SUEDE
rement on n’y enseignait que le catéchisme, la lecture et l'écriture, mais il est intéressant de remarquer certaines exceptions. Quelquefois on se spécialisait même dans cet enseignement élémentaire, une école élant destinée seulement à l’enseignement de l'écriture, la lecture étant enseignée ailleurs (1). Ou bien, le Conseil, poussé par quelquë circonstance malencontreuse, appelle les maîtres élémentaires devant lui pour exiger, sous certaines peines, qu’ils enseignent à leurs élèves non seulement la science, mais aussi les bonnes mœurs et la bonne tenue, surtout afin qu'ils se conduisent bien dans la ville (2). Il y avait aussi de ces écoles auxquelles il fut permis, pour une raison ou une autre, d'ajouter des matières d'enseignement plus avancées et qui étaient plutôt subsidiaires que préparatoires à l’enseignement de la grammaire. L'enseignement du français était alors répandu en Écosse, et depuis 1556, et même avant, une école française subventionnée par la municipalité existait à Édimbourg (3). En 1574, le Conseil de cette ville saisi d’une demande faite par un Français, d’avoir la permission d'établir une école de lecture, en profita pour élargir l’étendue de cet enseignement. Le traité passé avec ce Français, porte qu’il devait apprendre aux enfants la lecture, l'écriture, l’arithmétique, la comptabilité et la langue française, et recevoir pour chacun d'eux annuellement, la somme de 25 schellings, monnaie d’Ecosse, et des appointements de 30 livres, durant le bon plaisir du Conseil (4). Pendant plusieurs années,
(1) 1593. Sreven, I. Sch. Edin., append., p. 21.
(2) B. Rec. Edin., IV, 419 (1587). Une dizaine de ces maîtres comparurent devant le Conseil.
(3) Voir plus haut p. 15; et comp. Francisoue-Micnez, Les Écossais en France, elc., 11, 78; MeCrir, Life of Melville, p. 6; James Mecvizce, Diary, p. 11.
(4) B. Rec. Edin., IV, 21-28.
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le Conseil continua à payer aussi le loyer de cette école (1).
À Aberdeen, plus tard, l’arithmétique et la comptabilité étaient également acceptées comme attributions de l’école de lecture (2). Dans cette même ville on trouve, a Cette époque, une coutume à propos de l’école anglaise qui ailleurs semble être réservée aux seules écoles paroissiales. C’est la réalisation du sentiment des rédacteurs du Livre de Discipline qui voulaient que ceux qui profitaient de l'instruction servissent à édifier les autres. À Aberdeen, deux élèves de l’école anglaise devaient répéter le catéchisme par demandes et réponses dans l’église tous les dimanches après midi, «pour l’édification des personnes ignorantes et des domestiques (3).»
Quant aux écoles paroissiales, nous avons très peu d'informations sur la nature exacte de l'instruction qu’on y donnait et de ce qui la distinguait de l’enseignement des écoles de grammaire. Évidemment leur but principal était de répandre les bienfaits d’une éducation élémentaire. Il est pourtant vrai que dans la plupart des cas c'était le pasteur, ou un aspirant au pastorat ayant fait des études universitaires, qui tenait l’école et que par conséquent il y avait possibilité d’une instruction élémentaire et secondaire. Il faut aussi conclure qu’en effet, on y portait fréquemment les études jusqu’à l’enseignement secondaire puisqu'il est généralement reconnu que les hommes éminents du temps en sortaient avec une connaissance de la langue latine. Mais c’est tout ce qu’on peut dire avec confiance, à moins que l’on ne soit tenté de généraliser le renseignement extrêmement précieux
(1) B. Rec. Edin., IV, 554.
(2) En 1607. Kennepy, Annals of Aberdeen, II, 137. (3) Kirk Sess. Rec. Aberd. (Spald CL.), p. 25.
