‹ Histoire de l'enseignement primaire avant 1789 dans les communes qui ont formé de Département duChapitre 5 sur 37 · LES MAITRES · texte numérisé non relu

LES MAITRES

Mode de nomination. — Conditions requises des candidats. — Traités passés entre les maîtres d*école et les communes, les seignaurs, les fondateurs, etc — Concours pour la direction de Técole de Bourbourg — Traitement des maîtres. — Serment qu'ils devaient prêter. — Défenses qui leur étaient &ites ^ Associationsqu'ils formaient entre eux.— Conférences — Costume. — Première idée de recrutement du personnel enseignant. — Noviciats de maîtres et de maîtresses d'écoles.

Les roaitres appelés cou«^re« (1), magisters ['2) , recordeurs (3), Nomioauon. maîtres d'école et le plus généralement clercs (4), à causç des fonc-

(1) Custùs ecclesiœ , gardien de l'église.

(2) Magister, maître.

(3) Recordari , se souvenir.

(4) ft C'est au XIV^ siècle que le titre de clerc , auquel une certaine instruction fort restreinte avait coutume d'être inhérente , commence à devenir fréquent en dehors du clergé proprement dit , c'est-à-dire des prêtres et des moines. » Cette quaHté s'étend à toutes les professions manuelles. S. Luce , Du.Gi*esclin , Duv. cité, p. 16. Voy. note 3, p. "75.

Dans mon enfance , il y a vingt-cinq ans , j'ai encore entendu désigner sous le lom de clercs on de magisters, les instituteurs de l'arrondissemant de Lille; il tn était de même dans celui de Cambrai.

Le nom dHnstUuteurs fut donné , pour la première fois , aux maîtres d'école , •ar le décret du 12 décembre 1702.

tioDs qu'ils remplissaient à Téglise, dépendaient primitivement de Tautorité ecclésiastique seule : qui prius àb episcopo loei de vita , moribus et scientia examinatue et approbatus non fuerit , dit le concile de Trente , dans sa cinquième session (1).

En 1320, l'écolâtre de Sainte-Gudule, de Bruxelles, ayant eu des difGcultés avec les habitants de cette ville « sur le droit des écoles d'icelle , » le duc de Brabant ordonna que nul ne pourrait tenir école sans Tinstitution de l'écolâtre (2). Les luttes religieuses du XVP siècle devaient modiGer cette règle; les évoques et le souverain , réunissant leurs efforts contre la Réforme , ce dernier ne pouvait manquer de s'occuper des maîtres en même temps que des écoles. L'ordonnance de 1550, rappelée par Philippe II, en 1570, ordonne que les maîtres §pient a approuvez de l'officier principal du lieu et du curé de l'église parochiale. :. . ou des chapitres oa escolâtres qui sur ce , d'ancienneté , ont eu regard et superintendance , âur paine de 12 carolus pour la première fois , ^ semblables carolus pour la seconde fois et d'estre banny du lieu de leur résidence à toujours (3). »

Le principe était posé et on peut dire qu'à la fin du XVIIP siècle, les prescriptions de l'empereur étaient devenues la règle générale dans nos pays (4). »

A Ypres, au commencement du XVIP siècle, la nomination des maîtres était signée par les représentants de l'évoque et da sénat : « quo facto expediuntur litterœ patentes sub nomine

(1) Pièces justificatives , V^ partie , N® 1.

(2) Chronique deJS, de Dynter^ liv. V,*chap. XXVII. Mémoires de rAeadémto' royale de Belgique.

(3) Pièces justificatives , V^ partie , N° 3.

(4) L'ordonnance d'Orléans (31 janvier 1561) s'exprimait ainsi : * Leqadi précepteur sera élu par Tarclievêque ou évoque du lieu, appelés les chanoines de leur église, et le maire, échevins, conseillers ou capitouls de la ville et destituable par ledit archevêque ou évêque par Tavis des dessusdits. »

episeopi , qwu etiam scriba civitatis nomîne senatus Brugensis ,

Ce concours du Magistrat civil et de Tautorité religieuse fut la cause de bien des conflits entre les deux pouvoirs , notamment à Lille, à Douai, à Linselles (2) , etc. , comme le montrent diverses pièces que nous publions.

