MOUSTAPHA IV
traita sans elle à Ryswick, qaaud Louis XY lui laissa tout le fardeau de la guerre de Pologne; mais jamais manque de foi n'avait été plus scandaleux que celui de Napoléon I jamais aussi une politique mauvaise, n'a été plus cruellement punie ! car l'abandon des Turcs à Tilsitt n'a pas été une des moindres causes qui ont envoyé le grand homme à Sainte-Hélène !
Le 9 juillet, le général Guilleminot partit de Tilsitt pour porterie traité aux Kusses et aux Turcs sur le Danube : les uns et les autres acceptèrent la médiation de la France et accédèrent au traité en ce qui les concernait, et un armistice fut signé le 24 août à Slobosie en présence du conmiissaire français; mais, lorsque les discussions pour un arrangement définitif s'ouvrirent, l'on ne put s'entendre et Ton se sépara sans rien conclure. Néanmoins les hostilités ne furent reprises que deux ans après, mais la Valachie et la Moldavie restèrent entre les mains des Russes ; et il allait s'élever à ce sujet entre les deux empereurs une controverse qui devait amener la rupture de leur alliance.
Cependant le cabinet de Londres, sachant le vif ressentiment de la Poiie contre la France, entama secrètement des négociations avec elle pour renouer leurs lelatious interrompues. Sébastiani en fut averti par le premier drogman, le prince Soutzo ; il cria à la perfidie des ministres turcs, qui trahissaient les intérêts de leur maître, et demanda ses passe-ports. Le divan, elïrayé, rompit les négociations, mais il se vengea en faisant décapiter le drogman Soutzo (51 octobre 1807).
CabakchiOglou était l'ami de Houtzo; il essaya de lui sauver la vie en soulevant ses yamaks; mais il échoua, en conçut une profonde haine contre le caïmacan, et s'unit avec le mulli pour le renverser. Une simple démonstration des yainaks sufïit pour envoyer Moustapha-pacha en exil. Sébastiani, voyant la puissance de (liibakchi, qui était devenu l'idole de la populace, parvint à l'attirer dans le parti de la France : grâce à lui, malgré les stipulations de Tilsitt, il reprit l'influence qu'il avait eue sous Séhin, et fit prévaloir ses volontés dans les conseils de la Porte. (Jei)endaiit sa position à Coustantinople était devenue très-embarrassante : chaque jour on lui reprochait les promesses pompeuses qu'il avait faites aux Turcs et l'abandon dans lequel on les laissait ; il demanda et obtint son rappel. M. de Latour- Maubourg lui succéda.
§ XVI. — Coaspii-alion de BarakUi*. -* Déposition de MousUpUi IV.
Moustapha-baraïctar, pacha de Roulschouk, qui était tout dévoué à la personne et aux idées de Sélim, s'indignait de voir l'empire gouverné par le mufti et le chef des yamaks. Il excita la jalousie du grand vizir, qui était campé à Andrinople, et il lui offrit son concours pour renverser les usurpateurs de son autorité. Le grand vizir accepta ces offres, se mit en rapport avec les partisans qu'il avait
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à (loï^sliiriiinuple *:t app*.'lfi ù lui Baiaklar avec 4^0*10 Ijommt^.s. |Kmr «injwctii^r tout(2 opfjosituiii lit U\ part drs janissaires. Le [Mi^liy de ltou(scliouk. doni le liul sei:rfcl claiL le rêtnblisï^emenl de Sélim, se mil en marche sur Constaiilinoplo a%cc tf>JIO() liiiiiiNK's devouL'îi à ^n cnuse et ilécidi'8 À en finir avec la tyrannie des ^am;iks. Qijel(|ues <îi\Mlirrs, (juil envoie in avaiil. surprennent (;ah;ikrlil ;jn iinlieu <le tn Muil et le mettent {\ mort, Le& yiuuaks npprennenf en même lentpâ Jd mort de l^ur clief, la mjnrlii' i\v \ avinée et U fii-man ijiii nu[niiie llarnïolar eaiiim^r»- (tant des forts: ilsvourent anx iirnies.
Cependant le grand vizir, étant arrivé à quatre lieues de Coustunlinople, eiivoj^ le reïs-elîendi înnioneer an sultan <pril venait le délivierde 1j domination des \a* maks et du nndli. Mtiuslaplia déeiele aussitôt la snppre^ion des yamakïi;, le remplacement flu nmlli, et il se rend hii-rnème au eamp de ses pi'éteijdnfi libiT^^tiriin». Karaïctïir raeeneille avec les témoignages de la pins grande soumiï;siou : le stitlan rentre l\ t!oM^tanlinople. Quelques jours après, ttanijctar eidève les sceaux ^ii giand vuir, le tait prisonnier, puis entre dans la ville, annonrant que ta imx viri iaile avee la liussie. el qu'il va reporter au st*rail le diapeau du proj)hcte- Le tKMjple joyeux Taccompaj^ne jusqu'à la première pi»rle. Les janissaireâ laiaïK^nt passer les conjurés: mais le bostandji-tuAelii tait fermer Tentrée de la seconde cour et déclare qu'il n'ouvrira que sur un ordre du sultan. Baiaielar, qui se croit déjà vaiîkqueur, l'iiit enfoueer Ic^ parles eu prurlafnaut Sélim ; il jc précipite dans Tintêrieur du palais; mais, quand il pénétre dans la salle de i^eeptitui, il y trouve étendu le cadavre de son maitre, Monsdipjïa venait de le faire étrangler.
Itaraictar, slujïél'ait, s'agenouille en pleurant pies de ces restes inanimés, et aeinidail anéanti dans sa douleur. En ce moment le kapoudan-pacha, Seyd-Ali, l un des principaux cliefs de la conjuration, lui dit : « Convient-il au pacha tle hontselioLik de pleurer comme une femme? C'est la vengeance et non des pleurs que le sidtan ^rlim e3(ijL:e de nous; pumssons ses assassins, et surtout ne [HTmettons pas à un tjran sanguinaire de protiter de son crime et de s' affermir sur le truue par la mort de son fi-ére^ le sultan Mahmoud. »
lîaratctMr, revenu à lui, dunne ses oi*dres : Monslaplia est jeté dans la prison qu'lialâlaiL Séliin ; Mahmoud, son frère, est proclamé, et quelques joui'^ après il va ceindre le sal:re d'Osman dans la moî*quée d'EyouIi.
MAUNUUD II.