que nous a laissé James Melville dans son célèbre Journal. Melville (il s’agit du neveu du fameux André Melville, le sujet de la biographie érudite de M‘Crie) nous raconte ce qu'il a wu à l’école paroissiale de Logie, près de Montrose, dont'le maître était en même temps pasteur de Logie. Melville y est allé en 1563 quand il avait sept ans, et c’est là que son éducation a commencé. «Il y avait, dit-il, aux alentours bon nombre d’enfants d’honnêtes gens et de gentilshommes, bien instruits, élevés pieusement et accoutumés à la pratique de jeux honnètes. » Puis il décrit les études qu’on leur faisait faire : d’abord naturellement les matières religieuses comme moyen d'enseigner la lecture et l’écriture ; ensuite les éléments de la grammaire latine et du français ; et plus tard la lecture des classiques. (Nous apprimes à lire le catéchisme et les prières par cœur, aussi à prendre des notes de l’Écriture Sainte, après lecture faite. Puis nous apprîmes les rudiments de la grammaire latine avec les vocables en latin et en français, et des discours divers en français avec la lecture et la prononciation correcte de cette langue. Plus loin nous procédâmes à l’Etymologie et la Syntaxe de Linacer. Ajoutez-y les Nomenclatura de Hunter, les Minora Colloquia d'Erasme, quelques-unes des Égloques de Virgile et des Épîtres d'Horace et les Épitres ad Terentiam de Cicéron. » Cela représente le travail de cinq années. Melville fait l’éloge de la méthode du maître, quoique lui-même n’en ait pas profité, avoue-t-il, autant qu'il aurait dù le faire. Ce qui le frappa, ce fut que le maître, en enseignant les auteurs, les analysait non seulement au point de vue de la grammaire, mais aussi à celui de la syntaxe logique, d’où il faut supposer (car Melville quand il écrivait son journal était hautement compétent pour en juger) que cette méthode représentait une avance sur
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la méthode ordinaire de l’époque. C'était la coutume dans les écoles d’alors de combiner les exercices du corps avec la culture de l'esprit (1), et l’école de Logie n’y faisait pas exception. «Là, nous avions aussi le bon air, et des champs assez vastes; et le maître nous enseigna à tirer de l'arc, à jouer au golf, à faire de l’escrime, à courir, à sauter, à nager, à lutter, à jouer des tours, chacun ayant son émule autant en classe aux leçons, que dehors aux jeux (2).»
C'était déjà une éducation assez large, et aux écoles de grammaire, on la poussa plus loin. Pour ces écoles nous avons un peu plus d'informations. Il y a d’abord l'indication de ce même Melville, mais elle ne nous avance pas beaucoup. Après avoir passé cinq ans à Logie, Melville partit pour l’école de grammaire à Montrose (1568), où la première année fut consacrée à la révision de la grammaire, à des lectures de Térence (Phormio) et à des thèmes. Dans les années suivantes, vinrent l’étude des Géorgiques de Virgile, «et diverses autres choses (3).» Ces quelques mots complètent le témoignage de Melville, et c’est ailleurs qu’il faut chercher les renseignements plus détaillés. Une des plus célèbres des grammar-schools au xvi° siècle fut celle de Perth. Un des pasteurs de cette viile était alors un homme des plus érudits. Ayant fait ses études à l’Université de Saint- André et plus tard dans plusieurs Universités d'Europe, lauréat de deux Universités italiennes, et renommé pour sa connaissance du grec et de l’hébreu, John Row retourna dans son pays natal en 1558 en qualité de nonce. A la Réforme, d’abord réfractaire puis ébranlé par la
(1) MCrie, Life of Melville, p.3.
(2) James MEeLvicce, Diary, p. 16-17.
(3) Ibid., p. 20-21.
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découverte de la fausseté d’un prétendu miracle, il
accepta tardivement la formule protestante et fut nommé pasteur à Perth (1). Là, il utilisa bientôt son érudition au profit des élèves de l’école de grammaire. Beaucoup d’entre ceux-là étaient en pension chez lui, et, quoique l’enseignement qu’il leur donnait ne puisse pas être considéré comme celui de l’école, sa nature nous donne une idée de la culture générale dans cette institution. A l’école et dans les champs, les élèves ne devaient parler que latin ; et dans la maison de Row toute la conversation était en français. Mais il leur apprenait aussi le grec et l’hébreu (2). Avant et après les repas, c'était la coutume de lire des passages de la Bible; si ceux-ci étaient tirés de l’ancien Testament on lisait en hébreu, grec, latin, français et anglais; ceux qui se trouvaient dans le nouveau Testament, en grec, etc.(3). Point n’est besoin d'appuyer sur la haute valeur pédagogique de cette association intime de l’enseignement des langues avec toute la vie quotidienne.
La ville d'Édimbourg, comme il convient à une capitale, avait conscience de son devoir de faire de sa High School un exemple à suivre. Elle se rappela le cas de Cicéron qui envoya son fils auprès de Cratippe à Athènes attiré par le haut renom du professeur et de la ville, dont l’un pourrait lui fournir la littérature et la science et l’autre de bons exemples. Et « comme cette ville est la plus noble et la plus célèbre, et le miroir de
(1) Pour les détails de la vie de Row, sont à consulter : M°Crte, Life of Knor, p. 170, et l'article « Row » dans le Dict. Nat. Biog.
