PAU DR TE
encore une fois destiné à être déçu. Le parlement passa en silence sur la question et, en 1595, en se rendant compte des fautes du pays, l’Assemblée avait à signaler, non seulement le mauvais état, mais le déclin même des écoles et de l'éducation « surtout à la campagne par manque de nourriture (4). »
Tel fut l’'aveu pitoyable qu'avait à faire l’Église après quarante-cinq ans de lutte, aveu de défaite, defaite pourtant dont elle-même n'avait aucune raison d’avoir honte. Elle avait été fidèle à son idéal; elle s'était dévouée elle-même; mais l’indifférence de la classe gouvernante, ne secondant les efforts de l’Église que là où les intérêts personnels ne couraient aucun risque, avait empêché tout progrès sensible.
L'année suivante vit la coërcition exercée sur l’Assemblée par le roi Jacques VI qui maintenant s’acheminait vers son idéal ecclésiastique — la suppression du presbytérianisme et l'établissement de l’épiscopat protestant. Dans les quelques réunions que l’Assemblée tint après 1595, elle se vit forcée de lutter pour sa propre existence et de concentrer toute son attention sur cette question vitale. Puis survinrent sa défaite et l’établissement du système épiscopal. A partir de cette date et jusqu’au rétablissement du presbytérianisme en 1638, nous n'avons plus à compter avec l’Assemblée comme influence dans le pays. Cependant, la cause de l’éducation n’était pas oubliée. La lutte persistante que l’Église avait soutenue pour la défense de l’école pendant tant d'années finit par porter ses fruits dans la législation.
Tandis que l’Église ne réussissait que lentement à inspirer au parlement un intérêt pratique pour cette
(1) Row, p. 206, 207.
dde
question des pauvres, l'esprit que montrait le clergé dans ces réunions nationales se faisait sentir ça et là au cœur des comités municipaux et locaux qui possédaient des droits de juridiction sur la situation des écoles. Ce que le gouvernement central se refusait à faire faire, l’Administration locale, plus près des faits, commençait à l’accomplir. C’est ainsi que le Conseil d’Aberdeen en 4579, trouvant nécessaire d'augmenter les frais à payer par chaque élève de la Grammar School, exempta de cette augmentation les enfants des pauvres (1). Le Conseil d’'Édimbourg, pour mettre l'éducation élémentaire à la portée de tous, n’invita pas les pauvres à fréquenter les classes de l’école de grammaire, mais élargit l’action de l’ancienne école de chant, en ordonnant aux maîtres de cette école d'enseigner non seulement la musique, mais aussi la lecture et l'écriture et de recevoir gratuitement tous les pauvres qui voudraient y aller, la ville s’engageant à lui payer un traitement annuel fixe (7 avril 1585) (2). En 1595, le consistoire d’Anstruther Wester, vraisemblablement touché par les déclarations de l’Assemblée à la veille de sa disparition temporaire, ordonna que toute la jeunesse de cette ville aille à l’école. Les frais d'éducation des enfants pauvres devaient être supportés par la communauté des citoyens. Cependant le moyen de réaliser cette apparente subvention ne semble pas montrer beaucoup de progrès. Il consistait, en effet, en la permission de mendier librement à certaines heures. « La manière de trouver cette aide, sera ceci : On leur accordera trois heures chaque jour pour aller chercher leur nourriture à travers la ville (3). » Une expérience de ce procédé pendant cinq
(1) Granr, Burgh Sch., p. 493.
(2) B. Rec. Edin., IV, 407.
(3) EnGar, Church life, p. 108; MeCrr, Life of Melville, p. 472.
Le. A
années, amena le Conseil des Anciens à de meilleures idées, eten 1600, en ordonnant de nouveau que tous aillent à l’école, ils résolurent de payer eux-mêmes au maître les frais des pauvres, suivant leur mérite et la bonne ou mauvaise volonté que l’instituteur mettrait à leur insitruction. « Tous ceux (des pauvres) qui ont de l'esprit et pour lesquels le maître aura pris de la peine donneront 5 schellings par trimestre, payés par le Conseil des Anciens. » Le maître devait faire un triage et, après un examen par le Consistoire, il serait récompensé « selon ses peines et le profit que ses élèves en auraient tiré. » Quant à ceux chez qui on ne découvrait aucune aptitude pour apprendre, on ne leur enseignerait que le Pater, les commandements, le Credo et le catéchisme pour qu’ils puissent prendre part d’une façon intelligente (plus ou moins) aux offices de l’église. Pour ce travail aussi, le maître serait récompensé par l’Église (1). La ville de Stirling a dû avoir quelque système pareil, car en 1602 elle ordonna également à tous les enfants ayant 8 ans révolus d'aller à la Grammar School (2). En d’autres régions (comme à Aberdeen en 1616), l'initiative privée venait en aide à l’école et parmi les dotations qui se faisaient quelquefois au profit de l'instruction, on en trouve qui avaient pour but de permettre aux enfants pauvres de fréquenter les écoles de grammaire sans frais scolaires ni dépenses pour les livres (3).
(1) Lee, Lectures on Church History, Il, 433. (2) Huromsow, H. Sch. of Slirling, p. 38.
(3) Kennepy, Annals of Aberdeen, II, 130.
[Sa]
PT