‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 9 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

quant à l'influence des femmes. L'esclave I nourrice du sultan avait été depuis peu mariée au grand cafetier Schanban, dont la vengeance avait fait perdre toute la fortune do kiaja du dernier grand vesir. Cette femme, et Antar. jadis aussi esclave favorite de la vieille Validé , devenue ensuite épouse de Murtesa-Pascha , gouverneur déposé d'Erserum, pour lequel elle obtint maintenant le gouvernement de Bagdad, fournirent ample matière aux propos , et l'on peut dire avec raison que la domination des esclaves favorites et des confidentes menaçait de se relever. Le bruit de l'arrivée prochaine de l'ancien agadesTurkmans, Hasan-Abasa, avait excité trois cents janitschares , anciens rebelles, à se rendre à Skutari pour y prendre une attitude alarmante [31) août 1653]. Us forent attaqués brusquement dans la nuit par Schaaban, aga de la bannière rouge, et dispersés ; leur chef Jusuf fut pris, mené devant le vesir, étranglé , puis jeté à la mer. Quelques personnages proposèrent de donner à Hasan-Abasa la place de kiaja de la Validé ; mais la sultane ne s'en souciait guère , et Hasan lui-même ne désirait pas plus ce poste qu'il ne voulait redevenir aga des Turkmans ; il se tint d'abord calme à Constantinople. Murad-Pascha , ex-grand vesir, alors gouverneur d'Ofen , fut rappelé , laissa son gouvernement à Kenaan-Pascha, et obtint la dignité de kitpudan-pascha. Hosamsadè-Ali, jadis investi de la grande amirauté et qui, depuis la défaite subie sur mer l'année précédente, vivait dans la retraite, fut surpris par Abdi-Pascha , jeune sandschakbeg de Karli , amené à Constantinople , condamné à payer 200 bourses et jeté dans les Sept-Tours. Plus tard on le mit en liberté et on lui restitua sa fortune, mise sous le séquestre. Abdi-Pascha, qui l'avait arrêté , devait être mis à mort pour ses extorsions et ses actes de tyrannie; mais par le crédit de son protecteur, le deflerdar Morali, il parvint à se justifier à Constantinople, et même se fit nommer commissaire auprès du gouverneur d'Ofen pour faire payer 100 bourses à l'ancien defterdar de ce pays, maintenant gouverneur de Temeswar. Suieiman-Aga, cet imbécile instrument de la ruine du grand vesir Tarchund- Kbi , qui avait été nommé sandschakbeg de Jtfalatia en Crète, n'avait pas atteint cette lie;

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