Quoiqu'il en soit , en 1789 , nul ne pouvait être maître d'école sans Tautorisatioji du Magistrat municipal et Tapprobation de Vautorité ecclésiastique , évéque , écolâtre , doyen de chrétienté , curé, suivant les localités (3).

Le traité passé, en 1734, entre le Magistjratde Lille et le Chapitre de St-Pierre, traité qui terminait un procès engagé depuis plusieurs siècles, est curieux à ce sujet. La formule définitivement adoptée poar la nomination des maîtres d'école était la suivante : « Vue l'approbation de M. l'écolâtre de la Collégiale de St-Pierre , nous permettons au suppliant de tenir école et enseigner la jeunesse. » Si l'écolâtre croyait devoir retirer son approbation, il en donnait

If

'^^ (1) 1628 , pièces justificatives , 2® partie , N» 14.

(2) . Id. , id , N« 16. Le Mémoire du curé de Lin-

ûtt MlleB, écrit en 1*727, est fort curieux : « Il pourra peut-être servir à faire connaitre,

jlBneasde besoing , que les gens de loy, ou baillif, ou lieutenant de baillif, n'ont

I point acquis, comme ils voudroient peut-être le prétendre, le droit d'établir à

W gré de nouveaux maîtres d*ôcole sans la participation ni av3u de leur curé, a

(8) Il en était ainsi dans les diocèses de Beauvais , Langres , Dijon , etc. De *^ à Remiremont. Les écoles primaires avant 4789, dans les Vosges, par M. Mangeonjean, inspecteur primaire.

Cette règle me paraît avoir été générale en France. Ainsi que l'indique Tédit ^1606: « Les régents, précepteurs ou maîtres d'école des petites villes ou ^%[88, seront approuvés par les curés des paroisses ou personnes ecclésias- ^W8 qui ont droit d'y nommer. »

Nombre d'arrêts du Conseil viennent sans cesse rappeler ces prescriptions. ^ I L'an d'eux rendu , le 12 mars 1669 , en faveur de l'évêque d'Autun , fait défense l^ I *ttOfflei«rB de justice de troubler ceux qui auraient l'approbation ecclésiastique.

L'édit de 1695 s'exprime de môme que celui de 1606 , pièces justificatives , »"partie,N0 3L

jf

avis , sans délai , à M. le Mayear, et si de son côté le Magistrat jugeait utile d'enlever sa permission, il en informait de suite M. l'écolâtre (1).

Il en était de même à Douai où le conflit , pendant entre les échevins et Técoiâtre de Saint-Pierre depuis 1452. ne fut réglé qu en 1760 par le Parlement de Flandres. Les maîtres et maitresses d'école devaient être admis par Técolâtre sur la proposition des échevins qui seuls toutefois pouvaient les destituer.

ck>ndiUon8 Les postulauts étaient toujours l'objet d'un examen des plus woaDdiuti. attentif : a atque solerter prospiciant ut pœdagogi «A magistri sint idonei ac probi , qui catholim et honesta , non autem suspecta aut obscœna juvenibus prœlegant (Cambrai, 1550] (2). »

L'archevêque de Cambrai propose, en 1564) au Magistrat de Valenciennes : « que personne ne soit admis à tenir escolle qfQ'il n'y ait bon et soufOsant tesmoignaige de sa bonne cunduicte, et surtout qu'il soit catholique et nullement suspect d'hérésie ou aulcune nouvelleté (3). » Messieurs de la justice interdisent en conséquence : « à ung chascun, tant hommes que femmes, de non tenir escolle en ceste ville, soit de filz ou filles, sans nouvelle advertence , gré , ou consentement par escript de l'escolastre de Sainct-Jehan. » Les contrevenants étaient « suspectz d'hérésie et pour telz corrigez (4). »

A son tour, le synode d'Ypres (1609), s'exprime ainsi : a/ù prœficiantur ludi magistri integris moribus , fide et vitœ probitate

conspicui Qui tamen , antequam ludutn aperiant , sistent

se nobis y admittendi demum^ si litteris testimonialibus et vitœ

(1) Pièces justificatives, 2'* partie , N** 17.

(2) Id. , lf« partie, N» 4.

(3) Id. , 2^ partie, N<^ 4. Cette prescription est faite au moment des troubles religieux dans cette ville.

