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CHAPITRE DEUXIEME

LES ÉCOLBS.

Lee écoles. -^ Séparation des sexes. — Ecoles dominicales. — Cours d'adultes — Heures des classes. — Prières. — Discipline. — Punitions. — Récompenses. — Vacances.— Hygiène. — Surveillance. — Inspection. — Écolâtre.

Le Concile de Trente veut qu'auprès de chaqut église il y ait au Les Écoles. moins un maître ^ qui enseigne, gratuitement, la grammaire aux clercs et aux enfants pauvres, « qui clericos aliosque scholares pauperes grammaticam gratis doceat (1), » pour les mettre en état de passer ensuite a l'étude des saintes lettres, si Dieu les y appelle.

Le même concile exige que les jeunes gens qui seront admis dans les séminaires aient au moins 12 ans et sachent lire et écrire; or , il demande qu'on les choisisse parmi les pauvres (2). Il ordonne , en outre, que pour être promus aux ordres mineurs (clercs), les enfants présentent un bon témoignage du curé et du maître d'école qui les a élevés (3). Pour recevoir la première tonsure, il faut savoir lire et écrire (4). «

(1) Sessio, V., de Reformatione , Cap. 1 , 17 juin 1546. Pièces justificatives, 1'» partie, N» 1.

(2) Sessio, XXIII, de Reformatione , Cap. XVIIl , 15 juillet 1563. Pièces justificatives, 1*"^ partie, N® 5.

(3) Idem , Cap. Y . i> A parocho et a magistro scholœ in qua educantur. '^

(4) Idem , Cap. IV ; v Prima tonsura non initientur quique légère

et scribere nesciant. »

Le concile de Trente, provoqué par les luthériens, qui récusèrent ensuite son autorité, ne pouvait manquer de prescrire toutes les mesures propres à combattre les nouvelles doctrines, et, à ce titre, il devait porter toute sa sollicitude sur l'éducation religieuse du peuple. Mais comment le faire, sans mettre la jeunesse à même de lire et d'écrire?

La nécessité d*un enseignement orthodoxe devait donc avoir pour résultat de multiplier les écoles catholiques (1).

Dans ma conviction, ce fut dans la lutte religieuse du XVP siècle, que prît naissance le grand mouvement en faveur de rinstruclion primaire. Toutes ces écoles, créées d'abord spécialement en vue de l'instruction religieuse, ne tardèrent pas à devenir de véritables écoles élémentaires , avec un enseignement modeste , sans doute, mais préparant l'avenir (2).

Les prescriptions du concile de Trente furent rendues obligatoires par une ordonnance de Philippe II , datée de Madrid , le 30 juillet 1564, dans les pays de Flandres, Artois, châtellenies de Lille, Douai et Orchies, Tournaisis et comté de Valenciennes(3). L'année suivante, la régente, Marguerite de Parme, enjoignit aux gens d'église de faire leur devoir « quant à l'entretaineracnl des décrets et canons dudit concile et même quant aux écoles (4). »

On s'explique facilement que cette alliance intime du souverain et du clergé, surtout lorsque ces souverains se nommaient Charles- Quint ei Philippe II, lesquels ne reculaient devant aucun moyen de répression, ait produit des résultats sérieux.

(1) Voir le Chapitre de V Enseignement.

(2) Idem.

(3) Papiers d* État du cardinal de GranveUe, t. VIII , p. m. Collection des documents inédits

(4) 24 juillet. Pkccards de Flandre 2^ livre, p. 50

Le concile devint donc la loi générale de nos pays ; les conciles

provinciaux ne purent que le suivre en tout point, et Ton retrouve

dans les synodes diocésains, la plupart de leurs prescriptions (1).

Plus on avance, plus les règles se complètent; le but général

est le même , mais chaque prélat est maître des voies et moyens (2).

En 1550, Robert de Croy, évéque de Cambrai , met les Magistrats

en demeure de relever les écoles et d'en ouvrir de nouvelles

a $chol(is restaurare , erectasque comervare (3). » Le concile Cambrai

[1565] s'exprime de même : c( id curent episcopi^ ut quamprimum

tcholœ in urbibus , oppidis , et pagis diacesum suarum , si collapsœ

fuerùity restituantur : si conservatœ y colantur et augeantur (4). »

En 1570, Richardot, évéque d'Arras, ordonne aux pasteurs de son diocèse de former une école pour les enfants du peuple « schola trivialis » dans toutes les villes et villages de quelque importance (5).

Dans les instructions qu'Alexandre Farnèse, prince de Parme, gouverneur des Pays-Bas au nom du roi d'Espagne, adresse, en 1580, aux commissaires chargés de la conduite et de renseignement de la jeunesse catholique, il veut qu'il y ait des écoles, « tant journelles que dominicalles, » et cela « en chascun villaige , » auxquelles pourront aller « tous enfans, sans païer aulcun salaire (6). » Je pourrais citer nombre de documents du même genre. Chaque évéque poursuit son œuvre dans son diocèse, et en lisant tous ces

(1) Souvent même Tévêque prend soin d'indiquer , en marge ou en note , le concile d'oîi il extrait ses ordonnances.

