LES ÉCOLES SEC0>'DAI1U:S CO.MMUXALES ET PRIVÉES JUSQU'A
Les institutions non communales d'enseignement secondaire étaient, par la loi de floréal, placées sous la surveillance du préfet, mais, en fait, laissées libres tant qu'elles ne gênaient pas le gouvernement. Quelques-unes, même, pouvaient aspirer à une sorte de reconnaissance officielle, et obtenir le titre d'Ecoles secondaires.
Ce titre fut donné d'abord avec libéralité. Douze l'obtinrent en Tan XI ; mais en l'an XII, quatre seulement le conservèrent, et trois en l'an XIIP. Un décret du 19 vendémiaire an XII avait limité cette faveur à celles qui comptaient au moins 3 professeurs et 5o élèves. En 1807, deux écoles de Lyon et deux de la Croix-Rousse étaient Ecoles secondaires. Elles avaient ensemble i25 pensionnaires et gS externes^. Leurs élèves étaient admis à concourir pour les bourses du lycée .
Les autres écoles particulières étaient, en 1807, au nombre de 21, à Lyon seulement, comptant 35 professeurs, 395 élèves internes et 1 1 1 externes ^.
Le total des élèves des institutions particulières, secondaires ou non, s'élevait donc à Lyon (les faubourgs compris) à 724, au moment où le lycée ne comptait pas 3ou élèves, dont une centaine de boursiers de l'Etat et une quarantaine de la ville^
maire, rhistoire,la géographie, rarithmétique, l'italien, l'anglais, le dessin, la musique, le travail à l'aiguille. (Altn. de Lyon^ an XIV, p. 290.)
* Almanach des ans XII, XIII, XIV. Les trois écoles secondaires particulières sont celles de Barret, Siméon et Valory, Grozier et Philippe.
2 D'après un état statistique. (Arch. dép,, série T.)
3 D'après un état statistique dressé par le maire de Lyon, 7 août 1807. (Arch. mun.f M.) Toutes ces institutions sont tenues par des laïques. Les communes suburbaines (Ecully, Oullins, Saint-Rambert, Caluire, Saint-Cyr) ont 6 écoles avec 112 élèves.
* La population totale de ces écoles pour l'ensemble du département ne m'est connue <{ue pour Tan XIII. Un tableau dressé par le préfet le 4 fructidor
«4 LR RÉGIME NAPOLÉONIEN, 1802-18C0
Le décret du 1.7 mars 1808, qui incorpora brusquement dans l'Université impériale tous les établissements d'instruction, modifia très profondément la situation des écoles privées. « Nul ne peut ouvrir d'école, disait l'article 3, ni enseigner publiquement, sans être membre de l'Université impériale, et gradué par Tune de ses Facultés. » Les chefs d'écoles privées durent se munir d'un brevet du Grand Maître, renouvelable tous les dix ans. Toutefois, pour ménager la transition, Fontanes les autorisa à fonctionner sans brevet jusqu'à la prochaine inspection générale, qui établirait les titres de chacun d'eux à être maintenus dans leur situation.
L'obligation de faire partie de l'Université eût été un honneur plutôt qu'une charge pour les maîtres particuliers, si une disposition du décret n'eût paru véritablement inquiétante pour la vie même de leurs établissements. L'article 5 en distinguait deux sortes : les institutions, « où l'enseignement se rapproche de celui des collèges » (eux-mêmes inférieurs aux lycées), et les pensions^ « consacrées à des études moins fortes que celles des institutions ». Le Grand Maître se réservait de faire préciser par le Conseil de l'Université le degré d'enseignement autorisé dans chaque catégorie. Cette menace eut son effet en 1811. Un décret (i5 novembre) expliqua que les (( chefs d'institution » ne pouvaient élever leur enseignement au-dessus des classes d'humanités ; que les « maîtres de pension » devaient se borner aux classes de grammaire et aux éléments d'arithmétique et de géométrie. Quand les institutions et pensions se trouvent dans une ville de lycée, les limites sont plus étroites encore : les institutions donnent les premiers éléments qui lie font pas partie du programme des lycées, mais sont tenues d'envoyer au lycée les élèves plus avancés. L'enseignement secondaire proprement dit ne peut y être donné, mais seulement « répété )).Les maîtres de pensions sont unique-
doiuie un total de 71 inslilulions avec 66a internes et ii45 externes, soit 1807 élèves. (Arch, nat.y F 17, 2()85.)