(4) Pièces justificatives , 2^ partie, N® 5.

frobitate eommendati , fidei professionem , et eonsuetum juramentum frœêtiterint [i). x> Il fallait autant que possible qu'ils fussent d'un âge mûr, non

mi matura œtate viri prœficiantur , si possint ^habtri ( Cambrai ) ,

Les seules personnes remplissant les conditions que nous Tni\éa

1 , • . • . 1 .des maîtres

venons de rappeler pouvaient traiter avec les communes ou les avec fondateurs (3). La plupart du temps un contrat était passé entre î^ J"T!!^. ces derniers ou les échevins et le curé représentant la paroisse. Il les seigneurs, arrivait mêmefréc[uemment que le choix du clerc-maître d'école ^^' était fait solennellement dans une assemblée composée du curé , du maire, des conseillers et des notables les plus imposés auxquels Tenaient se joindre les principaux paroissiens (4.). Le traité portait sur la durée de l'engagement , les charges imposées au maître relativement aux élèves, l'entretien de lamaison d'école, au service de l'église , et enfin sur le traitement , comme instituteur, chantre-sacristain et souvent sonneur (5). Il semble que ces baux ne se renouvelaient que tacitement ; une

fois le maître accepté il était on ne peut plus rare qu'il fût changé;

fréquemment même la charge se perpétuait dans une même

famille (6).

Souvent aussi la nomination était faite par le seigneur; il en-

était ainsi à Coutiches , au XVIIP siècle (7).

(1) Pièces justificatives, ir» partie, N» 21.

(2) Id. , id. , W 20.

(8) Cette règle me paraît avoir été générale en France.

(4) Pièces justificatives , 2« partie, N^s 21, 22, etc.

(5) Id. , id. , N^ 22 et les diverses communes.

(6) Voy^z Cauchy et Saint-rHilaire (Cambrai) , Sin- le- Noble (Douai) , Berthen et Goddewaersvelde (Hazebrouck) , Merckeghem (Dunkerque), etc. Dans cette dernière commune , une famille qui a fourni de nombreux maîtres d'école porte encore le nom de : les contres»

(T) Pièces justificatives , 2® partie , W^ 18 et 19.

ck>nooars q^qs qucIques localités , on n'obtenait la direction d'une école kdirecuon qu'après un,exanien. Non-seulement les notable^ s'assemblaient et deS>!iri^urg. discutaient avecle curé les litres des candidats , mais encore ils leur faisaient faire un certain nombre de compositions. Il en fat ainsi à Bourbourg, en 1764 > et M. l'abbé Dehaisnes a bien tooIu me communiquer le texte de ces compositions qui existent encore aux archives de cette ville. Les concurrents étaient au nombre de quatorze.

L'examen subi portait à peu près sur l'ensemble des matières exigées aujourd'hui pour le brevet de capacité simple, obligatoire pour tous les instituteurs , congréganistes ou laïques. Ces compositions (1) sont les suivantes : Une dictée d'orthographe, en français, une en flamand; une page d'écriture ( en petit gros , en moyen , en ronde et en fin] ; une addition ; une multiplication et deux problèmes sur la règle de trois et de société (2).

Traitement. Après avoir cxamiué ce que l'on exigeait des candidats, il convient de rechercher quelle situation leur était faite.

Il est assez difficile de la préciser, néanmoins nous voyons les princes et les évêques s'en préoccuper et tracer , dans des ordonnances et dans des mandements , des règles générales.

Le concile de Trente (3) veut qu'on leur assure le revenu d© •quelque bénéfice ou bien, dans les localités pauvres, des appoia-'

(1) Pièces justificatives , 2^ partie, N^ 20. Les concours avaient qaetquéfiisi^ lieu dans les Vosges. Voyez Mangeonjean , ouv. cité.

Cl Bans les provinces du Midi , les candidats devaient aussi passer un exam0l^ connu sous le nom de dispute des écoUs, devant un jury composé des habita&t^ les plus éclairés. En Champagne , Texamen était fait par le curé ou pAr \0^ notables , comme le prouve un avis inséré dans le Journal de Troyes du 22 màt^ 1786. « Journal Officiel du 15 octobre 1876.

(2) Les règlements actuels, pour Texamen du brevet de capacité simple (8 juiU^Ef^ 1866) ne demandent en plus qu'un exercice de style sur un sujet d'histoire.