(2) Angers Avranches , Autun , Auxerre Chartres , Evreux , Lyon , Meaux , Poitiers, Toulouse, Sens, etc., ont aussi leurs conciles et synodes, où l'dn retrouve la même pensée.

(3) Pièces justificatives, l*"® partie, N® 4.

(4) Idem. id. NO 6.

15J Idem. id. N^O.

(6) ; Idem. id. N0 12.

synodes , dans lesquels , souvent , les prélats rappellent les prescriptions de leur prédécesseur, on ne peut douter de li'mportance qu'ils donnaient au développement de Torganisation scolaire.

En voyant l'Église s'occuper, avec autant de suite, de l'instruction populaire, la première pensée est que toutes les écoles étaient uniquement destinées aux leçons de catéchisme. En parcourant le chapitre de l'Enseignement ^ on pourra se convaincre qu'au moins à la fin du XVIP et au XVIIP siècle, il n'en était pas ainsi. Si on étudie attentivement le texte des divers conciles, on voit même qu'à côté de l'école , il est question du catéchisme. Ainsi , le chapitre V du synode d' Ypres (1630) (1) a pour titre : « De scholis et catéchisme. » On ordonne aux maîtres d'école de faire apprendre, chaque semaine, une leçon de petit catéchisme aux enfants, et de la leur faire réciter en les interrogeant ; ils ne devront consacrer à cet exercice qu'une heure par semaine. Aux jours fixés, ils conduiront leurs élèves au catéchisme paroissial , en ayant soin de leur faire emporter leur livre (2).

La loi actuelle n'exige pas autre chose de l'instituteur.

Il sera facile de voir, par la suite de cet ouvrage, que les prescriptions épiscopales et royales furent suivies ; on constatera l'existence d'écoles, dans nombre de petites communes, au XVP siècle: Bavai, 1508; Condé, 1569; Lomme, 1571; Le Quesnoy, 1550; Tourcoing, 1554- Lille avait 32 maîtres et maîtresses, prêtant serment, en 1589; Douai avait de nombreuses écoles, etc. On verra aussi combien ces écoles étaient suivies dans certaines localités: en 1615, six maîtresses de Douai instruisaient 600 enfants; une école de Cambrai recevait, en 1626, 915 élèves ;

(1) Pièces justificatives, 1*"® partie, N"23. Ce synode exigeait une permission du curé pour fréquenter Técolede la paroisse voisine. L'autorisation donnée était consignée sur la liste des enfants en âge de suivre l'école. De môme à Boulogne, 1*744, N» 36.

(2) Les articles suivants règlent lobligation de constater la présence des enfants au catéchisme, la tenue qu'ils (îoivent y avoir, les prières, etc.

les seules écoles dominicales de Lille étaient fréquentées , en 1613, (( par grand nombre et multitude d'enfants, » parmi lesquels on en comptait 1,200 à la charge du bien des pauvres ; dans la même ville, en 1703, l'école des filles de la Maison-de -Ville employait 10 maîtresses ; à Valencieunes , en 1613 , on est obligé d'agrandir une école de filles, «à raison du grand nombre d'enfans qui y viennent journellement à l'escolle et que plusieurs autres désireroient aussy y venir. » En 1685, la statistique faite pour les diverses communes de la châtellenie de Bourbourg, indique aussi le echiiïr des élèves des petites écoles rurales de ce ressort ; à la même date , il y avait, à Saint-Amand, « un si grand nombre d'eniïans)) qu'il faut prendre plusieurs maîtres, etc., etc. (1).

Une des règles scolaires principales était que les sexes fussent séparation de» séparés. Dès 1320, le duc de Brabant ordonne qu'à Bruxelles « les enfans masies ne iront point à l'escole avec les pucelles (2). » En 1564, l'archevêque de Cambrai propose au Magistrat de Valenciemies que « les valetons et bacelettes eussent escolle à part et qu'ilz n'ayent escolles communes et séparées (3). » Le concile de Cambrai (1565) s'exprime ainsi : c( et quantum fieri possit^ in scholis puerUihus puellœ separentur à pueris (4). »

sexes.

(1) Voyez les diverses communes , passim et p. 24.

(^] Ckron. de E. de Dynter ; il ne fait exception que pour les frères et sœurs : • que les seurs peuvent bien aller avec leurs frères. »

(3) Pièces justificatives, 2® partie, N® 4.

