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BASSINS DU KOUR ET DE L'ARAXE

li reçoit à gauche : V YAragvi, qui naît dans le défilé de Dariel et ouvre la route de Dariel à TiTlis : il est défendu par plusieurs forts ; 2*" YAlazan, qui passe près des forts de Telavi et de S'ujuakh.

Il reçoit à droite VAraxe, dont le bassin est formé au nord par la chaîne de FAUeghez, au sud parla chaîne de VArarat. Il descend des monts Binghel ou des Mille-Lacs dans le plateau d'Erzeroum, passe à Hassan-Kaleh, petite forteresse sur la route d'Erzeroum à Kars, traverse la plus belle partie de l'Arménie, qui" appartient à la Russie, puis sert de limite aux deux empires en décrivant un grand arc de cercle au sud-ouest, passe près de Nakchivan, traverse de grandes steppes et se réunit au Kour. — 11 reçoit : 1° YArpatchaï^ qui passe à Goutnri, forteresse russe opposée à Kars et qui ferme le principal débouché de la Géorgie; Kars (Korsène) est située sur un affluent de cette rivière, dont le bassin est entièrement montagneux; c'est une ville de la Turquie très-importante par sa position et sa citadelle; i° VAbar, qui passe à Echmiaihhi^ couvent fortifié, résidence du patriarche universel des Arméniens; «V le Zanya, qui passe à Êrivan^ capitale de l'Arménie russe, ville très-importante par sa position et ses fortifications; 4° le' Makatchaï, qui passe à Bayazid, petite ville fortifiée sur les dernières pentes de l'Ararat, qui défend le plateau de Van et la source de TEuphrate; elle appartient aux Turcs.

Le bassin du Kour comprend les provinces aujourd'hui russes de la Géorgie, du Schirvan et une partie de l'Arménie. La Turquie ne possède plus que quelques lieues de territoire sur le Kour et le bassin tout h fait supérieur de l'Araxe. Quelle que soit la i^titesse de ces possessions, elles peuvent arrêterla marche cx)nquérante des Russes, qui n'auront de frontière solide que lorsqu'ils posséderont le plateau d'Erzeroum et la chaîne de l'Ararat : là sont les pentes naturelles par lesquelles les invasions peuvent aller, soit dans l'Asie Mineure, soit dans la S\rie, soit dans la Mésopotamie. Kars est le centre des possessions turques dans le bassin du Kour.

La tradition qui foit de ces pays le point de départ des premières familles du genre humain, leur position géographique dans la partie la plus élevée de l'Asie occidentale, entre deux mers, à 250 lieues de Constantinople, de Jérusalem et du golfe Persique; l'histoire, qui témoigne que nul n'a été maître assuré de l'Asie sans occuper le plateau arménien, tout cela démontre que la possession de ces provinces par les Russes est la manifestation la plus éclatante de leurs gigantesques projets de conquête : par là, la Turquie d'Asie est prise à revers, la Perse annulée, les Indes observées et menacées, (l'est ce qui explique pourquoi ils mettent tant de persistance et d'acharnement à subjuguer les peuplades encore indépendantes des deux revers du Caucase et dont la résistance seule arrête leur marche vers le midi de l'Asie.

g m. — Montagnes de l'Asie occidcntiile.

Des mollis Araral ou du plateau d'Aniiénie, nous pouvons déduire toutes les montagnes de TAsie occidentale ou de la Turquie d'Asie.

Du plateau d*Erzerouni se détache une vaste ehaine entre TEuphrate ({ui vient de naître, d'une part, d'autre part entre le Bathys et -le Lycus ; elle se subdivise en plusieurs branches, parallèles entre elles et à la côte de la mer Noire, qui se prolongent ainsi jus(iu7i la merde Marmara, et font de la partie septentrionale de TAsie Mineure une suite de terrasses étagées que les cours d'eau traversent par des brèches profondes, et qui, en s'élevant successivement, s'eflacent dans un vaste plateau central. Cet ensemble de montagnes était appelé par les anciens VAnti-Tannis. La partie la plus occidentale est marquée par le mont Olympe rl,5()i) mètres), qui domine de sa masse imposante la belle plaine de Broussa.

Du même massif de TArarat, mais dans sa partie orientale et près de Bayaxid, part une chaîne parallèle à TAnti-Taurus, qui contourne au nord le lac de Van, sépare TEuphratc méridional du Tigre dans les monts Nipliates, coupe TEuphrate entre Malatia et Samosate, ])rcnd le nom de Taurus et s'en va longer la Méditerranée, en formant comme rAnti-Taurus dt»s étages successifs qui vont aussi s'effacer dans le pliiteau central; mais ces étages sont moins larges, plus abrupts, plus élevés, plus tourmentés. Le Taurus, en s'approchant de TArchipel, se subdivise en nombreux contre-forts ((ui s(» terminent dans les caps de cette côte; le plus septentrional culmine dans le mont Tmolus^ au nord du Caistre, près des ruines de Sardes. La jonction cuire le Taurus el l'Anli-Taurus s'effectue dans cette partie de l'Asie Mineure par leîj monts Dyudimène, qui vontsejoindre à r01ynij)e. l-ne autre jonction du Taurus et de l'Anti-Taurus s'effectue par une chaîne de collines qui court à l'est de Sivas et de Césarée en <:ontournant les sources du Mêlas et en isolant ainsi le bassin de l'Euplirate de l'Asie îlineure.

Du môme plateau de Bayaxid part la chaîne des monts Mcdiqties, qui court entre les lacs de Van et d'Ourmiah el sépare le bassin du Tigre du plateau d(^ la Perse.

Enlin du mont Taurus, vers les s()Ulrt^s du Pyrame, se <létache un contre-fort qui va se joindre près de la mer au mont Amanus lAlma-Dagh), lequel se joint lui-même au Liban. Nous en reparlerons en décrivant la Syrie.

§ IV. — Hassinis «le rKiiplirale et du Tigre.

Le bassin de l'Euphrale se partage en deux parties distinctes : la partie haute <»u de l'Arménie, qui forme un vaste plateau compris entre les deux Taurus et se

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