(3) Pièces justificatives , U* partie, N*» 1.

temeots honnêtes et raisonnables sur là manse de Tévèque ou du chapitre : a nepiahœc^ utilis atque fructuosa proviêio quovii ^$ito colore negligatur. »

En 1580 , Alexandre Farnëse écrit que a lesquels maistres d'escoÛes ou recordeurs seront salairiez de<e que la promptitude des bonnes gens y voudra conférer, ou des autres moyens plus prompts qne les magistrats, justices et officiers auront à rechercher et effectuer en chascun lieu, soit de dons , collectes voluntaires, aumosnes ou par provision , tant qu'autrement y soit ponrveu do partie du bien des églises ou autre affecté à œuvres pieuses , par l'intervention de Tévesque et autres qu'il appartiendra (1). d

Le synode de Tournai (1589) ne veut pas que les coutres s'occupent d'autre chose que de leur école pour gagner leur vie : a ut cuitodes diltgentius pueros doeeant légère et seribere^ ne que ad ftcrum conquirendum nimium sese occupent rebui aliii; quitus in loeis folvitur ipsis nimis exiguum solarium pro institutions juventutis , deinceps aecipiant a singulis pueris et adoleseenttbus très stuferos(2)

(1) Pièces joBtificfttiTes, l** partie, N* 12.

(2) Trois soos.

Pour fixer la valeur de ces soos, il fiindrait eossaître leor rapport avae 4'atitf sa momiaies da même temps,

Da Gange (Gioaaaire, rojez siuferus) dte tm paasaf a ob 90 slufsfi « 1 ê^fUêS ou éca. Fr. Halma ( Dietiooiiaire flamasd-firaiiçals , i»'4*, 1791^ p. SM) t «iUt rezpressioo soÎTante : • ime Ihre , ua ùzne oo os ÛCffin &U fiù(fl êfAê M» iti^ffi Bons. • Un peu plus bami , il a dit qoe itwher as aoo «m $oi,

Stniver oo stQjrer est le terme flamand (dont êtmfsfuê mi , ja fm^m ^ U in" dneticm an latÎB).

Le stairer était mmt mnmww d'argent sm dasa UqM^îé II aat/ait da l'affMH^ Elle ne me semUe pas utwmrpmàié été im« moasaif éé emkvftt,

Tohieaen'Dmty ( TrmUé 4es m ùn n m^ts êtes h^Êr&m, Pm^, k^^, iWf, i, tt , p. 59) , cite diverses awat^^ âe Flaadra 7ala«e dawi tînt^tm , w^ dai»f-#fo^ar , etc. U donne (mima vat, , pL tXXXiïî) , la gy»9wsa 4^ €m fMmmïm n^ms Ma N^ 3, 6 et 7, DeŒX sont des moonaiéa d'ar^ij^atti, fa imM^mé , 44 UtUm

La Talenr dm jft ws ur oa saa iattMgd a taaaowi^ "ftM.

in singutos mêmes; sicubi tamen amplius solvitur^ non iniendimti salarium minuere (1).

Le synode de Saint-Omer (1640] demande que les maîtres soiei largement rémunérés de leur labeur, a de stipendia necessario Im magistris provideatur^abunde , domus apta ( quam prope templm parochiale esse convenit) sarta tecta conservetur (2).

Ce ne sont là , on le voit , que des indications générales. L traitement variait suivant les localités, il n'y avait ni maximui ni minimum. Chaque administration communale, chaque fonda teur faisait ses conditions au maître choisi (3). Toutefois , la règ] générale parait être celle-ci : un traitement composé de deux partie distinctes , Tune fixe , à la charge d'instruire les enfants indigen de la paroisse , qui est , la plupart du temps , payée par la TabUd^ Pauvres ^ la Pauvreté, {le Bureau de Bienfaisance ) (4) ; l'autre variable , qui est fournie par les parents des autres élèves (5 Ceux-ci payaient 3 ou 4 patars (6) par mois pour chaque enfai apprenant à lire et plus pour ceux auxquels on enseignait à lii et à écrire (7).

A cette somme venait souvent s'ajouter un patar, ou plus o moins, pour les frais de chauffage de l'école, à moins que le écoliers n'apportassent eux-mêmes quelques bûches, ce qui leui fut défendu à Raismes , en 1781, a vu que cela cause du préjudice

(1) Pièces justificatives , l""® partie, N*^ H.