(2) L'historien Row dit que le légat Row fut le premier qui introduisit la langue hébraïque en Écosse, 11 l’apprit à ses enfants qui, tout en étant élèves, l'apprirent au maitre de l'Ecole de Grammaire de Perth. Row, Hist, of Kirk (Maitland), 1, 211, 243. Granr (Burgh Sch., p. 332) confond les Row, croyant que l’hébreu ne fut enseigné à Perth qu’en 1632,
(3) Row (Maitland), I, 210, 211.
bonnes mœurs et de civilité de ce royaume, donc elle devrait avoir les professeurs les plus fameux et les plus lettrés pour instruire la jeunesse et pour donner autrement à des hommes sages et nobles l’occasion d’envoyer leurs enfants, comme Cicéron, pour y être instruits (1). » En 1578, Lawson, le successeur de Knox à Édimbourg, profitant de l'agrandissement de son influence par le dépit qui se montra cette année contre les évêques, réussit à persuader au Conseil de construire un nouveau bâtiment pour l’école; et il est à noter que l'intention de Lawson était vraisemblablement de combler la lacune laissée à Édimbourg par le manque d’une Université. [Il avait rêvé qu'en rehaussant les études de l’école municipale, celle-ci pourrait acquérir le prestige d’une Université. En tout cas il voulait que l’on y enseignât la Logique et la Philosophie, ce qui aurait fait de cette école au moins une « Scholam illustrem (2). » Lawson à pu trouver en partie son inspiration dans un scandale qui fut relevé devant le Conseil Privé deux ans plus tôt. En 1557, l'Évèque des Orcades avait légué des rentes et une somme d'argent pour la création à Édimbourg d’un collège divisé en trois sections : 1° une école pour la Grammaire, 2° une pour ceux qui apprenaient la Poésie et l’Éloquence, 3° une partie pour l’enseignement du droit civil et du droit commun. En 1576, le but du legs fut rappelé au Conseil Privé qui somma les administrateurs de comparaître devant lui. Il fut découvert qu’ils n'avaient rien fait pour appliquer à leur objet les fonds qui leur avaient été confiés et qu’ils s’en étaient servis pour leur propre profit. Le Conseil leur ordonna de les restituer immédiatement, mais il semble
(1) STEVEN, A. Sch. Edin., append., p. 7. (1562). (2) Grant, Univ. of Edin., I, 106.
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que la mesure fut trop tardive et on ne retrouva plus la fondation (1). Trois ans plus tard, le projet de Lawson cessa d’être désirable, car, en 1581, le parti anti-épiscopal, ayant remporté encore des victoires, obtint du roi une charte pour la fondation d’une Université à Édimbourg (2); et l’école de cette ville ma jamais eu ce caractère universitaire qu’on avait voulu lui prêter (3). Le Conseil mème constitua une Commission pour arranger un curriculum pour la High School avec l’expresse recommandation de le distinguer nettement de celui de l’Université (4). Le rapport des travaux de cette Commission ne nous est pas parvenu, mais celui d’une autre, formée dans le même but en 1597, est parmi les archives de la ville (5). Il est à remarquer que cette commission a travaillé avec la plus grande conscience de l’importance de son œuvre, et les hommes les plus éminents de la ville, y compris les juges de la Cour suprême, des avocats, des pasteurs érudits et le recteur de l’Université, prêtèrent leur aide aux conseillers municipaux. Leur décision fut que les études seraient divisées en quatre classes, nul élève n’ayant le droit de passer de l’une dans l’autre sans subir un examen ni sans le consentement du proviseur et du maître de la classe supérieure à celle d’où il sortait. Les questions de la discipline intérieure, les rapports entre les divers maîtres, les examens (dont quatre par an dans chaque classe) et les frais à payer furent clairement et définitivement réglés; mais ce qui nous intéresse de plus près, ce sont les livres choisis pour chaque classe et qui indiquent la
(1) Reg. Priv. Coun., II, 528.
(2) Granr, Univ. of Edin., I, 107.
(3) SrEvEN, H. Sch. Edin., p. 15.
(4) Ibid., append., p. 16-17.
(5) 1bid., append., p. 24-26.