(4) Pièces justificatives, \^^ partie, N° 6. Cette règle était, je crois, générale à tous les diocèses. Je la retrouve dans les synodes d'Aix , Autun , Bourges , Dax , Tool , Paris , etc. Dans ce dernier diocèse , le mandement de P. de Gondi en fait mention, en 1590. Elle semble même remonter à 1357. (V. Sonnet, Statuts et règlements des petites écoles. ...de Paris, 1672 )

En 1673, l'assemblée diocésaine de Noyon s'exprime ainsi : u Art. 5. — Nous ordonnons (conformément aux conseils de Bourges et d'Aix, (en 1584 et 1585] , et à la lettre expresse que le feu roi Louis XIII, de triomphante mémoire, a écrite à ce sujet à tous les évêques de France, que les écoles pour les garçons soient tenues

Le synode de 1604 veut qall y ait des écoles spéciales à chaque sexe : « simul non fréquentent puelli puellœ , sed viri tnaseulis , feminœ ptiellùy quantum fieri potest instruendis prœsint (1). »

Le concile de la même province (1631), demande qu'au moins on sépare les sexes par des cloisons (2), n saltem locis et interstitiit. » Il en est de même à Saint-Oraer, en 16i0 : « ut pariete vel interstitio aliquo pueri a puellis separentur, quo sic omnis illorum inter se aspectus arceatur. » On voulait même qu'il y eut , autant que possible, une entrée distincte (3). Le synode d'Arras, en 1686(4}, va beaucoup plus loin, il défend, sous peine d'excoromunicatioq, aux maîtres de recevoir des filles et aux maîtresses de recevoir des

par des hommes, et celles pour les filles seulement par des femmes de capacité et piété reconnues. »

La lettre de Louis XIII, à laquelle il est fait allusion, doit être la suivante, citée dans les Mémoires du Clergé, t. I, p. 9*77, sous la date du 15 septembre 1*740 :

o Monsieur Tévêque de Poitiers , Entre les soins auxquels les princes sont obligés , il n'y en a aucun qui apporte plus d'utilité au public que de régler les choses qui concernent l'éducation des enfants dans la crainte de Dieu et la connaissance de la religion et de leurs devoirs, en toute condition ..... J'ai donc estimé nécessaire, pour cette fin, d'ordonner que toutes les écoles pour les garçons soient tenues par des hommes , et que toutes celles pour lee filles soient régies par des femmes ou par des filles , sans que les garçons et les filles puissent jamais être

reçus en mêmes écoles J'ai désiré vous faire cette lettre pour vous dire que

mon intention est que vous pourvoyiez , au plus tôt , en toute l'étendue de voire diocèse, à l'observation de cet ordre, n

(1) Pièces justificatives, H® partie, N® 20.

(2) Idem. id. N»24.

(3) Idem. id. N0 25.

(4) Pièces justificatives, F® partie , N" 30. Lorsque la séparation des sexes ne peut avoir lieu dans des écoles spéciales , le règlement modèle du 2*7 août 1851, prescrit des mesures analogues à celles qu'indiquaient nos évfiques : Les en&nts doivent être » séparés par une cloison de 1 mètre 50 au moins de hauteur, disposée de manière que l'instituteut' ait vue des deux côtés de la salle. L'entrée et la sortie auront lieuà des heures distinctes ; l'intervalle sera d'an quart d'heure au moins «

garçons dans leur école. A cette peine , le synode tenu dans la

même ville, en 1695 (1) , ajoute l'interdiction d'enseigner/Il en était

ainsi à Ypres, en 1630 (2). Il semble que la réunion des filles et

des garçons ait eu de graves inconvénients dans le diocèse de

Boulogne : a Connaissant, lit-on à l'article 2 du titre VI du synode

de 1744, par de trop funestes expériences, combien il est dange-

reui que des enfants de différents sexes soient enseignés dans une

même école .et par les mêmes maîtres, nous exhortons, de tout

notre pouvoir, les curés, les seigneurs de paroisse et les Magistrats,

de procurer, par toutes les voies que la charité leur inspirera,

qu'il y ait dans les paroisses deux écoles, rune, tenue par un

maître, pour les garçons, et l'autre, tenue par une maîtresse,

pour les filles (3). »

Cette règle , si sage , est encore aujourd'hui la nôtre ; mais elle n'a pu encore être appliquée dans toutes les communes de France (4).

Les écoles dominicales étaient^ ainsi que l'indique leur nom , ^^jJ^JÎ^ ouvertes le dimanche ; on y réunissait, entre les offices, les enfants que leur travail empêchait de suivre les classes pendant la

semaine (5).

Bien que saint Charles Borromée ait ouvert, à Milan, une école dominicale, en 1564» le concile de Cambrai (1565) est le premier

dominicales.

fl) Pièces justificatives , 1^^ partie , N<^ 82. En 1672 , un statut de l'évêque du Mans porte la même peine d'excommunication , ipso facto. Recherches sur IHnstruction publique dans la Sarthe, par A Bellôe, Le Mans, 1875.

