LA BULGARIE. S
puis il ne se coiii|X)se plus que de crêtes basses ayant à peine 900 mètres, sorte de plateau sauvage et désert qui s élève peu au-dessus du fond des vallées voisines, et qui est surmonté çà et là de chaînes de rochers séparées |)ar (de larges dépressions, ile plateau n'offre presque pas de déOlés, mais il est néanmoins assez diflicile à franchir à cause de l'épaisseur des forets, de l'absence de cultures et d'habitations, des amas profonds de cailloux roulés, où les chevaux ne peuvent marcher, enfin à cause des ouragans qui balayent quelquefois des caravanes entières dans les précipices; d'ailleurs derrière le Balkan s'ouvrent les profondes vallées du Vardar, du Slrouma, bordées de contre-forts tieaucoup plus élevés et plus difficiles que le Biilkan lui-même. La principale route du Balkan central est celle qui mène de Kostendil sur la Strouma à Samakov, et de là à Bania sur la Maritza : le col de Bania a 050 mètres de hauteur.
Le plateau du Balkan central est encore parcouru longitudinalement sur sa pente septentrionale par la route de Nissji à Andrinople, la seule par laquelle on puisse atteindre Constantiuople en éludant le Danube, les Bîilkans et toutes les piacx^s fortes. Elle part, cx)mme nous l'avons déjà vu, dans l'empire ottoman de Belgrade, qui en tient la clef, passe à Semendria, suit la rive gauche de la vallée de la Grande-Morava, trfiverse cette rivière près de Jagodin, passe sur la rive droite, atteint la vallée de la Nissava et arrive à Nissa, dont nous avons vu toute l'importance. De là elle remonte la Nissava le long des revers, très-âpres des monts Souva. Elle traverse trois défilés entre Nissa et Dragoman ; puis elle coupe la ligne de partage des eaux entre l'isker et la Nissa dans une vaste échancrure si peu montueuse, que les deux rivières semblent n'avoir qu'une même vallée; elle parcourt le beau plateiui où naît l'isker, plateau verdoyant et cultivé en cériîales, et arrive à Sophia. Au delà de Sophia, jusqu'à Ichtiman le plateau se couvre de pâturages et s'entoure de montagnes boisées ; le chemin devient alors plus difficile, rocailleux, ravagé souvent par des temjKîtes; il continue à monter doucement en franchissant quelques torrents jusqu'au défilé appelé KnpouloU'Derbend ou passage de la Porte, à cause de la porte Trajane , dont les dernières ruines ont été démolies en iS^Ty, (le défilé n'a de hauteur, audessus de la plaine d'Ichtiman, que 70 mètres, mais il en a 750 au-dessus de la mer : autant le talus par lequel on y arrive, du côté d'Ichtiman, est peu sensible, autant le talus par lequel on descend du côté de la Maritza est abrupt, rapide, pratiqué dans une sombre gorge, faisant de brusques détours. Nous retrouverons cette route dans le bassin de la Maritza. Disons seulement, (lu'elle est la plus facile de toutes celles qui traversent le Balkan, qu'elle suit le tracé d'une ancienne chaussée romaine et ne semble, depuis Mssa, qu'im long couloir naturel pai-courant quatre étages successifs et doucement inclinés, de Nissa, qui a 155 mètres d'élévation à Scharkoë, qui en a 5!20 ; de Scharkoë à Sophia, qui en a r>r>t); et de Sophia à Ichliman, qui en a OGO.
çi DESCRIPTION DE LA TIRQUIE.
\u «k'K^ «1^1 (l^'li'^' *'*' Trajan l'ommeiico le Biilkan orieiilal. qui est le vrai Kilk.iii. Taut ieii ihemus, car oe nVst que par analogie ou par simplilication qn ou ilouue ee uou) aux montagnes occiilentales jusqu'au nuuit Si'tinlo; les l'uu > l'appelleul If i«i;iWi-/>^/f/fc, montagnes qui prolêgent. Ce Ikilkan se iHvîse iW \\v\\\ pallies très-distinetes : le llaut-Balkan. du dêiilé de Trajan au déiilê de Hrnùr Kapou; le (irand-I)alkan, de ce dernier déiilê au cap Emineli. Le Rilkau oriental <'st loin de présenter les einies élevées, les neiges perpétuelles, les eols redoutables des Alpes et des PjrémVs; ce sont des montagnes secondaires^ dont la hauteur mojenne est à peine de 1,000 méti'es, dont les points culminants ne tIépasstMil pas 1,700 métrés, et dont l'épaisseur est de 10 lieues dans la partie la plus occidentale, et de 5 lieues à peine dans le voisinage de la mer ISoire. Klles offrent en (pielques parties des croupes décharnées et d'âpres escarpements, mais presque partout des crou|)es mamelonnées, des coupoles arrondies, comme les ballons des Vosges, ou bien une suite de cimes |)eu procmineides, à hases évasées, couvertes «l'arbres sur leurs flancs, couronnas de pâturages et où la neige ne tient nulle part pendant l'été. Elles sont d'ailleurs garnies presque partout d'épaisses forets, de hautes herhes, de broussailles inextricables, et c'est là ce qui fait la difiicultc de leurs passages. Leurs vallées supérieures sont étroites, profondes, bordi»es de rochers ; mais elles deviennent assez pronq)tement de grandes plaines ; leurs contre-forts, excepté un seul dont nous parlerons, sont peu élevés, peu étendus, peu rapides; ils s'élargissent promptement en terrasses, forment ainsi des étages successifs et nettement marqués, qui cx)mposent le terrain de la Bulgarie; enfin, en s'abaissant doucement vers le Danube, ils se terminent dans les berges escarpées qui commandent la rive gauche du fleuve. Il suit de cette configuration du pays, que, du côté de la Bulgarie, Tarète supérieure des Balkans peut être facilement atteinte par un grand nombre de rout(»s (pii ne sont réellement mauvaises, tortueuses, rapides, que dans le passage de la crùte. Du coté de la Roumélie, la pente du Balkan est au contraire fortement inclinée ; elle toml)e brusquement en plaine ; l'aspect de la chaîne est néanmoins triste et sans grandeur, et les passages présentent des escarpements et des cîivités difficiles.
Nous avons dit que le Balkan n'avait sur sa pente septentrionale qu'un seul contre-fort renianpiable : c'est V Elropol-Balkan qui se détache de la grande chaîne vers Ichtiman, est élevé de 1 ,7)00 à 1 ,400 mètres, et va finir sur le coui^ de risker, où il se .joint h un contre-fort détaché du Veliki-Balkan, le SoumoughoU'Daghy élevé de 1, 100 mètres. Ces deux contre-forts, sauvages et mal habités, forment ainsi une ligne de montagnes continues et licaucoup plus nettement marquées que celles qui composent le Balkan central. Leur pente méridionale s'efl'ace dans la graiule plaine de Sophia.
Les Balkans sont, de toutes les montagnes de la Turquie d'Europe, les moins