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nature et le degré de l’enseignement qu’on y donnait. Le latin était l'unique sujet d'étude de cette école, et bien entendu, enseigné dans cette langue. La première classe s’occupait d'apprendre les rudiments et de faire des lectures simples. Pour que cette classe fût bien fréquentée, le même règlement défendit aux écoles libres d'enseigner même les éléments du latin. Les livres dont on se servait étaient les Rudiments de l'Écossais Simson (connus sous le nom des « Rudiments de Dunbar », d’après la ville où Simson exerça le pastorat) et les Colloques de Cordier. La seconde classe apprenait les règles d’après la première partie de Pelisso, faisait des versions trois fois par semaine, et lisait les 7ristia d’Ovide et les Épütres Familières de Cicéron. Pendant la troisième année on travaillait la deuxième partie de Pelisso, la Syntaxe d'Érasme, les Métamorphoses d'Ovide, et Térence. En première, on avait la troisième partie de Pelisso, la Prosodie de Buchanan, un des Traités Grammaticaux de Linacre, et on lisait Virgile, Salluste, les Commentaires de César, Florus, les Épitres d'Ovide. Les dimanches, il y avait des travaux se rattachant aux devoirs religieux. Ainsi, la classe des commençants lisait le Catechesis Palatinatus ; la suivante apprenait par cœur également le catéchisme en latin; et la troisième classe lisait les Psaumes latins de Buchanan. Quand ils avaient complété ce plan d’études, les élèves étaient prêts à suivre les cours de la Faculté.
On a essayé de montrer (1) le haut développement des études à la High School d'Édimbourg par le fait qu’en plusieurs occasions le professeur de latin (Humanité) à l’Université quitta volontairement ce poste pour accepter celui de Directeur de la High School. Mais il
(1) STEvEN, AH. Sch. Edin., p. #1.
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faut se méfier complètement d’un tel raisonnement. Il est trompeur parce que basé sur une conception erronée des positions respectives de ce professeur et du directeur de l’école à cette époque. Le fait est que, quoique le professeur d'humanité eût droit en effet au titre de professeur, il n’était, pendant bien des années, que professeur particulier, autrement dit régent. Et puisque sa tâche était de donner des leçons de latin et de grec à ceux des étudiants qui, par malheur, étaient arrivés à l’Université sans savoir assez ces langues pour suivre les cours, sa situation était au-dessous de celle des autres régents et, en réalité, extra-académique (1). De plus, le traitement des régents et du « professeur d'humanité » était de 100 livres écossaises (2), tandis que celui du directeur de l’écoie de grammaire était de 300 marks (133 1/3 livres écossaises), plus 20 schellings pour chaque élève de sa propre classe (3). Il n’est donc pas étonnant qu’un ou plusieurs de ces professeurs aient cru acquérir plus de prestige et de confort matériel en acceptant des postes de maîtres de grammar schools (4). Ces hommes étaient pourtant de grande valeur et de haute érudition. Nous avons déjà dit qu'ils enseignaient à la Faculté non seulement le latin mais aussi un peu de grec, et c’est gràce à la nomination de l’un d’eux à la direction de l’école d'Édimbourg que
(1) GrRanT, Univ. Edin., I, 190-191.
(2) Ibid., I, 148, 189.
(3) STEVEN, À. Sch. Edin., append., p. 26.
(4) En 1636, le régent d’'Humanilé accepta le poste de maïître de l'école de grammaire de Canongate, une situation bien inférieure à celle de directeur de la High School d'Edimbourg (Grant, Univ. Edin., I, 192, note). Il y eut même des cas où des professeurs acceptèrent la situation de maître d'école parvissiale (Lee, Lect. Church Hist., Il, 430). Aïlleurs, un seul homme remplit en même temps les fonctions de maître d'école et de professeur à l'Université, par exemple, Wedderburn, à Aberdeen, en 1614 (Granr, Burgh Sch., p. 366).
nous devons le premier enseignement du grec dans cette institution. C’est sous la direction de John Ray (nommé en 1606) que ce progrès fut réalisé (1). Tout l’enseignement de l’école fut réorganisé. Au lieu de quatre classes il y en avait maintenant cinq; et la cinquième ne marquait pas seulementune autre subdivision mais une véritable avance sur l’état des études en 1598. Partout là grammaire de Despautère remplaçait celle de Pelisso. Dans la première année, au lieu de lire les Colloques de Cordier on se servait des Vocables de « Strivusburgius » pour l'exercice des déclinaisons. On exigeait dès le commencement une étude plus exacte et plus soignée des formes grammaticales; pour s'exercer dans les règles de la syntaxe on employait les exemples contenus dans les Dicta Sapientium. La lecture commençait alors pendant la seconde année avec les Épitres de Cicéron, sur lesquelles on faisait des thèmes et des versions. Dans la troisième l’on ajoutait De Senectute et De Amicitia à la lecture de Térence; et en seconde le progrès est encore plus remarquable par l’addition de Suétone aux lectures et par l’enseignement sérieux de la versification latine au lieu de la simple étude de la Prosodie de Buchanan. A ces classes s’en ajouta une plus avancée où les études représentaient une complète innovation. Là, on apprenait pour la première fois la Rhétorique en étudiant les discours de Cicéron et son traité sur ce sujet, et les devoirs consistaient non seulement en thèmes, versions et versification, mais aussi dans la composition des discours. La lecture était beaucoup plus étendue comprenant Salluste, Plaute, Horace, Juvénal et Perse. Quant à la méthode, on remarquait que la prose et la poésie devaient être étudiées alternativement. Enfin les
(1) SrEvEN, A. Sch. Edin., append., p. 29-30.
