LES ÉTUDES
Jusque vers la fin du xvrrre siècle, les écoles de grammaire dans les villes gardèrent la réputation de donner presque exclusivement l’enseignement secondaire. Des programmes qui ont survécu nous aideront à préciser quelques détails de cet enseignement, et des mentions de l’examen que devaient subir les candidats au poste de maître y ajouteront un peu de lumière. Grant cite une foule d'extraits d'archives municipales qui prouvent que la plupart de tels candidats devaient invariablement faire preuve de leurs capacités devant un comité représentatif du clergé et de la ville avant d’être agréés. Pourtant la forme exacte de ces épreuves n’a été conservée que dans très peu de cas. Les rapports qui en resient nous aideront dans le développement de ia présente section.
On à déjà remarqué qu’un professeur d’Université ne dédaignait pas d’accepter la direction d’une école de grammaire. Le cas se produisit à Édimbourg, en 1626. Mais les états de services de Crawford, le candidat universitaire, ne suffisaient pas pour qu’il fût nommé de suite. Il avait d’ailleurs un concurrent. Il fallut donc procéder à un examen oral. Cette épreuve porta entièrement sur les auteurs latins et grecs et prit la forme de la traduction et de l'explication ad aperturam libri de passages choisis des suivants : Plaute, Ovide, Horace,
Lucain, Juvénal, Virgile, Hésiode, Orphei Thymata. Crawford établit sa supériorité aux yeux des six juges, mais devait encore, le lendemain, avant d'être agréé, faire une leçon devant une classe sur une ode d’Horace, prescrite la veillew{1).
Crawford occupa le poste de directeur de l’école d'Édimbourg pendant quatorze ans. Quartd il le quitta, en 1640, on fit une nouvelle rédaction de l’Ordo Scholæ qui donne une idée trés précise du terrain couvert par l’enseignement grammatical.
On y voit que cette instruction occupait cinq ans.
La première année était tout élémentaire. On apprenait les principes de grammaire en langue maternelle. En plus de quelques phrases se rapportant à la vie journalière, on devait essayer d'apprendre (tâche plutôt vaste) les noms latins « de toute chose au ciel comme sur la terre. »
À partir de la deuxième année, toute l'instruction se donnait au moyen de la langue latine elle-même. Cette instruction de deuxième année comprenait la grammaire de Despautère (avec des exercices de traduction en anglais), la lecture des Colloques de Cordier, l’étude de la Syntaxe d'Erasme.
Pendant leur troisième année, les élèves concentraient leur attention plus particulièrement sur l’étymologie et la syntaxe, et lisaient «clara voce » De Senectute et De Amicitia de Ciceron, les Comédies et les Élégies de Térence, les Trishia d'Ovide, les Psaumes de Buchanan.
La quatrième année se distinguait par l’étude soignée de l’art de la versification, les élèves se dirigeant par le traité de Buchanan à ce sujet, et ajoutant la lecture des Poésies du même auteur à celles de Virgile, d’Ovide
(1) STEvEN, À. Sch. Edin., p. 49-50.
(Mélamorphoses) et d'Horace, Cicéron, César et Térence servaient de prose; et l’appréciation des beautés du style dans tous les auteurs lus était développée plus consciemment qu'auparavant.
Cette étude du style s’alliait à la déclamation de discours pendant la cinquième et dernière année, quand on passait en revue successivement la Rhétorique et les Discours de Cicéron, la Rhétorique de Cassander, et tous les discours dans Salluste, Virgile et Lucain (1).
Dans ce travail scolaire la capitale semble avoir été bien en avance sur certaines villes de province. A Elgin, du moins, le programme des études était relativement très restreint à la même époque. D'abord, au lieu de cinq classes, il n’y en avait que quatre. Un comité presbytéral trouva, en 1640, que le travail accompli dans ces classes était le suivant : les plus jeunes avaient appris quelques rudiments de grammaire; les élèves de la deuxième année savaient la première partie (l’étymologie) de la grammaire et leur lecture se bornait aux Colloquia Scholastica de Vives; dans la troisième année l’on passait à la syntaxe et on lisait les WMélamorphoses d'Ovide; ceux qui restaient pour la quatrième année,
faisaient la connaissance de Virgile en lisant le deuxième
livre de l’Énéide, mais n’étudiaient pas l’art de la versification ni n’entamaient les parties plus avancées de la grammaire. Les inspecteurs étaient d'avis que ce bilan était bien maigre pour une école de grammaire importante, mais l’état troublé du pays à ce moment, causant beaucoup d'interruption dans les études, semblait en être responsable (2).
