyptiens et vingt begs tscherkesses avaient partagé les fatigues et la gloire des campagnes contre les Polonais ; et même l'élévation arbitraire du titre de l'argent n'avait pas troublé la tranquillité publique, parce que l'amour du pascha pour l'équité était bien connu de tous ses administrés [5). Mai» quand les affaires se trouvèrent dirigées par Ahmed-Pascha, chaque exigence parut in-

(1) Leltera del vesir di Buda Ali-Bassa , recata da Hasan-Ciaus a S. E. Montecuccoli , 16 mario 1676 -. pui, Lettera del vetir di Buda recala da Abmed-Ciau* ail i 8 agoslo, 1676, dans la Stc-R.

(3) Rapport de Kindsberg, fin de Suar, t. i,

(S) Ibid.

(4) Histoire de Mohammed, fils de Justif, foL

(5) Ibid. fol. 171.

supportable , parce que son expérience acquise comme defterdar, de tous les expédients financiers, faisait craindre continuellement de nouvelles extorsions (i). Les troupes se rassemblèrent donc sur la place de Romaili, et signifièrent au pascha gouverneur, établi dans le château, qu'il eût à descendre ; c'est-à-dire à se démettre volontairement du gouvernement, sinon qu'ils monteraient, en d'autres termes, qu'ils le renverseraient de force et le tueraient. Ils intallèrent l'un des begs, Ramadhan, comme kaimakam, et adressèrent sur tous ces faits un rapport i la Porte (2). Sur l'ordre du sultan , le gouverneur de Bagdad , Abdorrahman-Pascha , dut passer en Égypte revêtu du même titre. Sous son administration l'Égypte fut frappée par deux fléaux , la famine et la peste ; les vivres étant montés à un prix exorbitant, les habitants du Kaire pillèrent le marché aux farines devant la mosquée de sultan Hasan, et brûlèrent les magasins sur la place de Kara-Meidan (3). Abdi-Pascha apaisa l'agitation des troupes en se défaisant peu à peu des soldats les plus turbulents ; mais il ne put rien par la force contre le puissant kiaja des Abases, Ahmed, qui contrariait toutes ses mesures ; alors il eut recours à des moyens plus ténébreux. Dans le cercle intime des officiers de sa maison , il dit : « Qui de vous a envie de gagner une bourse d'argent en présent, et cinq bourses d'augmentation de solde, sans craindre cinq cents coups de bâton? » L'un d'eux se coucha aussitôt à terre pour remplir cette condition, a Bien , dit le pascha ; si le kiaja vient ici , laisse tomber la précieuse tasse de sorbet que tu lui présenteras. » Les choses se passèrent ainsi qu'il était convenu , la tasse se brisa , cioq cents coups de bâton furent appliqués au maladroit serviteur , et le pascha présenta sa propre tasse de sorbet au kiaja , qui trouva sa mort dans ce met empoisonné. Sous l'administration d'Abdi, des villages autour d'Aschumim et dans le Gharbije, furent

(i; tlfet. de Mohammed, fils de Jusuf.

(2) Ibid. etllaschid, t. i, fol. 98.

(i) Histoire de Mahommed, fils de Jiwuf, fol.

érigés en wakf par la sultane mère du

prince , et affectés à l'entretien du cloître et de l'hôpital qu'elle avait fondés à la Mecque (1).

Dix ans étaient presque écoulés depuis que Mohammed avait quitté la capitale , pour établir sa résidence dans la seconde ville de l'empire ; maintenant il parut indispensable d'aller jeter encore une fois un brillant éclat sur Istambol , par la présence du souverain. Avant de quitter Andrinople, le sultan , accompagné du harem , visita le nouveau palais construit à Akbinar, à trois lieues d* Andrinople , pour l'ornement duquel on avait enlevé les plus belles colonnes du sérail de Constantinople. Puis il posa la première pierre du nouveau sérail d' Andrinople auquel travaillèrent continuellement dix mille hommes. Il partit dans les premiers jours d'avril pour Constantinople , où il pensait néanmoins rester si peu , que la Validé fut invitée à ne pas quitter Andrinople, afin d'éviter les fatigues du voyage et du retour. Il laissa voir si ouvertement sa répugnance pour le séjour de Constantinople, qu'il n'entra pas une seule fois dans le sérail , et alla se loger dans le palais de Daud-Pascha , d'où il se rendit sur la place des flèches derrière le faubourg Chaszkoi. Là il assista au départ du kapudan-pascha Sidi-Mohammed pour la mer Égée, avec vingt-quatre galères, et d'Husein-Pascha , second amiral , à la tète du même nombre de bâtiments pour le Pont. Un diwan fut tenu sur la place des flèches, pour aviser aux moyens de solder les troupes; le grand vesir, étant retenu par une indisposition, fut remplacé dans le conseil par son beau-père , le kaimakam Kara-Mustafa. Le sentiment de son état maladif paraissait avoir disposé Ahmed-Kœprili à écouter favorablement les propositions de paix de la Pologne , surtout depuis qu'il ne pouvait plus compter avec certitude sur Dorozenko. L'armée ottomane forte de vingt mille hommes , passant le pont de Chocim , qui avait été rétabli , se porta surCaminiec; et, après avoir réuni des vivres et fait sa jonction avec le chan ta tare, elle alla camper devant Bar [ août 1676 ].

;j; Hilloire de Mohammed, fils deJnsuf. fol.t7*.

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