élèves de cette classe apprenaient la grammaire grecque « Lyesiod ou Thergius (1). » Chaque semaine, on avait des répétitions et des « disputations » en classe, et deux fois par an un examen public avait lieu en présence des ministres et des mägistrats.
Un programme d’études de l’école de grammaire de Glasgow est cité par Grant (2). Ce programme n’a pas de date mais représente vraisemblement l’état de choses ver 1573. Dans ce cas, Glasgow était, à ce moment, plus avancée qu'Édimbourg, fait dû sans doute à l'existence d'une Université dans cette ville. Le programme ressemble remarquablement à celui adopté à Édimbourg en 1614. Les lectures sont à peu près les mêmes. Il y a, dansles deux programmes, provision pour cinq classes, la cinquième comprenant la rhétorique, la versification et les éléments du grec. Un fait de méthode noté dans le programme de Glasgow est intéressant. C’est le choix, pour les thèmes, d’un passage traduit d’un auteur romain afin que l'élève puisse toujours avoir recours à un latin pur pour se corriger son devoir. « Cette année (la troisième), deux ou trois fois par semaine, on donnera un passage en langue maternelle, choisi des œuvres de quelque auteur latin poli et élégant, surtout des œuvres de Cicéron. Quand chaque élève aura traduit ceci en bon latin et l’aura soigneusement écrit, il le donnera au maître ou au répétiteur pour être examiné. Le devoir du maître, en examinant le thème, sera d'entendre lire distinctement et d’une voix claire par
(1) MeCrie suggère (Melville, p. #15) « Hesiode et Theognis. » Ne se peut-il que « Thergius » soit une méprise pour Freigius, Johannes Thomas, jurisconsulte et littérateur allemand, né à Fribourg-en-Brisgau, mort en 1583? Il publia : Grammaltica græca, Norimbergæ, 1580, in-8. (Bibl. de Reims). Voir Répertoire d'Ouvr. Péd., p. 298.
(2) Burgh Sch., p. 336-338.
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chacun son thème (les autres écoutant en silence), de voir si chaque phrase est écrite sans faute, et, s’il y en à, de les corriger de telle façon que tout le monde l’entende. En dernier lieu, on fera apprendre par cœur, ou du moins lire soigneusement, le passage dans l’original, de sorte que chaque élève puisse mieux apprendre à se corriger ses fautes. »
Ces extraits montrent que « instruction », même à cette époque, n’était pas synonyme de « éducation » et qu'on se rendait compte de l'importance de la bonne méthode pour développer les esprits. C’est le même souci de la culture qui fait que l’on exige (poussé peutêtre par quelque indiscipline) que les maîtres enseignent les bonnes mœurs autant que la science (1). L'Église aussi faisait sentir son influence en demandant que chaque élève donne un compte rendu écrit du sermon du dimanche (2), usage, certes, qui n’est pas sans avantages au point de vue de l’éducation.
Nous avons vu que l’enseignement du grec ne s’établit à Édimbourg qu’en 1614. Quoique l'Écosse adoptt cet enseignement, même dans les Universités, beaucoup plus tard que l’Angleterre (3), la capitale n’était nullement à la tête de ce mouvement. Le programme déjà cité montre que Glasgow l’avait devancé de presque une quarantaine d’années. Mention a déjà été faite de l’enseignement du grec à Montrose en 1534 et à Aberdeen avant 1553 (4). A Perth, tout de suite après la
(1) Aberdeen, 1573, Kennepy, Annals of Aberd., II, 125.
(2) Kirk Sess. Rec. Aberd. (Spald. CL.), p. 25.
(3) MeCrre. Life of Knox, p. 8.
(4) Pour Aberdeen, GranrT, (Burgh Sch., p. 47), et Hurcmison (High. Sch. Stirling, p. 66), disent « avant 1540 » ; mais le passage sur lequel cette opinion est basée nous paraît avoir seulement rapport à l’Université et non à l’école de grammaire. Voir Lesue, De Origine, etc. Scotorum, lib. IX, fol. 451-452,
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Réforme, les élèves de l’école de grammaire apprenaient le grec, sinon en classe, du moins à la maison de Row (1). Glasgow paraît avoir été la première ville qui suivit ces exemples : Banf et Haddington firent de même en 1585 et 1591 respectivement (2). En 1606, un autre foyer de connaissances grecques apparut quand John Davidson, l’érudit pasteur de Prestonpans, fonda dans sa paroisse, de ses propres ressources, une école de grammaire « pour l’enseignement du latin, du grec et de lhébreu (3). » Il est à remarquer aussi qu'avant 1580 le grec prit place dans l’enseignement du jeune roi Jacques VI.