(2) Pièces justificatives, V^ partie, N^ 28.

(8) Idem. id. N» 86.

(4) Le département du Nord comptait encore 165 écoles mixtes, quant au sexe , en 1875. Il y en avait 17,518 en France, en 1867.

(5) La première école dominicale, de nos pays, paraît avoir été fondée à Antoing, près Tournai , par Olivier Bernard , d' Anloing , disciple de saint Ignace. Peu après, une fille Quinte Monnîer, en ouvrit une à Tournai , et Tinstitution ne tarda pas à se répandre dans toute la Belgique et la Flandre. Vie de Mgr. Van der Burch, arcfievéque de Cambrai, par le P. Posaoz.

dans lequel j'aie trouvé la trace de ces fondatious : « multos inopia prohibet in filios ne scholis litterariis enutriant (1). » Alexandre Farnèse eu parle aussi en 1580 (2), et, six ans plus tard, un nouveau concile de la province de Cambrai, tenu à Mons, en 1586, rend leur fréquentation obligatoire : a quia vero scholœ guotidianœ christianœ juventutis institutioni w)n sufficiunt, eum nuixima puerorum pars diebus ferialibus opificium aliquot exerceat , neque , ob parentum inopiam , scholas frequentare possit , qyiorum tamen animœ non minus quam aliorum Christi sanguine redemptœ^ chris-^ tiana doctrina imbui debent (3). d Le concile ordonne, en conséquence, de créer des écoles dominicales, et fait appel à tous les hommes instruits, les priant d*aider le curé, a pro sua quisque virili adjuvet ; » afin d'exciter le zèle de ces derniers, il engage les évêques à organiser des associations, qui devaient bénéficier des indulgences accordées par Pie V, confirmées et augmentées par Grégoire XIII (4). C'est ainsi qu'était fondée, à Valenciennes , une Confrérie de la Doctrine chrétienne, sous le vocable de saint Grégoire : « affin queladite escole n'allast en déchéance, ains plutost augmentast de jour en jour (5). »

Vers la même époque, s'ouvraient des écoles de ce genre à

(1) Pièces justificatives, 1*"® partie, N* 6.

(2) Idem. id. N» 12.

(3) Pièces justificatives, F® partie, N° 15. Le placard de Philippe II (ISST) n'est pas moins précis , id. N^ 16.

(4) Ces deux bulles se trouvent dans celle de Mgr.' de Berlajmont, accordint l'institution de la Confrérie de Saint-Grégoire , de Valenciennes , pièces justificatives, 2® partie , N'' 11. Le concile ajoute que si Térection des écoles n'est pas possible, non plus que l'organisation des congrégations, ordre formel est donné au curé de feire lui-môme la >lasse , les dimanches et les jours de fête, soit avant, soit après vêpres , sous peine d'une amende d'un florin au profit de la Fabrique: u quoties cumque hoc neglexerit, '>

(5) Voir les statuts , pièces justificatives, 2® partie, N® 10.

Lille (1), Douai (2), Cambrai ; nombre d'autres villes eurent aussi les leurs (3).

Les écoles dominicales eurent certainement tout d'abord un caractère plus spécialement religieux, mais on y apprenait aussi à lire et à écrire, ainsi que le constate, entre autres documents, le rapport adressé au pape Urbain VIII, en 1628, par Tévêque de Bruges : « Ut ibidem ante meridiem discant gratis légère et scribere ac missam audiant (4)*

Ces écoles ne cessèrent pas d'être particulièrement recommandées par les évéques, même après les crises religieuses, et Mgr. de Wavrans (Ypres) rappelle encore leur importance, en 1768. Il demande qu'on en crée là où il n'y en a pas; au besoin, dit-il, on pourra faire la classe dans l'église même (5).

J'ajouterai que je suis porté à croire qu'à la fin du XVIP siècle, on désignait, sous le nom à* Ecoles dominicales, les classes journalières d'une heure, pour les enfants des fabriques, et quelquefois même toutes les écoles. La plupart de ces écoles du dimanche avaient fini par s'ouvrir chaque jour et leur dénomination primitive était restée. Cette transformation du sens des mots s'opère souvent dans le langage populaire : la chose change, le nom demeure On pourra se rendre compte de la valeur de cette opinion , en étudiant l'organisation des écoles de Cambrai et de Lille (6).

Le& adultes devaient aussi suivre ces écoles dominicales ; le cours d*adaiu

(1) Pièces justificatives, 2® partie, N<* 8.

(2) Id. id. NO 15.

(8) Voir les Communes.

(4) Pièces justificatives, 2® partie, N® 14.

(5) Id. iw partie, N» 87. — Aussi Ypres, 1577, N» 11.