Cependant le programme de Glasgow, trois années
(1) CuaLmers, Life of Ruddiman, p. 88-90.
(2) Les, Lect. on Church Hist., II, 442.
plus tard, témoigne d’une grande assiduité. Là on lisait les mêmes livres qu’à Édimbourg, mais en en ajoutant d’autres, à savoir, dans la deuxième année, les Dialogues de Castalio, et un recueil de Lettres de Cicéron ; dans la troisième, les Ponfiques d'Ovide.
Cette dernière classe s’occupait aussi de la traduction, qui semble avoir été négligée à Édimbourg. Deux fois par semaine, le maître donnait comme thème à traduire en latin quelque passage déjà traduit en anglais des œuvres de Cicéron et d’un autre auteur élégant. Les devoirs ainsi faits par les élèves étaient critiqués en classe et enfin le passage original devait être appris par cœur ou du moins soigneusement examiné pour l’appréciation des fautes commises par les élèves.
La quatrième année présentait ceci de particulier que la prose était presque entièrement mise de côté et la versification occupait toute l’attention de la classe. En plus de la lecture des poètes romains, l’on faisait plusieurs fois par semaine de petits thèmes en vers héroïques, élégiaques ou lyriques, sur quelque sujet annoncé par le maître. Par une tolérance recommandable, on permettait à ceux qui étaient reconnus inaptes à faire des vers, de rédiger leur thème en prose.
Le travail de la cinquième année était également caractérisé par un exclusivisme étonnant, mais portant cette fois sur la prose. On abandonnait les vers et on ne lisait que des auteurs rhétoriques, historiques, philosophiques. A ces lectures s’ajoutaient des compositions et des discussions fréquentes en latin. Cette année aussi, l’on apprenait un peu de grec, mais l’étude sérieuse de ce sujet était encore réservée à l’enseignement universitaire (1).
(1) Huronison, H. Sch. Stirling, p. 71-72.
Si Édimbourg et Glasgow consacraient toute une année à l'étude de la versification, il faut croire que bien des villes se trouvaient dans le cas d’Elgin et ne l’enseignaient guère ou point du tout. L'Église y voyait une déchéance très regrettable et envoya une circulaire à ses pasteurs pour rehausser cette étude. Elle recommanda aux conseils presbytéraux de n’agréer aucun maître s’ils ne le trouvaient pas capable d’enseigner la versification aussi bien que la prose latine. Il est à remarquer qu’en même temps on désapprouva l’idée de s'occuper beaucoup du grec, de la logique ou de la philosophie dans les écoles de grammaire. Ces sujets étaient universitaires et, à part quelques notions élémentaires, devaient être réservés aux Facultés (1).
Cependant le courant des programmes scolaires continuait à se diriger à l’encontre des désirs de l'Église à certains égards. Tandis que la prééminence était partout accordée aux études latines et que le latin devait être le langage habituel des élèves dans bien des écoles (2), le grec s’y installait de plus en plus pendant le xvri° siècle (3). Mais l’absence de toute mention de textes grecs dans les programmes scolaires de l’époque montre, comme Grant le remarque (4), que cette étude restait bien élémentaire.
La circulaire de l’Église ne réussit pas à faire accroitre sensiblement la popularité de l’art de la versification latine. À Inverness, en 1673, une traduction et exposition d’une Ode d’Horace et un discours de vanitate humanæ scientiæ, suffirent pour faire agréer un certain Alexandre Ross, pour enseigner à l’école de grammaire
(1) 1645. Pererxin, Il, 332-333.
(2) Granr, Burgh Sch., p. 161.
(3) Ibid., p. 382.