(2) Id., id. . NO 25.

(3) Voyez les diverses communes , passim.

(4) Ce que nous appelons aujourd'hui le traitement éventuel de Vinstitiiteiu payé par la commune pour les enfants pauvres.

(5) La rétribution scolaire.

(6) Le patar valait f. 0617.

p) 5 patars les écrivants , 4 les autres : Escarmain , 1111 ; 4 les premiers les seconds : Gousolre, 1653 et Seclin, 1695 ; 5 sols les écrivants et 4 sols le plus petits : Avesnes , 1580 , etc.

en brisant les haies ou prenant le bois d'autrui (1). » Quelquefois même on fournissait le mobilier, ainsi qu'on le fit à Avesnes , en 1689 (2).

Dans certaines communes , les maîtres jouissaient , en outre , de petits avantages tels qu'une paire de souliers, donnée à Pâques , comme à Cousolre (3).

n arrivait quelquefois que la partie du traitement due par la Pmvreté , pour les enfants indigents était payée en blé (4)-

Les maîtres d'école exerçant en même temps les fonctions de cfercs ou de coustres recevaient de ce chef un aut^c traitement que l'on prend généralement soin de distinguer dans les contrats. En cette qualité , ils devaient aider le curé , servir la messe , assister au catéchisme , sonner l* Angélus et les offices, remonter l'horloge delà paroisse (5) , etc. Chacun de ces services avait sa rétribution spéciale.

Les maîtres étaient en outre logés (6), et dans certaines localités ils exploitaient des terres dépendant de l'école. Un grand nombre

(1) Voyez cette commune (Valenciennes]; à Gogniet-en-CbauMée (AvoiUff), lot élèves devaient apporter, chaque semaine, une briquette de chtrboD àê bouille de 1 décimètre cube.

(2) Voyez Avesnes.

(3) Voyez cette commune ( Avesnes;).

(4j Voyez Boùcbain ( Valenôennes) , Féebata ( Doiui ), D$n» eetie dêrnïkrt^ commune, le clerc recevait , en 1*769 : • Pour avoir enseigné tes psuvres ^nf»m, '\ depuis un an, cinq cocqtes de blé et deux pintes, • représentent i^W§ 1 fMuê environ.

(5) V. Passim et pièces justificatives, ^ p«rti«, N^ tï , n, ^lU, A HonAifffimm (Dunkerque), le dere devait scmaer la eloebe ave^ Le bellU « m Umy*^ 4^ l/mM^ê et d'orage, • au risque d être fonàrcjé. Il en était d« wNm k Bomipfim fAvmftm) Cet usageezisfe encore dans qnriq««s toBumn^ «i »9«s ne imnrUméi ifOp héêUfr pour qu'il scMtrigoareuseaent interdit. Il d^rveii a««*j « Mêy^ Vé(^Um nik^Ut toBBajvar ,naefi»spar rrn i iiBf , etMer Wara%p^ g »ii < n » 4»<»»t^<iM «

(6) L'art. 77 de la loi de 1^9, mmn% t mHi iëU mf U U§mm^^ U m^U^ de classe et un traiienu&U

d'établissements scolaires du Tournaisis et du district d'Ypres possèdent encore leurs anciennes propriétés et les instituteurs ont ainsi toute facilité pour enseigner pratiquement Tagriculture (l)^

Toutes les dépenses d'instruction étaient donc à la charge des habitants et , sous ce rapport , la législation moderne a maintenu le principe (2).

Voici d'ailleurs quelle était la composition du traitement d'un clerc, dans la commune de Saint-Georges (Dunkerque) , en 1779 :

L'école avait environ 30 écoliers des deux sexes et le maître recevait 130 livres de France de la paroisse , 4 livres 10 sols de la. Pauvreté et 18 livres de l'église; chaque enfant écrivant payait 7 sols 1/2 et les autres 5 sols. Ce qui faisait une somme de plus de 300 livres (3). C'est là , à peu près la moyenne de ce que tour chait annuellement un maître d'école rurale au XVIIP siècle, sans compter la jouissance du logement.

s«nnont« Le coucile de Trente prescrivit que , chaque année , les maîtres prêtassent un serment pour attester leur obéissance au Saint- Siège et leur renoncement aux hérésies.

