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d’ordonner à ceux qui étaient à ce moment à l'étranger de retourner sous peine d’excommunication (3). L'année suivante, ils en vinrent à demander au roi lui-même de condamner à des peines civiles ceux qui continuaient à envoyer leurs enfants dans «des villes papistes, en France ou ailleurs (4). » Mais le roi n’était pas disposé à prêter l’oreille aux exigences de l’Assemblée, et il n’en fut plus question pendant plusieurs années.
Jacques VI continuait à accorder plus ou moins ouvertement ses sympathies au parti catholique, jusqu’à ce que les évènements historiques des années 1592 à 1594 l’eussent forcé à se donner au mouvement protestant. Ce fut d’abord l'assassinat, en 1592, de Moray, «le bon régent », le noble le plus populaire de son temps, par le chef du parti catholique. Sous l'influence de la fureur populaire que souleva cet acte barbare, Jacques signa «la charte de l’Église d'Écosse », loi par laquelle le roi se joignit au Parlement pour ratifier dans les termes les plus clairs, l’établissementdu presbytérianisme réformé et les peines contre l’ancienne religion (1). Mais il fallait que l’opinion publique fût encore plus soulevée avant que Jacques fût convaincu de l’imprudence et du danger de sa politique ambiguë. La panique nécessaire fut produite au commencement de l’année suivante par la découverte d’un complot ayant pour but l’invasion de l'Écosse par l'Espagne et le rétablissement du catholicisme. Toutes les terreurs éveillées par «l’invincible Armada » furent renouvelées; et quelques Écossais ayant défendu, par les armes, certains délégués du Pape, envoyés en Écosse en 1594, le roi se décida enfin à
(3) Row, p. 66; Pererkin, Il, 46.
(4) Row, p. 67.
(1) Act. Part. Scot., II, 541.
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prendre énergiquement le parti de punir les cheîs catholiques qui étaient ainsi en révolte, et d’ôter tout danger du côté du catholicisme en Écosse. C’est l’année suivante (1595) que les pasteurs reviennent à leurs préoccupations à propos des pédagogues. Ils attribuent cet oubli de «la pureté de la religion », qui avait été si menaçant pour la paix du pays, à l'habitude d'envoyer des enfants librement dans les pays catholiques, et ils se plaignent de ce que le roi lui-même n’est pas sans reproche à cet égard, en permettant à ses enfants de fréquenter la société des catholiques (1). En fin de compte, ils répètent leur demande que le roi prenne des mesures pour empêcher les pédagogues suspects d'accompagner des enfants à l'étranger (1601) (2). En réponse à leur requête, le roi déclara, dix-huit mois plus tard, qu’il ne permettrait à son Secrétaire d'accorder un passeport pour quitter l'Écosse à aucun fils de noble ou de gentilhomme ‘à moins qu’il soit accompagné d’un précepteur approuvé par l’Église (3).
Nous avons déjà remarqué le fait qu’à partir de ce moment, l'Assemblée perd pendant presque quarante ans son indépendance d’action; et le roi se crée l’autorité qu’il avait tant cherché à acquérir sur l’Église en lui imposant des archevêques (appelés d’abord commissaires) nommés par le roi lui-même, et lui permettant ainsi d'exercer une pleine direction sur l’organisation de l’Église. Nous n'avons, jusqu’en 1638, plus de rapports de délibérations de l’Assemblée. Cependant, il est probable que, dans les réunions locales des consistoires, la
(1) La jeune princesse Elisabeth avait été confiée à Lady Livingston (Forbes- Leith, Narr. of Scott. Cath., p. 364). Lord Livingston était coté comme catholique, « mais ses amis servent le roi. » Calendar of State Papers, III, 667.
(2) Hist. Kirk (Maitland), IT, 454-457.
(3) Ibid., p. 462.
campagne contre « l’idolâtrie » dans l’instruction continuait. On peut citer un cas à Aberdeen en 1604. Le Consistoire avait des doutes à l’égard des opinions religieuses de deux pédagogues qui avaient accompagné le jeune lord Gordon à l'étranger. Avant comparu devant le Conseil presbytéral, ils furent acquittés avec une admonestation, tous deux ayant exprimé leurs convicions protestantes. La faute relevée contre eux, celle d’avoir assisté à la messe en France, leur fut pardonnée sous le prétexte qu’ils y étaient allés seulement pour avoir une occasion de voir le roi (1).
Sous la réaction contre la Réforme, pourtant, qui se faisait sentir maintenant, le nombre des catholiques s’accroissait et l'éducation à l’étranger restait une question sérieuse. Que l’opinion générale la trouvàt d’une importance non seulement religieuse, mais politique, c’est ce que montrent les termes d’une loi très détaillée que les États adoptèrent le 27 janvier 1609. Ce fut, en somme, la constatation de ce que l’Assemblée avait prévu depuis des années et l’adoption bien tardive des mesures qu’elle avait toujours réclamées.
La loi (2) constate d’abord l'augmentation du nombre de « papistes » en Écosse et l’explique par l'éducation mal surveillée des enfants à l'étranger. Il est donc défendu aux pédagogues d'accompagner des enfants hors de l'Écosse ou aux nobles de les envoyer sans que ces pédagogues aient un certificat de bonne vie et mœurs et d'opinions religieuses délivré par leurs évêques. Des amendes sont détaillées pour chaque infraction au règlement, suivant le rang du coupable, à parür de 5.000 livres écossaises pour un comte. La loi
(1) Presb. Rec. Aberdeen (Spald. CL.), p. 194. (2) Act. Part. Scot., IV, 406,