(4) Ibid., p. 347.
cette science qu’il venait de prouver si vaine (4). À Dingwall, l’année suivante, les épreuves pour un poste pareil se bornaient à un discours latin et à l’exégèse d’un passage choisi du De consolatione Philosophiæ, de Boëce (2). Même à Leith, si près qu’elle fût de la capitale, on ne demanda à plusieurs candidats qu’une analyse grammaticale de la troisième Satire du premier livre d’Horace (3). |
Plus significatif est le programme tracé pour Glasgow en 1685. Il est d'autant plus important que c’est l’Université qui en fut responsable, son désir étant non seulement de rendre l’enseignement scolaire plus effectif, mais aussi de coordonner plus raisonnablement l’instruction secondaire et les études supérieures. Dans ce programme, les textes choisis quarante ans auparavant, sont pour la plupart soigneusement retenus. Mais la prosodie y est reléguée à un rang bien humble. Au lieu de consacrer une année (en seconde) entièrement à cette étude, on trouva mieux de relever et corriger les faiblesses grammaticales, et de continuer la lecture générale : César (Commentaires), Justin (Histoire), Ovide (Métamorphoses), et Virgile devaient suppléer à ce besoin. En première, Horace et Juvénal parurent, et avec des thèmes, des versions, et la révision de Despautère, on devait finir les études secondaires. On admettait bien un peu de versification dans cette dernière année, mais sans porter préjudice à l'étude essentielle des auteurs et de la pratique de la prose. Naturellement on ne devait entendre que le latin dans les conversations entre maitres ou élèves (4).
(1) Presb. Rec. Inverness and Dingwall, p. 42. (2) Ibid, p. 332-383.
(3) 168%, GranT, Burgh Sch., p. 217.
(4) CLeLAND, H. Sch. of Glasgow, p. 4-6.
Grant a montré qu'il y eut très peu de changement dans les programmes des études latines au courant du Xvirt° siècle (1). Dans la plupart des écoles de grammaire la durée de ces études continua à être de cinq ans. Mais, insensiblement, le grec exigea plus d'encouragement, tandis qu’une influence subtile commença à miner le prestige absolu des classiques, en réclamant plus d’attention pour d’autres sujets. En même temps, la langue maternelle reprenait le terrain que les langues classiques lui avaient enlevé depuis si longtemps. On voit l'usage du latin délaissé dans la conversation et dans les discours (2), et les nouveaux intérêts d'utilité publique, chercher à prendre une place à côté de ceux de la culture littéraire. Les vicissitudes de la lutte entre la langue maternelle et la langue latine peuvent être suivies dans notre chapitre sur l’idée d’une grammaire uniforme. Quant à l’entrée des autres matières d’enseignement dans le cadre de l’école de grammaire, nous en dirons quelques mots ici même.
Les écoles de chant qui avaient été encouragées par l’ancienne Église continuaient après la Réforme, mais la tendance de la nouvelle Église n’était pas destinée à donner une grande vitalité à ces institutions. Le chant religieux, énormément simplifié dans l’Église presbytérienne, ne demandait plus la même préparation qu’autrelois, et, nonobstant un décret gouvernemental en sa faveur (3), l’école de chant, comme institution distincte, devint de plus en plus rare. Le peu d'importance, d’ail-
(1) Burgh Sch., p. 341-345. L'on trouvera aussi des comptes-rendus intéressants d’inspections d'écoles dans Epar, Church Life, IL, 120, 121.
(2) CLerx, Memoirs, p. 252, note. Les cours à l’Université de Glasgow commencèrent à se faire en anglais, dès 1727. Duncan, Literary Hist. of Glasgow, Dati
(3) Acé. Part. Scot., III, 174 (1579).
leurs, que les autorités scolaires dans les villes y attachaient, se révèle dans l'absence presque totale des inspections (1), et des restrictions auxquelles toutes les autres écoles furent soumises. Si Glasgow croit devoir réglementer cette ipstruction en défendant à toute personne, sauf au maître officiel, d'enseigner le chant, ce n’est que pour s’apercevoir, quelques années plus tard, qu'il y a si peu d'intérêt à ce sujet parmi le peuple, que le monopole de l'instruction (et par conséquent des prix des leçons) réussira seulement à tuer complètement cet enseignement (2). Dans quelques villes le titulaire de cette école continuait une existence indépendante en ajoutant des leçons de musique instrumentale au chant religieux (3). Mais quoique plusieurs villes, même au xvine siècle, essayassent de raviver ces écoles spéciales, elles passèrent dans les fonctions officieuses de quelques chantres d'église et disparurent de l’enseignement ofliciel.