Ce serment se prétait en touchant la croix ou les saints évangiles, il était ainsi conçu : a Je N... jure par le Dieu tout-puissant, et sur la damnation de mon âme , que je crois tout ce que croiy

(1) Dans la Flandre française , plusieurs écoles étaient restées en possession de leurs terres , jusqu'au jour où la loi de 1883 assura un traitement fixe aux instituteurs publics.

(2) On sait qu'aux termes de Tart. 40 de la loi de 1850, le département et l'âtat ne viennent en aide aux municipalités qu'à défaut de ressources communales et après le vote de 4 centimes spéciaux.

(8) 296 fr. 29 c. Cette somme équivaut bien à 900 francs de nos jours, chiffire auquel s'élève le traitement minimum de nos instituteurs , aux termes de la loi du 19 juillet 18*75.

Le traitement moyen des instituteurs laïques , avant l'application de cette dernière loi , était , dans le Nord , en 1875 , ^9 1,180 fr. ; dans le Pas-de-Calais , de 800 fr. ; dans l'Aisne, de 739 fr. ; dansla Somme, de 707 fr.

rÉglise catholique , apostolique et romaine ; et que je tiens la doctrine qu'elle a tenu et tient souz l'obéissance de N. S. Père le Pape, détestant toutes doctrines contraires à icelles, si comme des luthériens , des calvinistes , des aaabaptistes et de tous autres hérétiques et sectaires : Et qu'en tant qu*en moy sera , je m'opposeray et contrarieray à icelles; ainsi m'aide Dieu et tous les saincts (1) ! »

Ce serment était la première formalité que dut remplir quiconque voulait tenir, une école et la plupart des évéques prennent soin de le rappeler.

En 1589, (2] , nous voyons les maîtres et maîtresses d'école de Lille mandés devant les échevins « en pleine halle pour faire et prester le serment requis par le sinode et lettres de placcarl de Sa Majesté sur ce depuis ensuivies (3). »

Mgr. de Wavrans , évêque d'Ypres , le prescrivait encore dans son diocèse , en 1768, se plaignant qu'on eût à cet égard négligé les prescriptions synodales. (4).

De nombreux synodes interdisaient aux maîtres d'école la danse B^fenses fûtes

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et la fréquentation des cabarets , sous peine d'interdiction de leur maitres décoie. charge (5). Celui de Boulogne (1744) , s'exprime ainsi : « Il leur est défendu, sous peine de révocation, de boire ou de manger dans les cabarets du lieu de leur résidence, à plus forte raison de tenir

(1) Pièces justificatives, l"^® partie, N° 16.

(2) Archives municipales de LiUe, registre aux Mémoires, du 22 mars 1589. Document cité par M. Houdoy , ouv. cité, p. 35. L'auteur calcule qu'il y avait alors vax. maître pour mille habitants.

(3) Sans doute le concile de Cambrai (1565] et Torionnance royale de 1570. Pièeee justificatives, 4 ^ partie, N^* 6 et 8.

(4) Pièces justificatives, V^ partie, N*> 3'7

(5) AHondeghem (arr. d'Hazebrouck) , la nomination du clerc, en 1777, porte : », Il n'est pas permis au clerc ni au sous- clerc . d'aller au cabaret pour les baptêmes , où l'on ne voit rien que d'inconvenant et da scandaleux. '> Voyez cette commune.

eux-mêmes cabaret , de vendre de l'eau-de-vie on antres liqnenrs ^ de fréquenter de mauvaises compagnies, d'aller anx veilles on sériée, aux danses et antres divertissements publics, de faire aucun trafic messéant à leur état (1). »

Dans certaines localités, il leur était même interdit de s'occuper des affaires de la commune et d'accepter aucune charge de collecteur ou de receveur (2). »

Telles étaient en général les garanties d'honorabilité exigées des anciens maîtres, garanties que nos lois et nos règlements scolaires leur demandent toujours de présenter.

Dans de pareilles conditions , la profession de maître de l'enfance ne pouvait manquer d'être honorée de tous; aussi voit-on nos pères entourer le clerc de tout le respect possible et lui accorder souvent même les honneurs de la sépulture dans J'église paroissiale (3).