Comme l'instruction de ce prince représente le niveau le plus haut de l’enseignement particulier de son temps il convient maintenant d’en dire quelques mots. Cela est d'autant plus intéressant que Jacques reçut une éducation qui était, pour ainsi dire, une combinaison de l’instruction publique et particulière. Plusieurs jeunes gens de la noblesse, y compris même un Français, Jérôme Groslot, Sieur de l'Isle, partageaient les études royales (4). Ces études étaient sous la direclion immédiate de Georges Buchanan, l’Écossais le plus éminent dans le mon-
GEORGES BUCHANAN (d'après les Icones de Bèze).
} } Fondation ratifiée par le gouvernement, 1606, Act. Parl. Scot., IV, 302. } MCrre, Melville, p. 118.
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de scholastique de son siècle. Parmi les papiers de Sir Peter Young, l'assistant de Buchanan dans cette tâche, On à retrouvé une esquisse d’une journée de travail du prince à un moment quelconque entre 1570 (quand Jacques VI n'avait que quatre ans) et 1582, l’année où Buchanan mourut. Ce travail aurait dû être la meilleure préparation à une culture libérale. Après les prières du matin, on commençait la journée par les auteurs grecs, et on lisait une partie du nouveau Testament, Isocrate ou les Apophthegmata de Plutarque, et l’on s’exerçait dans les règles de la grammaire. Après le premier déjeuner on lisait Cicéron, Tite Live, Justinien, ou l’histoire moderne. On donnait un soin tout particulier à cette dernière, surtout en ce qui concernait le pays sur lequel le prince devait régner plus tard (1). L’après-midi, il s’appliquait à la compostion et, quand il avait le temps, à l’arithmétique ou à la cosmographie (ce qui comprenait la géographie et le principe de la sphère), ou à la logique ou à la rhétorique (2). Remarquons que quoique Buchanan, comme tous les humanistes de son temps, méprisât la langue maternelle — « veterem illam et anilem priscorum Britannorum balbutiem (3) » — il ne l’oublia pas dans l'instruction du prince; et il est probable que le premier livre de poésie publié par le roi en 1584 contient les devoirs faits par lui à ce sujet pour ses précepteurs (4). Avec une telle instruction et sous de tels maitres, Jacques, par son intelligence naturelle, ne pouvait guère manquer de faire des progrès rapides dans la
(1) MeCRie, Melville, p.117.
(2) IRvING, Memoirs of Buchanan, p. 160.
(3) BucHanaw, History, fol. À, 11 : Quod ad me attinet malim ignorare veterem illam et anilem priscorum Britannorum balbutiem, quam dediscere quodcunque hoc est sermonis latini, quod magno cum labore puer didici.
(4) McCrie, Melville, p. 117, note 4 et p. 121, note 1.
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science. Sa culture, toute pédantesque qu’elle était, rem plit d’admiration tous les étrangers qui eurent l’occasion de le voir de près. L’ambassadeur français en Écosse le décrivit comme étant « plus judicieux, plus prudent et plus sage que vous ne sçauriez imaginer (4)»; et le duc de Rohan,,un des hommes qui avaient le plus voyagé de son temps, rompt son silence habituel à propos des princes, pour faire son éloge (2). S'il est malheureusement vrai que les Anglais changèrent de langage et dirent de lui à peu près ce que les Romains avaient dit de Galba, qu'on l’eût cru digne de l'Empire s’il n’eût jamais été empereur (3), une chose est certaine : il devint le « seul prince anglais qui ait porté jusqu’au trône des connaissances tirées de la lecture ou une culture littéraire considérable (4). »
(1) M. de Maupas à M. de Beaumont, ambassadeur en Angleterre. Edimb., 27 déc. 1602. — Teurer, Documents, elc., IV, 351.