Dans d’autres cas, le maître de chant reçut la permission, ou même accepta la condition, d'enseigner les éléments de la lecture et de l'écriture. Cette habitude était si fréquente que, dans quelques endroits «école de chant » et «école écossaise », ou « de lecture » devinrent synonymes. Il était naturel, dans ces circonstances, que bientôt l’enseignement de la lecture y remplaçàt complètement le chant. Souvent, cependant, le titre de l’école ne changea pas en même temps. À Elgin, le changement de titre fut décrété par un acte officiel en 1659.
Les écoles écossaises, qu’elles enseignassent le chant
(1) Granr, Burgh Sch., p. 374.
(2) Extracts B. Rec. Glasg., p. 354-388.
(3) Granr, Burgh Sch., p.374, 375, 378; Kennepy, Annals of Aberdeen. II, 135; Educ. Comm. 1868, vol. IT, Spec. Reports, p. 262. (Les instruments à la mode étaient l’épinette, le luth et la « virginale »).
ou non, continuèrent jusqu’au xvur° siècle d’être les dis tributrices reconnues de l’enseignement primaire : l’écriture, la lecture, les éléments de l’arithmétique. Mais on ne leur laissa pas une liberté absolue. Les municipalités votaient des subventions pour cet enseignement, et en revanche, exerçaient un contrôle en vue tantôt de restreindre le nombre des écoles, tantôt d'empêcher l'instruction d’empiéter sur le terrain réservé aux écoles de grammaire. Dans certains cas, le local de ces classes élémentaires se trouvait dans le même bâtiment que l’école de grammaire et pouvait ainsi entretenir des rapports directs avec celle-ci. Enfin, dans certaines petites villes, le maître d’une école de grammaire (ou un de ses assistants), était souvent tenu à donner l’instruction élémentaire lui-même (1).
A côté de ces écoles, il en existait d’autres pour enseigner les langues vivantes. Presque partout il y avait des écoles de français depuis Le xvi° siècle (2). L'italien aussi, quoiqu'en dise Grant (3), n’était pas entièrement oublié (4).
Si l’arithmétique et les mathématiques se trouvaient enseignées dans des écoles de paroisse et dans des écoles spéciales depuis très longtemps, elles n’entrèrent dans le cadre des écoles de grammaire qu’à la fin du xvre siècle. C’est surtout au courant du siècle suivant que ces études se créèrent une place dans des écoles municipales (5). Quoique Kirkwood eût prêché, dès 1674, l’usage de cartes géographiques et de globes terrestres,
(1) Les exemples de ces coutumes diverses abondent. Le lecteur en trouvera un grand nombre dans GranT, Burgh Sch., p. 385-390.
(2) Ibid., p. 404.
(3) Ibid., 407.
(4) Kenneny, Annals of Aberdeen, Il, 136.
(5) GRanr, p. 398-399.
et s’en fût servi dans l’école de Linlithgow un peu plus tard (1), l’enseignement de la géographie ne fut généralement adopté qu’au courant du xvi® siècle, commençant par la High School d’Édimbourg qui le mit dans son programme ens1715 (2).