On savait aut/efois, dans nos pays, apprécier comme aujourd'hui le dévouement de ceux qui prenaient le soin de former l'âme et l'intelligence de la jeunesse. C'est une habitude que nous aurons garde de jamais perdre. Là, en effet, où l'instituteur est le plus digne et le plus honoré , on peut affirmer que la population sera meilleure.

Âssodattos II ressort d'anciens documents que les maîtres formaient entre eux des associations dont un des principaux patrons était Saint- Grégoire , surnommé le maître des sciences.

(1) Pièces justificatives , l*"^ partie, N^ 86. Il en était ainsi dans les gonvernances d'Ypres et du Tournaisis , dès 1698. u II est rigoureusement d^énda à tout maître d'école do faire négoce , d'exercer métier, autre que ragricultnre et rhorticuUure comme ci-devant. » Mordacq, ouv. cit., p. 80. L'article 82 de la loi de 1850 interdit aux instituteurs toute profession commerciale ou industrielle , et le règlement scolaire du département du Nord, art. 8, est ainsi conçu : « On ne le verra jamais dans les cabarets, dans les cafés, dans aucun lieu , dans aucune société qui ne conviendrait point à la gpravité et à la dignité de ses fonctioBS. »

(2) Contrat du clerc d'Escarmain , pièces justificatives , 2^ partie, N^ 21. (8) Voyez Bambecque et Killem (arr. de Dunkerque).

de lattres d'éooles.

Dans ces associations que continuent de nos jours les sociétés de secours mutuels entre instituteurs, chaque membre payait une cotisation qui contribuait à former une caisse de secours ou de prévoyance destinée à venir en aide aux membres qui se trouvaient dans une gêne temporaire ou continue. Dans quelques localités, cette cotisation était a d'une livre petit paresys, d douze sols et demi (62 centimes et demi). Les comptes de ces associations étaient vérifiés, tous les ans, par Técolâtre de la province ou Tarchiprêtre du district (1).

D'après Meyer et Schryvelius , le corps enseignant semble être le premier qui se constitua en corporation.

Les kosterlyken-eendragh (union des contres) paraissent antérieures à Charles-Quint qui , en 1553 , après la destruction de Thérouanne accorda quelques privilèges aux maîtres de l'enfance. La chronique de Flandre rapporte que cet empereur o qui venait de visiter les ruines de Thérouanne , chevauchant vers le camp de Bailleul , trouva sur sa route , à Rubrouck , un maître d'école qui lui demanda des privilèges pour sa corporation ; quelques jours après l'empereur envoya un placet, ou charte, octroyant les privilèges sollicités (2). »

Les maîtres se réunissaient , pour conférer, quatre fois par an : conférences. le 12 mars, fête de Saint-Grégoire , le maître des sciences ; — le 25 mai , jour de Saint-Yves , patron des écrivains et des littérateurs ; — le 28 août , fête de Saint-Augustin , la lumière de

(1) Chronique de Meyer. M. Lebon , dans son Histoire de l* enseignement populaire en Belgique ^ p. 1*72, constate qu'au XV® siècle , les maîtres d'école (en flamand schoolmysters) formaient entre eux des corporations ou gildes , et étaient rangés dans la classe des artisans [amhachtslieden). L'auteur parle plus loin , p. 286, du règlement donné à la confrérie des maîtres de Bruxelles , en 1598. Ils étaient tenus d'assister tous les ans à la messe de Saint- Grégoire et à l'ofâcQ qui était célébré le lendemain pour les instituteurs trépassés.

(2) Mordacq , ouvrage cité.

l'Église; — et le l*' octobre, jour de Saint-Remy, précepteur de Clovis. Les coaférences réunissaient tout au plus huit à dix maîtres qui n'avaient que 4 à 6 kilomètres à faire, a Ainsi , dit Mordacq, pour ne citer qu'un exemple: Bambccque, West-Cappei, Quaëdypre, Wylder, Esquelbecq, Wormhoudt et Herzeele, qui appartiennent aujourd'hui à trois cantons différents , formaient une conférence où chacun pouvait se rendre sans grande fatigue ni dépenses (1). ^

Les conférences cantonales, présidées par l'inspecteur primaire, et qui donnent de si heureux résultats ne sont point encore organisées partout, tant s'en faut. Comme celles de nos anciens maîtres elles ont pour but de développer l'émulation entre les instituteurs, d'établir entre eux des liens de bonne confraternité et de répandre les meilleurs procédés pédagogiques.