(6) Voir ces villes. En 1875 , on comptait encore 202 écoles dominicales dans le département. Les classes d'une heure se nomment aujourd'hui Écoles de midit et ne produisent aucun résultat La loi du 2 juin 1874, sur le travail des enfants dans les manu&ctures , les transformera nécessairement , au grand avantage du développement de Tinstruction.

concile de Cambrai (1617) voulait même qu'on y envoyât les domestiques (1).

Dans quelques localités, il y avait aussi des cours du soir. On possède un règlement de ces cours, au commencement du XVIIP siècle, pour la gouvernance et Téchevinage dTpres , de la Flandre occidentale et autres lieux de son ressort (la majeure partie des arrondissements de Dunkerque et d'Hazebrouck : « Les Magistrats de la Flandre occidentale, de concert avec le clergé, considérant qu'il arrive parfois, et même souvent, que les garçons d'un certain âge viennent à oublier ce qu'ils ont appris péniblement à l'école dans leur jeunesse ; — considérant qu'il se trouve, dans la susdite gouv( rnance , des gens étrangers qui n'ont pu s'instruire convenablement dans leur pays, et qui, en raison de leur âge et des travaux qu'ils ont à faire pour gagner leur vie, sont exposés à rester sans instruction littéraire, s'il n'est donné moyen et remède; — les Magistrats et les membres du clergé décident que : pour que chacun puisse recevoir une instruction nécessaire et suffisante, il y aura dans chaque ville, village, agglomération populeuse', une ou plusieurs écoles du soir, selon le besoin, afin qu'on puisse s'instruire après avoir travaillé le jour (2). »

Ces classes du soir [avonds schoole)^ s'ouvraient le lendemain de la fête de saint Michel (30 septembre) et se fermaient la veille de celle de saint Joseph ( 18 mars ).

Les femmes ne pouvaient suivre ces cours.

J'ai aussi trouvé la trace d'une classe du soir Maubeuge, à

(1) Pièces justificatives, U® partie, N® 22.

(2) M. Mordacq, Inspecteur primaire, à Dunkerque, Notes pour servir à l'histoire de l'instruction primaire dans le Nord, p. 25.

M. L. Delisle , membre de l'Académie des Inscriptions , constate qu'au XIIP siècle, les écoles rurales étaient nombreuses en Normandie. Il ajoute : « A notre avis, les élèves n'étaient pas seuls à suivre les écoles. Nous croyons qu'on initiait aux secrets de la lecture , un certain nombre de cultivateurs. » Condition de la classe agricole au Moyen- Age, p. 175.

Raismes (Valencieancs), ainsi qu'à Cousolre (Avesnes) (1). Dans cette dernière eommune , le cours avait lieu du mois de novembre à la fin de mars ; le prix d'écolage était le double de celui du jour. Neuf jeunes gens suivirent ces leçons, en 1731.

Les classes avaient lieu , comme aujourd'hui , deux fois par jour ; les heures seules variaient selon les saisons et la localité (2). Elles commençaient et finissaient, comme aujourd'hui, par la prière.

Les synodes d'Ypres (1630) (3) et de Boulogne (1744) (4), insistent sur Tobligation de ces prières; le dernier indique même celles qui doivent être récitées : la classe du matin commençait par la prière du matin et finissait par le -^ub tuum , celle du soir s'ouvrait par le Vent Sancte-Spiritus et se terminait par la prière du soir. Ces prières sont encore celles qui doivent être dites dans toutes les écoles de notre département (5).

Nos pères étaient plus sévères que nous, et les punitions corporelles, rigoureusement interdites par nos règlements (6), ne leur furent point inconnues. J'extrais le passage suivant du texte de la fondation de V École de Roysin , en 1590 : ^ Sachois que la manière de gouverner la jeunesse par doulceur et amour soit bien la meilleure, prîncipallement où les esprits sont généreux; toutefois.

Heures des classes

Prières.

Discipline.

Panltions.

(1) Voir ces conununes.

(2) Voir les diverses communes.

(3) Pièces justificatives, Impartie, N» 23.

(4) Idem. id. N» 36.

(5) Lq règlement scolaire du Nord porte : » Art. 11. Les classes seront toujours précédées et suivies d'une prière ; celle du matin commencera par la prière du matin, contenue dans le Catéchisme du diocèse, et celle de Taprès-midi se termi* nera par la prière du soir, du même Catéchisme.