Dans la deuxième partie du xvrr siècle, on commençait à se rendre compte des désavantages d’avoir presque autant d'écoles que de sujets d'instruction. La nouvelle classe qui s'était formée au sein de la société écossaise, à savoir les commerçants, devenait fort mécontente de l’enseignement purement littéraire de la plupart des écoles de grammaire. Ces deux faits combinés eurent pour résultat la création d’un nouveau genre d'écoles : les « académies. » Portées vers une réaction complète contre l’enseignement grammatical, les Académies se bornèrent d’abord à donner une instruction exclusivement mathématique, scientifique et commerciale, mais elles enveloppèrent bientôt les autres matières d'enseignement et cherchèrent à remplacér Îles écoles de grammaire et les écoles spéciales en offrant l'instruction encyclopédique que l’on associe maintenant avec l’idée d’une école secondaire. Elles furent ordinairement créées par l'initiative des représentants des intérêts commerciaux des villes qui ayant réuni, par souscriptions particulières, des fonds pour la construction et l’entretien des Académies, réussirent presque toujours à s'assurer l’aide des conseils municipaux; et ce fut à l'administration de ces derniers, d’ailleurs, que ces Académies furent pour la plupart confiées.
La ville de Perth fut la première à se donner, en 1760, une Académie, avec un programme qui éloignait entiè-
(1) Murray, Proc. Phil. Soc. Glasg., 1905, p. 286-287. (2) Srkven, A. Sch. Edin., p. 88.
rement les études grammaticales. Comme le premier de son espèce, ce programme est intéressant, le voici: Arithmétique (théorique et pratique), comptabilité, géographie (mathématique, physique, politique), logique et principes de la composition, algèbre (comprenant la théorie des équations et le calcul différentiel), géométrie (premiers six livres d’Euclide), trigonométrie (superficielle et sphérique), mesurage des surfaces et des solides; navigation, fortification, géométrie analytique, sections coniques, philosophie naturelle (statique, dynamique, hydrostatique, hydraulique, pneumatique; électricité, galvanisme, magnétisme, électro-magnétisme, optique, astronomie), chimie (calorique, oxygène, hydrogène, composition de l’eau, nitrogène, acide carbonique, nature et composition de l’atmosphère, chlore, d’autres gaz, alcalis, terres, chimie agricole) (1). Remarquons, en passant, que l’Académie de Perth a toujours maintenu sa réputation comme l’une des premières écoles scientifiques de l'Écosse.
L'Académie de Dundee, fondée en 1786 (2), se distingua de celle de Perth en écartant la chimie de son programme et en y ajoutant le dessin et le français. L’année suivante, on discuta le projet de créer une institution semblable à Inverness. Le résultat des pourparlers fut que cette Académie, « destinée à l’éducation des familles de la classe aisée dans les Hautes-Terres en général » (3), donna l’exemple de l'association du nom d’Académie avec un enseignement secondaire général, en englobant l’ancienne école de grammaire. Son programme, donc,
(1) Pracocx, Hist. of Perth, p. 524; Cowan, Ancient Capital of Scotland, p. 88-89.
(2) Gran, p. 119.
(3) Educ. Comm. 1868, Vol. IT, Spec. Reports, p.291.
à son ouverture en 1793, comprenait l'anglais, le latin, le grec, le français, l'écriture, la géographie, l’arithmétique, la comptabilité, les mathématiques et les sciences alliées, l’histoire naturelle, le dessin. A l’exception du dessin et du français, on avait des spécialistes pour enseigner chaque matière.
Trois annges plus tard, ce fut le tour d'Ayr qui, mécontente de l’enseignement des écoles municipales, décida aussi la création d’une Académie pour les réunir toutes et élargir l'instruction qu’elles donnaient. Les souscriptions particulières affluèrent et la nouvelle institution ouvrit ses portes en 1796 (1). Toutes les branches de la science enseignées à Perth s’y retrouvaient et on y ajouta la musique (2).
A Elgin, à la même époque, le conseil municipal patronnait deux écoles, l’une pour la musique d'église, l'écriture, la lecture et l’arithmétique, l’autre destinée aux langues classiques. Pour la construction et l’entretien d’une Académie remplaçant ces deux écoles et offrant, en plus, une instruction portant sur la littérature anglaise, le français, la géographie, les mathématiques, l’arpentage, la comptabilité et le dessin, le conseil avait, dès 1796, voté une somme annuelle de 42 livres (1.050 fr.), et les habitants avaient souscrit 500 livres (12.500 fr.). De plus, les écoles déjà existantes jouissaient des revenus de fondations royales, l’une recevant ainsi 10 livres (250 fr.) et l’autre 21 livres (525 fr.) annuellement. En réunissant les deux écoles dans l’Académie, ces sommes seraient toujours disponibles pour l'instruction sous le nouveau régime (3).
