‹ Histoire de l'enseignement primaire et secondaire en Écosse plus spécialement de 1560 à 1872Chapitre 13 sur 74 · SO · texte numérisé non relu

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ordonne aux nobles qui veulent laisser leurs fils à l'étranger de ne leur permettre de vivre que « dans des endroits où l’on professe la religion ou du moins où celle-là n’est pas restreinte par la cruauté de l’Inquisition. » Naturellement ces enfants ne doivent fréquenter aucun service « idolâtre. » On prévoit enfin le cas de ceux qui voudraient envoyer leurs fils dans d’autres pays, mais qui n’ont pas les moyens de leur donner des pédagogues. Des jeunes gens se trouvant dans ce Cas doivent être envoyés là où « l’on professe la religion »; mais, si après leur départ, ils fréquentent les offices d’une religion contraire à la formule protestante, leurs parents doivent déposer entre les mains des États une garantie « qu'ils ne les entretiendront pas, ni ne leur fourniront quoi que ce soit de nécessaire ou de confortable. »

Telle fut la mesure draconienne qui, ainsi, mit le comble à la domination ecclésiastique et réalisa, autant que la loi écrite peut le faire, les aspirations de l'Église pour surveiller de haut en bas tout le corps enseignant du pays.

De 1609 à 1616, le roi défendit d’une façon absolue toute réunion de l’Assemblée de l’Église. Il est remarquable que, pendant la même période, l’on perd toute trace d'intérêt public en faveur de l’enseignement; mais, avec la convocation des pasteurs en 1616, le sujet revient dans la législation. L'Assemblée tient sa réunion au mois d'août; au mois de novembre, le roi écrit au Conseil Privé pour le pousser à veiller plus soigneusement sur l'instruction religieuse des enfants. Le 10 décembre, le Conseil publie un décret dans le sens de la lettre royale. Le même jour, il décide d'étendre son attention à toute la question de l’organisation des écoles. Il en résulte la célèbre Loi du Conseil Privé de 1616, ordon-

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nant l’établissement d’une école dans chaque paroisse du royaume,

sLA LOI DE 1616 (1)

La nécessité de donner un ehcouragement actif à l’éducation n’a jamais manqué d’être présente à l'esprit de la classe dirigeante en Écosse. Mais c’est à l’avènement du protestantisme qu'il faut faire remonter l'entrée de l’esprit démocratique et de l’idée de l'éducation universelle. La nouvelle religion ne pouvait pas se passer d'écoles, ne füt-ce que pour la propagation de la foi et la mise en pratique de son principe fondamental, le libre examen des Saintes-Écritures. La thèse est trop connue pour qu'il y ait besoin de la développer ici (2). Nous ne nous efforcerons pas, non plus, de prouver que Knox, comme son devancier Luther, avait encouragé l’idée de l’éducation universelle aussi bien dans l’intérêt des progrès de la science que dans celui de la religion (3). Le fait reste que l'initiative de l’universalisation de l’enseignement est due à la Réforme.

Pendant un demi-sièele l’Église lutta bravement pour réaliser cet idéal, mais en rencontrant toujours des obstacles de la part du gouvernement. Cependant, en 1616, le roi et le parlement publièrent un décret qui consacra les efforts ecclésiastiques dans cette direction ; et, quoique cette loi ne fût pas encore suffisante pour

(1) Reg. Priv. Coun., X, 672.

(2) Compayre (Hist. Péd., p. 90, 91 ef seq.) a démontré son application à l'enseignement primaire, et BouronENIN (Étude sur les Acad. Prot., p. 11 et passim) l'a continuée en ce qui concerne l’enseignement secondaire.

(3) Les citations du Premier Livre de Discipline l'ont montré et un écrivain récent a attiré l’attention du public sur le fait. CLarre, Short Studies in Educalion, p. 17-19.

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