‹ Histoire de l'enseignement primaire et secondaire en Écosse plus spécialement de 1560 à 1872Chapitre 3 sur 74 · AVE · texte numérisé non relu

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par l’État, celle-ci reçut les attentions tendres et maternelles d’une nourrice dévouée. Tour à tour indulgente ou sévère, l’Église a soigné son enfant d'adoption jusqu’à sa maturité, lui fournissant les éléments d’une vie saine et vigoureuse. On comprend que c’est avec regret que la vieille gouvernante a vu son hourrisson, arrivé à l’âge de raison, se libérer de plus en plus de la contrainte de sa tutelle. Mais elle ne s’est pas trop aveuglée sur la nécessité de transmettre ses pouvoirs à l’État et son protégé lui en a.su gré en respectant toujours les conseils qu’elle offrait quand elle ne pouvait plus prétendre à lui imposer sa volonté absolue.

Deux choses entre autres dans notre ouvrage peuvent exciter quelque surprise et il serait peut-être utile de les expliquer ici même. Nous voulons dire la brièveté apparente du chapitre traitant spécialement des « Écoles de ville » et l’absence d’un chapitre sur l’éducation des Jeunes filles.

Quant au premier point, l'explication est la suivante. À partir du milieu du xvre siècle, date où le chapitre dont il est question commence, l’histoire des écoles de ville est en grande partie l’histoire de chaque ville. Presque toute école secondaire en Écosse, dit Clarke (1), a eu un développement distinct. Certes, les détails ne manquent pas; ils abondent dans le livre de Grant (2). Mais si on ne vêut pas se perdre dans les labyrinthes de l'intérêt local, il faut saisir bien nettement le mouvement général et y rester rigoureusement. Regardé de ce point de vue, le sujet se réduit à des proportions peu étendues, d'autant plus que les collaborateurs de Grant ont accompli une grande partie du

(1) Short Sludies in Education, p. 4.

(2) History of the Burgh Schools of Scotland.

travail de recherche, et on peut se borner à faire un choix judicieux de ses pages en y ajoutant d’autres informalions çà et là pour établir les courants généraux que l’amas de détails obscurcit trop souvent. Rappelons aussi que l’enseignement primaire dans les villes se trouve traité en partie dans les chapitres sur les écoles paroissiales, ces dernières n’existant pas seulement à la campagne.

Quant à l'éducation féminine, il nous a semblé suffisant d’y faire allusion de temps en temps dans les divers chapitres. Quoique les jeunes filles ne profitassent pas ordinairement de toute l'instruction offerte par les écoles, ces dernières, même celles de grammaire très souvent, étaient ouvertes aux deux sexes. Dans l’enseignement public, l’école mixte a été la règle, et la législation générale a toujours visé les fillettes aussi bien que les garçons. Sauf, donc, pour les classes de couture ou de travaux ménagers, auxquelles nous faisons allusion quand l’occasion se présente, les conditions de l’éducation féminine n’offrent pas assez de particularités pour demander un chapitre spécial.

Parmi sa riche littérature pédagogique, la France ne comple encore aucun ouvrage qui nous fasse connaître l’histoire curieuse de l’éducation en Écosse. Demogeot et Montucei ont légué à la postérité un rapport minutieux sur cette éducation telle qu’elle était à l’époque de leur propre visite dans le pays, mais n’ont pas essayé d’esquisser les origines de l’état de choses qu’ils y trouvèrent. Leclerc, Parmentier, Hippeau et Levasseur se sont contentés de quelques rares détails, eux et d’autres écrivains confondant trop facilement l'Écosse et l’Angleterre proprement dite, oubliant que, dans l’Union, chacun de ces deux pays a conservé à un haut degré ses lois, son administration judiciaire, son système d'éducation, son caractère national distinctif.

En langue anglaise, le sujet a été traité avec plus d’exactitude. Aucun ouvrage n'avait encore abordé l’histoire de l’ensemble de la question, mais il existe plusieurs études partielles de grande valeur. Au premier plan, il faut mentionner l'Histoire des Écoles de Villes de Grant, qui contient une quantité exWraordinaire de détails sur l'instruction dans les centres urbains. Le nombre des informations est son défaut; car, même classées plus ou moins bien comme elles le sont, elles ne réussissent pas, à elles seules, à nous donner une idée précise du développement progressif de l’enseignement. Le livre, pourtant, constitue une mine inestimable pour tout historien de l’éducation. M. Edgar, par son Histoire de l'Éducation Écossaise aux Premiers Temps, nous a dispensé de parler en grands détails de l’état du sujet avant l’époque de la Réforme. L’Esquisse de l'Histoire des Écoles en Écosse par Hugh Barclay, et l'Histoire des Vieilles Écoles Paroissiales d'Écosse par Alexandre Wright sont deux ouvrages dont les titres sont plutôt trompeurs. Le premier réunit quelques sentences à propos de litiges scolaires célèbres ; le second n’est guère qu'un recueil de quelques documents, sur l’état de l’instrucüion, déjà publiés séparément par des Sociétés savantes. Notre respecté maître et ami, M. le Docteur Morgan, directeur de l'École Normale de l’Église d'Écosse à Édimbourg, a rendu aux instituteurs d'Écosse un réel service en publiant la substance de sa conférence sur l’Histoire de la Préparation Professionnelle des Maîtres d’Écoles Primaires et Seconduires en Écosse. Sa brochure nous est parvenue alors que notre chapitre sur le même sujet élait déjà composé. Quoique la question y soit développée avec moins de détails que dans nos pages, surtout en ce qui concerne les origines des Écoles Normales, nous avons été très heureux de pouvoir emprunter à

cette intéressante étude plusieurs renseignements précieux. M. David Murray, de Glasgow, nous a beaucoup aidé par son Mémoire, court, mais plein d'intérêt, sur quelques grammaires employées en Écosse. Comme l’Esquisse des Systèmes d'Éducation dans les Hautes Terres du Professeur Maciean, qui résume la législation scolaire spéciale aux Highlands, cette étude mérite d’être développée et republiée sous une forme qui la sauverait de l'oubli dans lequel les comptes rendus des travaux de sociétés savantes risquent toujours de tomber. Enfin, trois livres sur l'Éducation dans la Grande-Bretagne contiennent des renseignements importants à l'égard de l'Écosse. Ce sont l’État dans ses rapports avec l'Éducation de Sir Henry Craik, l’Intervention de l'État dans l'Éducation Anglaise de J.-E.-G. de Montmorency, et les Systèmes d'Éducation de la Grande-Bretagne et de l'Irlande de Graham Balfour. Le dernier est surtout précieux par ses détails, bien classés, sur l’action gouvernementale vis-à-vis de l’éducation au xix° siècle. On trouvera enfin dans notre liste bibliographique les titres des principaux ouvrages que nous avons consultés.

Le médaillon de Robert Owen, que nous reproduisons plus loin, est tiré de l'ouvrage que M. Édouard Dolléans, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Lille, a consacré à cet économiste. Nous désirons exprimer ici nos sincères remerciements à M. Dolléans d’avoir bien voulu nous donner si courtoisement l’autorisation de nous servir de cette illustration.

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