(1) Special Reports 1868, II, 262.
(2) GRanr, p. 120.
(3) First Slatistical Account, V, 14-15.
D’autres souscriptions particulières vinrent augmenter les fonds et l’Académie fut inaugurée en 1800 (1).
L'élan était donné, et régulièrement, d'année en année, les autres villes adoptèrent ce même plan de réunir toutes les matières d'instruction dans une même institution, soit en y appliquant la désignation d’Académie, soit en gardant (comme à Édimbourg, à Glasgow et à Stirling) le titre d’École Supérieure (High School). Il n’y aurait pas grande utilité à entrer ici dans les détails de chacun des programmes. Ceux-ci se ressemblaient tous, le seul élément de variété étant le degré auquel l’instruction scientifique y était portée. Il ne nous reste qu’à énumérer les dates successives de ces créations pour montrer le développement du mouvement.
Elgin fut suivi d’Annan en 1801 (2); puis vinrent Dumfries (3) ét Fortrose (4) l’année suivante. Perth ayant, comme nous l'avons vu, créé plus tôt une Académie surtout scientifique, reconnut la nécessité d'y adjoindre l'instruction littéraire, et, en 1806, donna effet à ce sentiment en transférant les fonctions de l’École de Grammaire à l’Académie (5). Kilmarnock fonda son Académie en 1807 (6), Tain (7) et Kirkaldy (8) en 1812, Irvine en 1814 (9), Kirkcudbright en 1815 (10), Montrose en 1820 (11), Arbroath en 1821 (12).
(1) Special Reports, IL, 8.
(2) Grawr, Burgh Sch., p. 121.
) GRANT, p. 121.
) Special Reports, p. 233; Pracook, Hist. of Perth, p. 521. } Spec. Rep., I, 143.
JMIbIa sprl
(8) Ibid., p. 92.
(9) fbid., p. 271.
(10) Ibid., p. 177.
(11) Ibid., p. 21.
(12) Ibid., p. 38.
L'Académie d’Edimbourg (érigée en 1824), diftéra de toutes celles qui la précédèrent en ceci, qu’elle représentait une renaissance de l’éducation classique et un désir dans certains cercles de libérer cet enseignement de la surveillance méticuleuse du conseil municipal (1). Fondée par une société anonyme, elle a gardé le culte des classiques tout en ne négligeant pas les intérêts modernes.
La High School de la même ville resta sous la direction municipale et adopta, en tâtonnant, le système des autres Académies entre 1828 et 1849 (2). Dundee suivit l’exemple de Perth en unissant (1829) son Ecole de Grammaire à son Académie mathématique, la nouvelle institution s’intitulant la High School (3). Cupar-Fife se mit dans le mouvement en 1831 (4), Brechin en 1832 (5), Glasgow en 1834 (6), Banff en 1836 (7), Peterhead en 1846 (8), Hamilton en 1847 (9), Greenock en 1851 (10), Stirling en 1852 (11). Paisley avait fait de grands efforts en vue de la construction d’une Académie dès 1828, mais n’y parvint que trente-six ans plus tard (1864) (12). L'année suivante, Dumbarton eut aussi son Académie (13).
Il est à remarquer que la plupart de ces Académies restèrent sous la direction combinée des Conseils muni-
(1) Special Reports, p. 193.
(2) SrEvEN, H. Sch. Edin., p. 227-210.
(3) Special Reports, p. 54.
(4) Ibid., p. 85.
(5) Ibid., p. 34.
(6) Ibid., p. 304; Ccecann et Mur, H. Sch. of Glasgow, p. 58-60. (7) Special Reports, p. 16.
(8) GRANT, p. 121.
(9) Special Reports, p. 254.
(10) Zbid., p. 172.
(11) Tbid., p. 225.
(12) Brown, Paisley Gram. Sch., p. 194-196, 225-232, 246-259, 349. (13) Special Reports, p. 127.