A la fin de la classe du matin , on récitera la prière : Sainte Mère de Dieu , tums nous mettons sous votre protection ; au commencement de la classe du soir, on dira la prière : Veneg, Esprit Saint, »

(6) Règlement scolaire du Nord, art. 32.

conviendra et sera nécessaire de tellement modérer la doulcear avec Tanstorité , que le^ enffans ne soient traittés ny trop laxement , ny trop rigoreusement ; mais il ne dissimulera nullement de corriger les jureurs, renyeurs, blasphémateurs, menteurs, dérobeurs; ceux qui parleront paroles vilaines et appelleront Tun Tautre de mauvais noms , ou les bestes de noms que Ton ne doit point nommer, et les irrévérences faites à Téglise (1). »

Le tableau de Van Ostade, que possède le Musée du Louvre, et qui représente Tintérieur d'une école, nous montre le magitter armé de sa férule. Cet instrument de correction n'était point d'ailleurs spécial aux écoles de Flandre, et l'on sait qu'Henri IV, dans une de ses lettres, se plaint à M°^^ de Monglat, gouvernante de ses enfants , de ce qu'elle ne lui avait pas fait savoir si elle a fouetté son fils: «Car je veulx et vous commande de le fouetter, lui dit-il , toutes les fois qu'il fera l'opiniastre ou quelque chose de mal (â). »

L'enfaat puni devait se tenir debout , portant sur la poitrine une panf'arte indiquant la faute qu'il avait commise. Le honmt d'âne témoignait du mauvais vouloir ou de l'entêtement d'un écolier. Souvent aussi les élèves étaient mis au pain sec (3).

Compenses. m Los eufauts les plus Capables occuperont la première table , le plus capable placé en première ligne, puis le second, etc. Les élèves ne conserveront toutefois ces places qu'autant qu'ils ne se laisseront pas dépasser par d'autres plus méritants, ce qui sera constaté à la fin de chaque mois, après revue des compositions. — Chaque semaine, le maître donnera des billets dé bons points aux enfants qui auront bien travaillé. Ces bons points pourront servir à racheter quelques punitions infligées, ou donneront, selon le

(1) Archives municipales de Valenclennes, série G. G., sect. 1, N°48 Roysin est aujourd'hui un village de Belgique.

(2) Lettres missives y tome VIII, p 385. Collection des documents inédits.

(3) V. Mordacq , ouv. cit. p. 20. On retrouve les mêmes punitions en usage dans les petites écoles de Paris au XYIP siècle.

nombre, droit à une images à un livre de lecture classique. — Il y aura, chaque année, une distribution solennelle de prix (1). »

«La Chronique scolaire de Flandre (1695-1766) relate ceci: L'élève qui avait obtenu, toute Tannée, les meilleures places, recevait des honneurs particuliers, le jour de la fête de Saint- Nicolas, pour les garçons, ou de Sainte-Catherine, pour les filles. Le jour de Saint-Nicolas, de grand matin, tous les élèves se rendaient à l'école en habits de fête, et, sous la présidence du maître, attendaient l'élève proclamé le premier par excellence. A son arrivée , celui-ci était introduit avec cérémonie et recevait , des mains du maître , une grande image , artistement encadrée , qu'il suspendait sur sa poitrine à l'aide d'un ruban bleu. Puis, toute la classe se dirigeait processionnellement vers l'église pour assister à la messe : Y excellence ^ portant majestueusement son cadre, insigne d'honneur, ouvrait la marche. Après la messe, dans le même ordre, on parcourait les principales rues de la ville ou du village , l'excellence toujours entête, grave mais Ismue, et les enfants chantant: a Claeye! Claeyel Claeyel (Vive saint Nicolas I Vive son » Excellence ! ) p Puis , tous se rendaient à la demeure du héros de la fête pour féliciter les parents et se régaler de gâteaux beurrés et de café au lait ou de laitage. Cette dépense aurait pu être onéreuse pour une famille pauvre, mais, en ce cas, tous les parents des écoliers y contribuaient avec plaisir. Longtemps, dans les veillées, on parlait de l'heureux vainqueur, et s'il se trouvait quelque clerc, on pouvait l'entendre murmurer : Puer iste magnus erit (2). »

(1) Dans beaucoup de paroisses , le curé faisait une quête , afin d'acheter des vêtements, donnés en prix, au lieu de livres, aux enfants pauvres. — Ces distributions de prix se faisaient soit à la mi-carême , c'est-à-dire à l'approche de la première communion et de la reprise des travaux des champs , soit au mois de juillet, avant les travaux les plusmportants de la moisson. La ville d'Hazebrouck donnait, en 1187, pourTécole des P. Augustins, 24 livres, destinées à l'achat des prix.

(2) Mordacq , ouv. cit. p. 21 et 22.

A Dunkerqae, le meilleur élève était proclamé^o^i»edMeii/aite«, la veille de la Saint-Nicolas. En cette qualité, il ordonnait ton! ce qui concernait la fêle générale des enfants de la ville, fête pour laquelle l'échevinage contribuait en donnant deux kanneê (1) de vin, dès Tannée 1519, à viij s. le poU

Daus cette même ville , les écoliers étaient quelquefois admis à réciter des dialogues devant le Magistrat (2).

