‹ Histoire de l'Empire OttomanChapitre 12 sur 83 · LA BULGARIE · texte numérisé non relu

LA BULGARIE

difficiles à traverser; mais ii n\ existe, sauf quelques restes de chaussées anciennes, aucune route pratiquée et entretenue; toutes sont dès sentiers naturels. Yoici les principales :

1* Celle qui va de Gabrova sur la Janlra à Keisanlik sur la Toundja ; elle réunit les routes qui parlent de Nicopoli et de Routschouk, est défendue en avant des Balkans par la ville de Tirnova, et rejoint à Philippopoli le grand chemin de Vienne à Constantinople. Le col de Gabrova est élevé, tortueux, rapide, courant entre des murailles do rochers. 2** Celle qui pari de Routschouk, remonte le Kara-Ijom, traverse le défilé de Demir-Kapou et aboutit a Selivno et de là à Andrinople. I^e col de Demir-Kapou n'a que i ,rH)0 mètres de hauteur ; mais ses deux pentes sont arides, désertes, peu fréquentées.

Au delà de ce défilé le Biilkan «'abaisse rapidement et s'épanouit en trois principales branches, laissant entre elles des vallées transversales, peu profondes, fertiles, et jetant leurs eaux à la mer Noire. — La première branche se dirige , au nord sous le nom de Binur-Dagh, et se compose de plates-formes ayant de 400 à 600 mètres ; elle se dégrade en collines, est facilement coupée par les routes de Routschouk et de Silistrie à Choumla, dans des hauteurs qui ont 550 mètres, et finit |)ar des pentes insensibles vers le fossé de Trajan. — La deuxième se dirige à Test sous le nom de Grand-Balkaiiy et va finir au cap Emineh ; elle jette des contre-forts qui achèvent l'épanouissement du Balkan et qui enferment les vallées pittoresques du Pravadi et du Kamtchik, dans des plateaux ayant à peine 300 mètres de hauteur : le plus long et le plus élevé est le Kutscliuk-Balkan, qui sépare deux branches du Kamtchik ; le plus court et le plus remarquable est celui qui forme le promontoire ou l'escarpement de Choumla, entre le Pravadi et le Kamtchik. Le Grand -Ralkan n'a que 700 mètres de hauteur, une épaisseur de 2 à 5 lieues et des cimes sans contours marqué»; ces cimes forment seulement à l'horizon une muraille boisée de chênes, découpée par des ondulations peu sensibles ; ses conlre-forls septentrionaux séparent les affluents du Kamtchik. Dans ce Balkan, le voyageur est surpris de s'approcher si aisément de la crête, au moyen du plan faiblement incliné des vallées transversales, et de la franchir sans s'en apercevoir : ainsi il ne faut qu'une heure et demie de marche pour passer le défilé de Nadir-Derbend, qui mène sur Aidos, et qui n'a pas moins de (K)0 mètres. Ce défilé est lantùt bordé d'escarpements sauvages et sillonnés de torrents, tantôt de hauteurs couvertes de verdure, de maisons et de jardins. Ilappar tient à la route, très-fréquentée, qui vient de Pravadi et tourne Choumla à l'est : il a été franchi par les Russes en 1829. Il est une autre route moins commode, quoique moins élevée, à cause des trois chaînes qu'elle coupe; c'est celle qui tourne (ihoumia à l'ouest par Ëski-Djoumâ, Osman-Bazar dans le Binar-Dagh, Kasan dans le Kutschuk-Balkan, et de là sur Selivno ou Karnabat. Enfin, il y a une route qui mène de Choumla à Aidos et à Karnabat par le défilé de Dobrol.

i6 DESCRIPTION DE lA TUBQCIE.

La troisième branche du Balkan, qui n'est réunie à b grande chaîne que par une échancnire de 300 mètres de hauteur, où passe la route de Kamabat à Seiivno, s'appelle monts Sirandja. Elle court directement au sud-est, et sépare le bassin de la Maritza des petites rivières qui tombent dans la mer Noire; sa plus grande élévation est de 900 mètres entre Fakhi et Timovo : mais, près de Vîza, elle n'en a plus que 400, et, quand elle arrive sur le Bosphore, elle descend à moins de 2W). Elle se compose de plateaux montueux, est couverte de forcis et se trouve conpc*e par des vallées courtes, parallèles et diflicilement praticables. Ses pentes oiridenlales descendent doucement vers la Maritza ; ses pentes orientales plongent brusquement dans la mer Noire; enfin ses derniers mamelons se perdent aux environs de Constantinople en collines fertiles et cultivées. I^ principale roule qui traverse les monts Sirandja est celle d'Aîdos à Kirk-Kilissia par le défilé de Fakhi : c'est le chemin le plus court de Choumia à Constantinople.

Le Binar-Dagh, le Grand-Balkan et les monts Sirandja forment un triple oIh slacle qui, avec les nombreuses vallées qu'ils renferment, devrait couvrir Con- stantinople; mais comme ces montagnes sont peu élevét^s, comme les routes qui les traversent mènent directement et par le chemin le plus court sur Constantinople, elles ont été les lieux de passage de la plupart des armées qui ont marché sur celte capitale, et ks Turcs ont dû les couvrir de places fortes. Ces places sonl situées sur les cours d'eau suivants :

1* Le Pravadi, torrent qui descend du Binar-Dagh et passe à Pravadi, petite ville qui couvre l'espace entre Choumia et Varna, ainsi que la route de la Dobroulcha sur le défilé de Dobrol ; elle fut prise par les Russes en i828, et depuis ivlle époque a été fortifiée. Après avoir formé un lac marécageux, le Pravadi, finit à Vaiita, le meilleur port de la Turquie sur la mer Noire, et dont Toccupalion est indispensable à une armée qui veut franchir le Balkan. C'est une ville bien fortifiée et qui fut prise par trahison par les Russes en 1829.

^r Le Kam9€kik est formé de trois rivières qui coulent dans des lits torrentueux et profonds et dont le passage est ti-ès-diflicile. Celle du nord descend du Binar- Dagh et enveIopi>e , entre elle et l'un de ses affluents , le plateau sur le flanc oriental duquel se trouve Choumia, l'une des positions militaires les plus importantes de l'Europe. Cette place est à la tète du redoutable triangle dont i:oulsi*houk et Silistria tiennent les deux autres sommets, sur la grande route de Ruchnresl ou de Russie à Constantinople; c'est la clef du Balkan et le principal Iniulevard de la Turquie contre les Russes. Elle est située sur une sorte de pn>montoire si escarpé et si étroit, qu'il est presque impossible de la bloquer et de la bonilwrder. La ville, tortueusement ramassée sur cette hauteur, a une population de 20,(H)0 habitants, assez laborieux et principalement livrés à l'industrie du cuiviv: entourée de remparts, de fossés, et flanquée de tours, elle est le Wnluit d'un vaste camp retranché, enveloppe de hautes collines fortifiées et

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