LES PREMIERS RÉSULTATS
L'Église essaie de réaliser chaque article de son projet séparément : 1° la recherche des moyens de pourvoir aux besoins des pauvres; démarches auprès du gouvernement; efforts des synodes locaux et des conseils presbytéraux; 2° la nomination et la surveillance des maîtres ; les conseils municipaux s'accordent en général avec les conseils presbytéraux; suppression des maîtres non agréés par l'Église; contrôle de l'enseignement privé et des précepteurs accompagnant les enfants à l'étranger (loi de 1609); loi scolaire de 1616 : enseignement de l'anglais dans les hautes-terres, établissement d’écoles paroissiales sous le contrôle des paroissiens et des évêques.
Instruction de 1560 à 1616 : Écoles élémentaires : instruction religieuse, lecture, écriture, arithmétique, français. — Écoles paroissiales : combinaison d'instruction élémentaire et secondaire. — Témoignage de Melville. — Écoles de grammaire : études classiques. — Introduction du grec. — Éducation de Jacques VI d'Écosse, — Idées pédagogiques du grammairien Hume.
Avant d'entreprendre sa lourde tâche de soutenir et de diriger l’éducation, l'Église devait se rendre compte de la facon dont elle allait exercer son influence et mesurer les obstacles qui avaient surgi à cause du changement de la situation ecclésiastique.
Tout d’abord, elle croyait aux droits de tous de goùter les bienfaits de l’enseignement. Il fallait, par conséquent, prendre des mesures pour faciliter aux pauvres l'entrée des écoles. L'ancienne Église avait pu, en raison de ses revenus, librement payer les frais de l’éduca-
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tion des pauvres qui la méritaient; et elle se dédommageait en partie de cette dépense en réclamant pour elle-même les services comme fils de l’Église de ceux qui en avaient bénéficié. La nouvelle Église n'avait plus ces ressources (1) et envisageait l'éducation autant en vue de la vie laïque que de la vie ecclésiastique. Comme l’ensemble :du projet de réforme avait rencontré un insuccès complet, elle décida de concentrer ses efforts sur les différentes sections séparément. Et la question des ressources pour suppléer aux besoins des pauvres occupa le premier rang.
Exerçant une surveillance énergique sur toutes les écoles et se fiant tout d’abord au simple dévouement de ses pasteurs et de ses maîtres d’écoles, l’Église commença par fonder sur ses propres ressources, si limitées qu’elles fussent, des bourses d'encouragement. Mais c'était une goutte d’eau quand il fallait une rivière. Dès 1562, l’Assemblée générale, dans ses réunions, demanda à la reine de s'occuper de la question et de tâcher d'accorder des revenus à l’Église pour ce but (2). Pendant les premières années, les pasteurs firent cette demande d’une façon générale n’indiquant aucun moyen spécial de trouver ces ressources. Mais ne rencontrant que l'indifférence, ils se mirent bientôt à préciser leur demande et à réclamer vivement les revenus que quelques années auparavant ils s'étaient vus forcés de laisser entre les mains de l’ancien clergé. Le 25 juin 1565, ils réussirent à faire parvenir à la reine, par la voie du Parlement, leur désir exprès, qu'ils récla-
(1) Il est vrai que le Conseil Privé les lui accorda entièrement {15 février 1561-62), mais on voit, par la suite, que ce décret ne fut jamais mis à exécution. Reg. Priv. Coun., 1, 201 et 208.
(2) 1562 (1° juillet) Pererin, IL,5; Bk. Univ. Kirk., p. 311;
1568 (25 juin) Row, p. 25; (26 juin) Pererxin, Il, 11; B. U. K., I, 33.
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maient comme un droit, que « tous les biens de mainmorte et les dotations d’autels autrefois appartenant aux frères, aux prêtres et aux moines soient employés pour les écoles et les pauvres (1) ». La réponse de la reine, dont ils prirent connaissance au mois de décembre suivant, n'étant pas satisfaisante, ils renouvelèrent leur demande. Cette fois, accordée en partie, ils l’acceptèrent sans pourtant admettre que cela pourrait porter préjudice aux droits qu’ils se déclaraient avoir à {ous les biens de l’ancienne Église (2). Enfin, ils croyaient remporter un succès quand, le 3 décembre 1567, un acte du Parlement (3) décréta qu'une provision serait faite pour soutenir les pauvres et que les terrains appartenant aux églises collégiales à la campagne seraient voués à la fondation de bourses (4). Les promesses de la reine et les décrets de la loi semblent pourtant avoir été tous aussi vains les uns que les autres car les mêmes doléances continuent jusqu’à la fin du siècle. En 1572, la noblesse abuse du patrimoine de l'Église au grand détriment des écoles (5). Trois années plus tard, la même plainte se renouvelle et, à cause du manque d'argent, les écoles disparaissent et « les maitres ne peuvent pas aller à l'étranger pour perfectionner leur savoir (6)- » La même année 4575, l’Assemblée est saisie de demandes d'assistance pour des écoles, y compris, et même « particulièrement », celles de la ville de Glasgow (7). Les revenus de l’Église étaient encore réduits à cause de
(1) Row, p. 27.
(2) 25 déc. 1566 Row, p. 29.
(3) Le premier parlement après l’abdication de la reine. (4) Act. Part. Scot., I, 37, 38.
(6) Ibid., p. 339.
(7) Row, p. 00.
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l’avarice de beaucoup de propriétaires qui imposaient illégalement ses bénéfices (1) et d’administrateurs qui cherchaient à détourner de leur vrai but les fonds dont ils étaient responsables. L'Église protesta énergiquement contre cet abus, demandant le renvoi de tels administrateurs (2). Sa protestation gut pour résultat la nomination d’une commission parlementaire pour visiter et réformer les Universités et les écoles (25 juillet 1578). Pourtant la situation ne s’améliora point. Deux lois de 1579 se rapportant à l’enseignement ne s’en occupent même pas, et la loi de 1567, décrétant que certaines dotations ecclésiastiques seraient allouées à l’éducation, reste encore presque lettre morte. Entre 1567 et 1600, on peut « compter sur les doigts » les cas où une dotation a été détournée suivant cette loi (3). Dans un sermon, qu'il prêcha à Léith devant le régent et la noblesse en 1571, le pasteur Fergusson parla comme si absolument rien n’avait été fait dans cette direction. Ayant résumé les principes du Livre de Discipline, il caractérisa comme absurde l'attente d’une intervention de la Providence pour fonderetsoutenir des écoles, puisque l’on négligeait honteusement les moyens ordinaires d'y parer. Dans une longue péroraison, le prédicateur adressa des reproches amers aux nobles pour s’être emparés des biens de l’Église (4). En 1581, l'Assemblée précisa l’état de choses en demandant au parlement de rédiger une nouvelle loi pour régler toute la question d’une façon équitable (5). Mais tout espoir qu’on ait pu avoir était
(1) Hist. Kirk (Bannatyne), I, 279.
(2) Row, p. 64; Pererin, Il, 43, 44 (1578).
(3) Comp. GRanr, Burgh Sch., p. 446, note.
(4) MeCrr, Life of Knox, p. 372, note. À propos de Fergusson. comp. aussi Reg. Priv. Coun., II, 288.