I/abbé Lebœuf nous apprend qu'il en était de même à Paris ; Tévéque élu était promené par les rues. Cet usage fut interdit dans la suite, par arrêt du Parlement et par les ordres du Chapitre (3).

Dans nombre d'écoles, on distribuait, aux enfants pauvres/ du linge et des vêtements (4)- A Comines, lorsque les jeunes filles quittaient la pauvre école (espèce d'ouvroir), à vingt ans, elles recevaient un trousseau complet et un carreau à dentelles tout monté (5). Le Magistrat de Yalenciennes consacrait, annuellement, une somme de 60 livres tournors pour distribuer, aux enfants de l'école dominicale, des quénioUes [6), à la fête de Noël (7).

On ne saurait douter que chaque école eût ses généreux donateurs. La charité semble d'ailleurs être restée la première des vertus de nos compatriotes ; ils n'ont, sous ce rapport, rien à envier à leurs devanciers.

Hygiène. Qu uc négligeait pas non plus ce qui avait trait à la propreté de

(1) Cruche à mettre le vin, d'où cannette,

(2) Voyez Dunkerque.

(8) Histoire du diocèse de Paris y t. I, p. 829.

(4) Voyez Bailleul, Lille, etc.

(5) Voyez Commes.

(6) La quéniole est un gâteau oblong, fendu par le milieu, que Ton donne aux enfants à Noël ; on y attache, presque toujours, un petit Jésus en plâtre..

C?) Voyez Valenciennes. Les filles de Técole Saint- Joseph , de Lille, avaient, le même jour , chacune une coquille de six liards , et à la Saint- Joseph un pain blanc de même valeur.

la classe; on avait même quelques notions de Thygiëne scolaire, à laquelle nous attachons aujourd'hui, si justement, la plus grande importance.

Voici ce que prescrit un ancien règlement pour Tarchiprêtré dTprcs : « L'école sera balayée tous les jours après la classe ; — cette besogne pourra être imposée, comme punition, à ceux des enfants qui auraient commis quelque faute pendant la journée. — Le local des classes sera blanchi deux fois Tan : 1® avant Thiver, et 2® pendant la semaine-sainte ou à rentrée de Tété. — En hiver, on entretiendra convenablement le feu , on y suspendra un chaudron, une marmite, une bouilloire, afin que la vapeur de Feau en ébullition puisse rajeunir Tair du local , et que les enfants aient toujours, à leur disposition, boisson chaude. — En été, on rajeunira Tair au moyen de carreaux de vitre ventilateurs , et , après les classes, portes et fenêtres resteront ouvertes jusqu'à la brune (1). »

II y avait aussi des vacances annuelles, dont la durée et l'époque vacanœ étaient, généralement,, à peu près analogues à celles de nos écoles. A Merville, elles duraient du 14 août au 10 septembre (2).

L'inspection est aussi ancienne que les écoles elles-mêmes ; c'est sarreuian qu'en effet, ainsi que le disait M. Cousin: a Les autorités pré- inspêôtiG posées à l'école, voilà le ressort de toute l'instruction primaire. Que Ton y réfléchisse, tout aboutit là et part de là. »

Les premières écoles épiscopales et presbytérales étaient soumises à la visite fréquente des évêques; mais, la tâche augmentant, ils durent en confier une partie à des délégués spéciaux qui prirent le nom d^écoîdtresondescholastiques. Les premiers conciles et les capitulaires de Charlemagne font mention de la mission qui leur était confiée.

(1) Mordacq, ouv. cité, p. 28.

(2) V. cette commune (Hazebrouck).

*«>*"^- Les fonctions d'écolàtres (magùter sckolarum) (1) étaient «ne dignité ecclésiastique , conférée le plus généralement i un chanoine, qui donnait le droit d'institution, de juridiction et d'inspection sur les écoles d*un diocèse, d'une église ou d'une ville. Avec le développement des institutions communales et des franchises municipales, qui marque la dernière partie du Moyen*Age, l'autorité de l'ccolâtre semble avoir reçu diverses atteintes dans nos pays. Ces fonctions furent même quelquefois , au XV® siècle , confiées à des laïques ; ainsi , à Anvers , en 1479 , il y avait deux écolàtres, l'un ancien échevin, l'autre échevin en fonctions. Il en fut de même, un peu plus tard, à Bruxelles.

En 1510, le Magistrat de Lille voulut avoir, sous sa juridiction des écoleê latines^ qu'il confia à un nommé Lancelot Le Blanc. Le Chapitre de Saint-Pierre s'y opposa , et ce ne fut qu'en 1535 , après nombre de procédures, que l'affaire futterminée (2). Le Magistrat fut autorisé à ériger deux écoles latines (3), l'une sur la paroisse Saint-Pierre, l'autre sur la paroisse Saint-Maurice. Ces écoles devaient être placées sous la direction de gens idoines et capables \ l'écolâtre en avait la libre inspection, ainsi que la surveillance de tous les livres et de la doctrine enseignée (4).