M. l'abbé Cortyl, curé de Wylder, qui a étudié avec tant de soin les anciens chroniqueurs flamands , croit pouvoir affirmer que les conférences existaient dès 155t (2).

Cet exposé de la situation des anciens maîtres ne serait pas complet si nous ne disions un mot de leur costume.

Un vieux règlement décrit ainsi celui qu'ils portaient dans la Flandre-Flamingante. « Les maîtres d'école porteront culotte courte de couleur noire , bas noirs, souliers à boucle , frac noir ou casaque noire à longue queue pendante , cheveux longs et pour couvre-chef le hiek-hoed [ bicorne ) orné d*un galon d'argent de haut en bas. » Une ordonnance de 1706, ajoute : « Pendant tout le temps des classes , les maîtres resteront coiffés de leur couvrechef, ou le déposeront en face d'eux, sur leur tribune, à la vue du public, comme insigne de leur autorité souveraine {oppergezaçi '3..

(l) iit3>rdacq^ cuv. cité.

(î{^ ld«:- p. 11-

(a . H«=:. ?- 13. M. Ithbo Cortyl * vu . il y • soixftnte ans , d'anciens

tfliftr«* wr-As: «oMre ce costume.

Il me semble probable que le costume variait suivant la région et dépendait même de la volonté du fondateur de Técole, ainsi à ^ Escarmain (diocèse de Cambrai] , le clerc devait porter a un habit broQ à petit collet (1). »

Je ne terminerai pas ce chapitre sans rappeler que la pensée de Première idée

* '' i * ^ * jJq recrutement

former des maîtres n'est pas aussi nouvelle qu'on le pense. Je puis du i en citer deux preuves : e^^l.

En 1593, Bauduin de Montmorency fait don à la ville de. Douai (2), d'une somme de 700 florins , dont le revenu servira à une fille orpheline pendant la durée de ses études pour se préparer à renseignement.

Plus récemment (1753), une dame Guillard, marchande de Noviciats draps à Dunkerque , lègue 8,000 livres tournois à la commune de maîtres Wast (canton de Desvres, Pas-dç-Calais), pour y fonder une école, . ^

de manresses*

OU l'on devra former de bons maîtres. Elle ajoutait qu'il serait à désirer que les évéques et autres supérieurs fissent que le Wast devint « comme le noviciat des bons maîtres d'école dont les pauvres garçons ont tant besoin (3). »

(1) Pièces justificatives, 2® partie, N** 21 . En Touraine , le maître d'école portait on petit manteau noir sur les épaules et un petit rabat blanc sous le menton (Alexis Monteil), t. IV, p. 368, ch. "78, Le Banni d* Angers, Le costume des frères des écoles chrétiennes est à peu près semblable.

liéOe de Montpensier dit', en IQId , en parlant d'un prince allemand qui était vêtu de noir, sans épée : v II était habillé comme un maître d'école de village. » Mémoires, t. IV, p. 341.

(2) Voy. cette /ille.

(3) Le legs fut accepté, le 22 avril HT), par les administrateurs de la pro- Tince du Boulonnais (Société des antiquaires de la Morinie , tome IX , 2® partie , page 28).

Un prêtre de Paris , l'ablié Chenevières , avait adressé au roi Louis XIV , un mémoire sur la nécessité d'établir dans chaque diocèse : u Un séminaire de maîtres et un de maîtresses d'école. » Bibliothèque nationale , manuscrit français , 2356 , folio.28.

Le vœu de cette femme intelligente fut exaucé, quelques années plus tard , du moins en ce qui concerne les maîtresses d'école du diocèse de Boulogne, J.-B.-O.P. deMéric de Montgazin, grandvicaire de Boulogne , député du Clergé à l'Assemblée nationale , ajoutait, en 1789 , ce codicille à son testament : « ^ïant dés vues particulières, que j'ai communiquées à Mgr. l'évêque , pour faire de l'établissement, où sont les sœurs de charité au Wast, un

noviciat de maîtresses d'école pour tout le diocèze je donne et

lègue une somme de douze mil livres (1). d

(1) Société des ax^ti^aires de la Morinie , tome IX, 2^'partie, page 28 et 9^^*

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