(2) Voyage, etc. du duc de Rohan, p. 206-207. Le passage mérite d’être cité textuellement ; le voici :
« Si en tout le reste de mon voyage qui est presque toute Ja Chrestienté (j'en sépare la France), j'ay manqué de subiect de parler des princes véritablement et bien tout ensemble (qui a esté l’occasion de m'en faire taire jusques à ceste heure) et que ceste isle de Bretaigne, non toute l'Isle mais la plus petite et stérile partie s’en trouve plus fertile qu'aucune autre nation, et m'en fournisse, au lieu d'un, deux subiects, non deux subiets mais deux miroirs de vertu, desquels tout le monde chacun selon son sexe doivent prendre exemple, mérite elle pas d'estre honoré ?.… Certes, si nous considérons particulièrement la façon de vivre publique et particulière du Roy d’Escosse, ses mœurs, ses actions, l'excellence de son esprit, son sçavoir et son éloquence, nous le jugerons digne de gouverner son Royaume et beaucoup d'avantage. »
Dans ses impressions générales de l'Écosse, le passage suivant nous intéresse, en ce qui concerne l’état d'éducation :
« Si j'ay trouvé l'Escosse fort stérile à apporter ce qui est requis et nécessaire à la vie humaine, je l’ay trouvé fort fertile à produire gens vertueux. Car outre la Noblesse que j'y ay cognuë, pleine de civilité et de courtoisie, il s’y voit quantité de gens fort doctes, outre la valeur générale à toute ceste nation et la fidélité telle que nos Roys de France en ont composé les gardes de leurs corps » (p. 218).
(3) De Larrey, Hist. d'Angleterre, I], 593.
(4) Marx Parrison, Life of Casaubon, p. 296 (cité par Hume Browx, Buchanan, p. 203).
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Enfin, pour un dernier renseignement sur les idées pédagogiques du temps, nous pouvons recourir à certaines indications données dans une grammaire latine qui parut en 1612. Nous voulons dire celle d'Alexandre Hume, qui après avoir étudié à Saint-Andrews et à Oxford, et passé seize ans en Angleterre en qualité de précepteur, devint en 1596 directeur de la High School d'Édimbourg. Il occupa ce poste jusqu’en 1606, quand il fut nommé à la direction de l’école de grammaire de Prestonpans à laquelle nous avons déjà fait allusion. En 1615, il démissionna pour aller occuper une pareille situation à Dunbar (1). Il acquit ainsi une expérience assez variée et étendue pour lui permettre d’entreprendre la rédaction d’une grammaire et de mériter notre altention quand il parle de la méthode pédagogique.
Sa grammaire (2) parut en 1612 quand il était encore maître à Prestonpans. En plus du traité de grammaire proprement dit, son livre contient (3) un chapitre dont l’objet est de montrer aux parents et aux instructeurs de la jeunesse les idées de Hume sur l'éducation et la méthode d'enseigner la grammaire. D'abord Hume soutient que les jeunes gens, aussi bien ceux qui se préparent en vue d’une occupation mécanique que ceux qui n’envisagent que les professions libérales, doivent être tenus sous la direction du maître jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. Par son mot « magister » il faut comprendre « maître d'école » et « professeur d’Université ». Son idée à ce propos était contraire à ce qui était d'usage
(1) Sreven, H. Sch. Edin., p. 29, 41-47 ; McCrie, Melville, p. 473 ; ue, Gram. Nova, préface.
(2) Grammatica nova in usum juventulis Scolice ad melhodum revocala ab Alexandro Humio, ete. Edimb., 1612.
(3) P. 108-115. Ad Parentes, Tutores el Præceplores Juventutis Scoticæ Parcnesis.
en Écosse, où un jeune homme pourrait sortir de l’Université à l’âge de 20 ans. Mais Hume basait son idée sur son expérience en Angleterre où il avait vu le fonctionnement des collèges dans lesquels on ne pouvait entrer avant d’avoir 18 ans révolus, et où les études universitaires devaient être suivies pendant sept ans. Il trouve qu'avant l’âge de 25 ans un homme n’est pas en état de bien diriger sa vie par ses propres ressources. En vue de cette longue éducation scolaire il faut que, dès qu’il peut parler, l'enfant apprenne à aimer l’école. La méthode pour arriver à ce but révèle en Hume plutôt le maître d'école soucieux d’avoir une classe facilement disciplinée que le doux père de famille. L'enfant aimera l’école, dit-il assez naïivement, si les parents le soumettent à une discipline sévère à la maison, l’admonestant et le punissant plus librement. Dans ce cas, il sera facile pour les maîtres de le gagner à l’école par des caresses, de l’attirer vers la vertu par des fruits et des pommes. On ne doit pas corriger des fautes par des coups, mais par une diligence plus soignée.
Jusqu’à l’âge de 9 ans, les enfants resteront à l’école primaire, dite anglaise, où ils apprendront à lire et à écrire. Cette partie de leur éducation doit être parfaite avant qu'on ne leur permette d’aller à l’école latine.