C'était un premier pas de l'autorité civile.

Il y eut certainement un moment oii la lutte fut au moins sourde entre les deux autorités laïque et ecclésiastique. Ainsi , lorsqu'en

(1) Voir, pour l'écolâtre de St.-Pierrede Lille, pièces justificatives, 2® partie, N" 1.

(2) Toutes les pièces de ce procès existent aux Archives départementales, nous avons pensé qu'elles ne devaient pas prendre place dans ce volume , puisqu'il ne s'agit que d'écoles latines ; nous les publierons prochainement. On ne trouvera , aux piè^s justificatives , que le contrat intervenu, en 1535 (2* partie, N° 3).

(3) Pour bien préciser le caractère municipal de ces écoles , elles reçurent le nom de Publicum urbis Gymntisium. Beuzelin.

(4) Voir M. Houdoy, V Instruction gratuite et obligatoire depuis le XVI ^ siècle , p. 2 ', Van Hende, Histoire de Lille , et Derode , Société des Sciences de Lille, 1863, ainsi que le chapitre suivant des Maîtres.

1554» Hubert Déliot fonde, à Lille, Técole qui devait porter son nom, il s'adresse aux échevins seuls. Il se présente devant eux, assemblés en Halk. Il n'est nullement question d'une autorisation à solliciter de la collégiale de Saint-Pierre (1).

Toutefois, il me paraît incontestable qu'en ce qui concerne les écoles populaires du moins, l'autorité d<îs écolâtres fut relevée par les décrets de Charles-Quint et de Philippe II, ainsi que par le concile de Trente (2) et les conciles et synodes diocésains du XVP siècle.

Ainsi , le synode de Cambrai (1550) porte : a Scholasticomm est docere indoctos aut curam hanc procurare (3).

L'évêque de Cambrai ordonne au Magistrat de Valenciennes, en 1564» que « celluy quy aura le soing des escolles, comme escolâtre, ayt bien soigneusement et souvent à visiter les es'M)lles (4). »

L'inspection est largement organisée partout, dès la fin du XVI® siècle. Le concile de Cambrai (1565) (5) prescrit aux curés de s'informer, tous les mois, des progrès des enfants. Les doyens ruraux visiteront, tous les six mois^ ou au moins tous les ans^ les petites écoles , et rendront compte , à l'ordinaire , de la manière d'instruire la jeunesse que chaque maître pratique.

L'évêque d'Arras veut (1570) que, chaque mois, les curés interrogent les enfants, comme il a été précédemment ordonné.

(1) Voyez Lille.

(2) La dignité d'écolâtre ne devait , d'après ce concile , être conférée qu*à un docteur ou licencié en théologie ou en droit canon.

La congrégation du concile a toutefois décidé que cette disposition n'aurait pas lieu pour les villes où il n'y avait point de séminaire, ni pour celles oh il y en a, quand on y a établi d'autres professeurs que les écolâtres.

Voyez Durand de Maillane, écoldtre.

(3) Pièces justificatives, l""® partie, N® 4.

(4) Id. 2« partie, N<>4.

(5) Id. id. N»6.

S'ils manquent à ce devoir, ils seront signalés à Tautorité épiscopale par les doyens (1).

Le synode de Tournai (1589) confie la surveillance aux doyens de chrétienté; il veut aussi que les écoles soient visitées tous les trois moi$ (2). Le concile de Cambrai (1586) (3] fait les mêmes prescriptions : les écoles doivent être fréquemment inspectées par les écolâtres des cathédrales , pour toute h province ; par les doyens ruraux dans leurs districts, par les curés ou recteurs dans leurs paroisses. Chaque curé qui, sans motif légitime, ne visitera pas les écoles, aux jours prescrits par les statuts, sera passible d'une amende d'un florin au profit de la fabrique «et ce pour chaque fois.» Le concile de Cambrai (1631) exige que chaque école soit visitée deux fois par an par Técolâtre, le doyen et les délégués de Tévêque (4). Le synode dTpres (1630) (5) et de Boulogne (1744) (6), invitent les curés à visiter les écoles au moins tous les quinze jours. En faisant des recommandations analogues , Tévêque d'Ypres, en 1768, insiste pour qu'on se rende bien compte si les enfants savent lire et écrire (7). Ces inspections étaient faites : j'en ai du moins trouvé la trace dans deux communes du diocèse de Cambrai. Ainsi, àBasuel, on lit sur les registres de la paroisse, ea 1779, la copie du mandemen t adressé par Mgr. de Fleury, à la suite de la visite qu'il avait faite de l'école , deux ans auparavant (8j- L'archevêque y rappelle les observations qu'il avait précédemment

(1) Pièces justificatives , l""® partie, N° 9.

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