SITUATION DB L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EN
Bnqudte de l'an IX. — Circulaire de Ghaptal. — Cahiers des États- Généuaux ; Clergé de Lille , de Douai ; Tiers État de Douai , de la Flandre maritime ; Noblesse de la Flandre maritime, du Bailliage de Bailleul. — Conseil général du Nord, en Tan XI. — Statistique de M. Dieudonné. — Nombre de conjoints et de conjointes ayant signé leur acte de mariage , de 1750 à 1790. — Comparaison desannées 1789 , 1855 , 1866 , 1872 et 1878.
n nous reste à examiner maintenant quels furent , dans le Nord , les résultats de renseignement élémentaire , avant 1789.
Il faut avoir essayé Toeuvre, bien modeste, à laquelle j'ai consacré quatre années, pour se rendre un compte exact des difficultés sans nombre que rencontrent les recherches de ce genre. Elles proviennent d'abord , et on le comprendra sans peine, du petit nombre même de documents parvenus jusqu'à nos jours. Ce n'est donc qu'à force de patience qu'on arrive à rassembler les pièces nécessaires pour former, aussi sûrement que possible, son opinion.
L'État n'ayant pas comme aujourd'hui la direction et la surveil* lance de l'enseignement, le devoir scolaire, si l'on peut s'exprimer ainsi, était une charge de la commune, comme celle de secourir les pauvres. C'est alors aux Archives municipales , paroissiales et hospitalières qu'il faut demander l'indication d'une école ou le nom d'un maître. Souvent même, les simples particuliers consignaient, sans bruit, leurs généreuses donations dans un acte notarié.
le ran IX.
Il m'eut, dès-lors, été impossible d'entreprendre an pareil travail , si je n'avais pu compter sur le concours dévoué et éclairé de MM. les Inspecteurs primaires, en même temps que sur le zèle des Instituteurs. Les uns et les autres ne m'ont pas fait défaut, je tiens à leur exprimer ici toute ma reconnaissance (1).
Bnquéta^ Un documeut précieux pouvait jeter une vive lumière sur la question, du moins en ce qui concerne les derniers jours de l'ancienne France et permettre de dresser la statistique scolaire avant la Révolution ; mais, là encore, le temps, r0fnptMed(iâ?,parail avoir tout dévoré. Je veux parler des rapports que les Conseils d'arrondissement durent adresser, en l'an IX, aux Préfets, en réponse aux questions posées par la circulaire de Chaptal , Ministre de l'Intérieur, en date du 25 ventôse.
Cette circulaire est fort peu connue et nous croyons intéressant de la reproduire ; elle forme une des pages de l'histoire de la statistique de Tinstruction publique :
Paris, le 25 vefa&se an IX.
Le Ministre de rintériear aux Préfets (2) ,
Une école centrale par département ne suffît pas à Tinstruction publique Depuis dix ans on réclame , de toutes parts , le rétablissement de ces collège florissans , où une jeunesse nombreuse trouvait une instruction facile et suffisante
C'est au moment où la paix continentale appelle l'attention du Grouyememei sur tous les genres d'améliorations dont nos institutions sont susceptibles , qu'i
(1) C'est aussi on devoir pour moi de remercier publiquement notre savai archiviste, M. Tabbé Dehaisnes ; M. Leuridan, bibliothécaire de la ville de Roi baix; M. Tabbé Cortyl, curé de Wilder; M. Gaffiaux, ancien archiviste c Valenciennes \ M. Lépreux , bibliothécaire de Douai ; M. Dotte , ancien archivisi des Hospices de Lille , et tant d'autres de nos compatriotes , qui m*ont aidé dai mes recherches et encouragé dans un labeur souvent considérable.
(2) On sait qu'à cette époque, l'instruction publique était placée sous la direc tion du Ministère de l'Intérieur. Un seul bureau , dépendant de la 4^ divisioi suffisait alors au service.
doit porta* 866 regards sur la première et la plus paissante de toutes, l'iastruction publique.
Mais, pour ne plus rien donnera la théorie trompeuse des illusions, et assurer à la jeunesse firançaise une instruction convenable , et pourtant appropriée aux mojens, aux besoins, aux convenances, aux localités, je vous invite à me fournir une réponse , prompte et exacte , aux questions suivantes :
Vous profiterez de la session actuelle des Conseils d'arrondissement, pour obtenir les renseignements dont j'ai besoin.
l** Quel était le nombre des établissements d'instruction publique dans Tarrondissement , avant la Révolution ?
^^ Quel était le nombre des maîtlres et des élèves pour chacun ?
8° Quel était le genre d'instruction qu'on y donnait ?
^^ Quelles étaient les ressources ou les revenus de chaque établissement ?
5° Existe* t-il encore, de disponibles ou de non aliénés, des bâtiments autrefois consacrés à l'instruction publique, et quel est leur état?
6® £ziste-t-il encore des revenus affectés à ces établissements?
7® Les anciens professeurs ou maîtres de l'enseignement vivent-ils encore , et quel est leur état actuel ?
8^ Quelle est l'opinion du Conseil d'arrondissement sur les avantages de ces maisons d'éducation ?
9® Quelles ressources offire-t-il pour en fiaiciliter le rétablissement ? Aussitôt que chaque Conseil d'arrondissement vous aura fait connaître son opinion, vous me la transmettrez, dans le plus bref délai, avec votre avis motivé.
Je vous salue (1).