On commencera l’étude du latin par apprendre les déclinaisons et les conjugaisons. Hume pourtant défend que cela soit fait d’une façon peu intéressante. Au contraire, il veut qu’on le fasse de telle manière que les jeunes esprits n’en soient pas fatigués. Hæc ia tradantur ne tenella ingenia opprimantur. Donc, il faut en premier lieu qu’on n'’essaie pas de marcher vite. Les choses doivent s’apprendre peu à peu, les enfants s’habituant plutôt à affermir et confirmer à chaque instant ce qu'ils ont déjà appris qu’à se laisser entraîner par le désir de
savoir vite les choses nouvelles et inconnues. Si on écoute ce conseil il s’ensuivra une autre condition fondamentale d'intérêt continu dans les études, à savoir : l'exactitude. Si on se contente d’une connaissance vague, ou d’un savoir appris à la hâte ou d’une façon imprécise, on s’embrouille bientôt, la confusion entre dans la mémoire, et avec les difficultés de l'incertitude viennent le désespoir, la lassitude et le dégoût. laque detur opera ut puelli quod sciunt, exacte sciant. Cette tâche, on l’accomplira plutôt par des exemples que par des règles. On ne saurait avoir trop d'exemples, commençant toujours par les plus faciles, laissant les plus difficiles pour la suite. Il faut chercher les exemples les plus variés jusqu’à ce que l'élève sache décliner ou conjuguer, suivant le cas, en conformité avec l'exemple type, sans hésitation et sans faute. C’est seulement quand ce résultat est obtenu, qu’il est permis de commencer l’étude de la syntaxe. Ici surtout il faut exiger que l’on se familiarise avec les règles par des exemples, les unes et les autres s’accompagnant toujours.
Cette partie une fois accomplie, l’on peut commencer les Colloques de Cordier avec lesquels comme critérium tout ce qu’on a déjà appris doit être examiné et éclairci. Quand un élève sait juger sûrement de ce qui est grammatical et de ce qui ne l’est pas, il doit lire les Pralogues de Hume où il trouvera, tirées des meilleurs auteurs, toutes les expressions dont il pourrait avoir besoin dans ses récréations. Ensuite la lecture de Térence; mais Pélève ne doit pas commencer la Grammaire proprement dite avant qu’il puisse expliquer n'importe quel passage de Térence par les règles données dans les Rudiments.
Quant aux auteurs à lire plus tard, Hume en laisse le choix entièrement entre les mains des précepteurs ou
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maîtres. Cependant pour les aider dans leur jugement il ajoute quelques conseils, bons et justes, quoique, de nos jours, un peu banaux. Par exemple il faut éviter les auteurs qui se servent de mots vieillis ou archaïques. On doit toujours se rappeler, dit-il, que le premier but du langage est d'exprimer clairement une idée ; donc le meilleur latiniste sera celui qui emploie les expressions les plus simples et les plus communes. C’est au fur et à mesure qu’on lit de tels auteurs qu’on doit travailler la grammaire, parce qu’en étant étudiée dans les auteurs mêmes, elle s’apprendra plus vite que par des exemples
isolés. Par ce moyen la mémoire poussera dans son sol naturel — l'esprit de jugement. Parallèlement à cette étude et à cette lecture, on fera constamment des thèmes en prose latine, ayant soin de cultiver la pureté de langagé et d'éviter des anglicismes.
Lorsqu'on sera parvenu à faire ce travail avec perfection, il sera temps de faire des essais de composition métrique. La méthode recommandée pour enseigner la versification est la suivante. D'abord le maître lira un poème d’un des meilleurs auteurs que les élèves ne possèdent pas. Quand ils auront compris et traduit le poème, il faudra le leur faire reconstituer en vers latins. Enfin on leur lira de nouveau l'original pour qu’ils le comparent avec leurs propres essais et l’apprennent par cœur (1). Ayant acquis une certaine facilité à faire cette reconstitution, il ne leur sera plus donné que la traduclion d’un poème pour la mettre également en vers latins. La prochaine étape sera de leur indiquer seulement un sujet quelconque ou une Fable d’Ésope pour un devoir poétique. En attendant, il faut naturellement qu'ils se
(1) Comparez la méthode recommandée pour la prose à Glasgow, en 1573 (plus haut, p. 74-75).
familiarisent assidûment avec les poètes latins. Autant pour la prose que pour la poésie, on leur prescrira chaque jour une lecture, les élèves moins aptes étant encouragés par les eflorts des autres. Par ce système ils apprendront à comprendre tout, à exprimer clairement et facilement leurs idées en prose ou à les chanter en vers; et on pourrait alors songer à les envoyer à l’Université. Mais cette décision doit être prise avec les plus grandes précautions, de peur qu’ils ne soient pas encore mûrs pour la liberté ou qu’ils n'aient pas bravé les tempêtes de la jeunesse avant de se trouver au gouvernail de leur vie.
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