CONQUÊTES DES ARABES. «O
menls d'un multitude fanatique; les chrétiens eurent à subir mille avanies^ mille persécutions, résultats inévitables des haines religieuses; ils devinrent de fait, malgré la loi, la proie et le jouet des vainqueurs; mais on conçoit que, dans Torigine, cet esprit de tolérance dont les conquérants paraissaient animés dut singulièrement faciliter leurs progrès.
Sous Abou-Bekre (652-634), la Chaldée est conquise, la Syrie envahie, l'armée de l'empereur d'Orient Héraclius vaincue; Damas ouvre ses portes au vainqueur. Trois ans après (637), Omar, deuxième khalife, qui prit le titre d'émir ul mou- , minin, commandeur des croyants, après avoir reçu la soumission de Jérusalem, conquiert l'Egypte. Othman, troisième khalife, fait la conquête de la Perse (651), et la race des Sassanides disparaît avec la religion des mages. Le quatrième khalife fut Ali (655).
Alors les mahométans se divisèrent en deux grandes sectes qui existent encore aussi haineuses que jamais. Les shiites regardent les trois premiers khalifes comme des usurpateurs, et Ali comme le vrai vicaire du prophète; les sunnites prétendent que la sainteté a réglé Tordre de succession et qu'Ali est inférieur à ses prédécesseurs. D'ailleurs les premiers sont moins attachés que les seconds à la prédestination, et, en admettant que le Koran a été créé, croient qu'il est perfectible. Les Turcs de nos jours sont sunnites et les Persans shiites.
Malgré le schisme, les conquêtes continuent, et le Kbr^n se propage avec une merveilleuse rapidité. La Mésopotamie, la Cilicie, la meilleure partie de l'Asie Mineure, ^ont enlevées; dès Tan 32 de l'hégyre (654), les Arabes paraissent sous les murs de Constantinoplc. Ils y reviennent en 668, guidés par un ancien compagnon du prophète, Eyoub, vieillard octogénaire, qui mourut pendant le siège et dont les Turcs retrouvèrent plus tard le tombeau dans un des faubourgs *. La ville, assaillie avec rage, n'est sauvée que par le feu grégeois, inventé pour sa
permis, en pays musulman, de construire de nouveaux temples [chrétiens, juifs ou autres non musulmans) ; mais il est permis de renouveler (reconstruire ou réparer) ceux qui sont en ruines; car c'est une tradition qui est venue du Prophète jusqiri nous,, de laisser ces temples dans les villes des musulmans; et comme les bâtiments ne durent pas toujours, il s'ensuit qu'il doit être permis aux chrétiens de reconstruire les leurs. L'iman, en les confirmant dans la possession de leurs églises, a contracté par là l'obligation de les leur laisser rebâtir, parce qu'elles ne durent pas toujours ; mais il n'est pas permis de les transporter ailleurs (de les reconstruire sur un autre emplacement), vu que ce serait établir n'ellcment une nouvelle église dans cet endroit... Il est défendu d'y rien ajouter en la reconstruisant... Il en est de même des monastères, parce que, quand on les bâtit, c'est afin de les faire servir de retraites pour prier... Le principe est différent pour l'oratoire, qui fait partie d'une maison... Il ne convient pas d'empêcher une personne d'établir dans la maison qu'elle a louée d'un musulman un oratoire destiné pour elle seule... Cette règle n'est applicable qu'aux villes et non aux villages ; et nous entendons par villes Tendroit où l'on observe les pratiques extérieures de l'blamisme. »
* Ce mot est arabe, avaniah. Il indique aujourd'hui, dans toutes les langues européennes, les vexations, les insultes, les tyrannies, que les musulmans, sans violer ouvertement le teite de la loi, accumulèrent sur la tête des chrétiens.
• La mosquée d'Eyoub fut élevée sur son tombeau. Voir pape 37.