‹ Histoire de l'enseignement secondaire dans le Rhône de 1789 à 1900Chapitre 35 sur 51 · III. La vie physique · texte numérisé non relu

III. La vie physique

Il n'y a rien de bien original ni de bien variable dans le régime physique des lycées. Pour le lycée de Lyon on a vu, à propos des bâtiments, qu'il a toujours été nécessaire d'assainir les locaux en même temps que de les élargir*. Pourtant, les maladies y ont été rares. On signale en 1867 une épidémie de scarlatine ; en 1874, la grande épidémie de fièvre typhoïde fit plusieurs victimes : un maître, un domestique, huit internes, cinq externes. Mais l'infirmerie a été souvent vide, et l'état sanitaire excellent ; la maison est beaucoup plus salubre qu'elle n'en a Pair. Il reste que l'hygiène de la vue y a été mauvaise, et n'y peut pas être bonne dans certaines salles de classe ou d'étude; en i883, un rapport du professeur Gayet réclame d'urgentes et nombreuses améliorations ; il faudrait compléter l'éclairage au gaz, élargir les fenêtres, en modifier les boiseries, supprimer les barreaux, grillages, verres dépolis, supprimer cinq classes mal éclairées. L'année précédente, pour l'aération autant que pour l'éclairage, la commission d'hygiène

* En i856, k la suite des inondations (l'eau avait monté à 3o centimètres dans les salles du rez-de-chaussée), et en i883, après la crue du Rhône, on fît des travaux spéciaux d'assainissement*

avait demandé Touverture de fenêtres sur la rue Ménétrier. Les hygiénistes ont critiqué aussi le mode de chauffage et le parti pris, longtemps observé, de ne chauffer ni avant la Toussaint ni après Pâques, quel que fût le temps.

L'alimentation est déclarée bonne par la plupart des rapports. Les inspecteurs de 1860 sont particulièrement satisfaits. « L'alimentation est supérieure à tout ce que nous avons rencontré ailleurs. La viande est remarquablement belle, le bouillon excellent, les portions sont copieuses, les plats bien accommodés. On donne tous les jours du dessert matin et soir^ » Faut-il croire que l'inspection n'était pas attendue et que ce régime était soutenu toute Tannée? En tout cas « personne ne se plaint », disent souvent les rapports. Il y eut pourtant d'autres périodes. En 1 854, ^* l^s pesées se font avec une exactitude trop mathématique, les petits y ont gagné, on dit que les grands y ont perdu ». En 1876, on reconnaît qu'il faut faire des économies « mais pas sur la nourriture * » , et des plaintes d'élèves et de maîtres se rencontrent dans les dossiers de 1884^.

Le régime de sommeil n'a guère changé. Les grands dorment de 8 h. 1/2 ou 10 heures (la veillée est facultative) à 5 heures en été, 5 h. 1/2 en hiver ; les petits de 7 h. 1/2 à 5 h. 1/2 ou 6 heures.

La pièce maîtresse du costume a été pendant longtemps cette lourde tunique matelassée, avec ceinturon bouclé, qui devait satisfaire aux exigences de toutes les saisons et qui, insufQsaute l'hiver, était insupportable l'été. Depuis quelques années on lui a substitué une redingote plus légère, à laquelle s'ajoute l'hiver une capote. La casquette a remplacé le képi.

L'hygiène du travail dépend des programmes généraux, ce qui ne veut pas dire qu'elle soit bonne puisqu'elle comporte environ 1 1 heures par jour de travail sédentaire. Nous n'avons à relever ici que ce qui est spécial à Lyon. « La réunion dans

* Archives nationaleSy F «7 H 86468.

2 Ibid., 78491 et 86456.

^ Archives de V Académie^ Rapports des proviseurs.

L'ENSEIGNEMENT PUBLIC i91

le petit Collège, dit-on déjà en i85i, des élèves de quelques classes assez avancées empêche d'y établir un régime particulier... Nous avons conseillé d'interrompre par un intervalle de repos les plus longues études pour les élèves des classes élémentaires. Messieurs les maîtres d'études avaient rei3onnu qu'il y avait fatigue chez la plupart des enfants après une heure et demie de travail sédentaire. Nous avons aussi fait établir pour le moyen collège l'usage de descendre en cour pendant le déjeuner, avantage dont les élèves de cette division étaient privés pour laisser la cour libre aux externes. Il a suffi pour cela d'une légère modification aux habitudes ^ » A vingt ans de distance, les inspecteurs de 1874 reprennent. « Il n'y a pas de repos à 10 heures ; pour laisser la cour libre aux externes, les élèves né descendent pas après le premier déjeuner ; ils ne prennent ainsi aucun exercice et ne respirent pas l'air du dehors avant midi. Il y a là une réforme à faire, dont le proviseur actuel (M. de Chaumont) est peu diposé à se donner l'embarras^. » Ces réformes sont aujourd'hui réalisées en partie.

On usait de l'eau; on n'en abusait pas. En i865, « on prend des bains de pieds tous les quinze jours, et exceptionnellement, sauf en été, de grands bains quand la santé l'exige^ » . En i883, « il n'y a aux lavabos de dortoirs que 9 robinets pour trente élèves^ », et le réservoir n'est pas grand, et il faut se laver à la hâte. Aujourd'hui les élèves prennent un bain de pieds par quinzaine et un grand bain par mois.

A Saint-Rambert, on a construit en 1878 une piscine qui a coûté assez cher et qui devait servir aux exercices de natation. Mais depuis longtemps elle n'y sert plus.

Les exercices physiques ont été et sont encore assez limités. Longtemps on n'eut pas de gymnase couvert ; il fallut attendre le déménagement des Facultés, qui livra l'ancienne chapelle.

* Archives nationalesj F «7 lï 78491.

2 Ibid., 86456.

3 Arch, de VAcad., Rapports des recteurs.

* Arch. nat,, F '7 ^ 9^749.

192 LA LIBEtlTÉ DE L^ENSEIGNEMENT

Pendant les récréations on joue avec entrain dans la cour des petits, beaucoup moins chez les « moyens», pas du tout chez les grands. Les promenades du jeudi et du dimanche ne sont pour tout le monde obligatoires que depuis 1890. Le lycée dispose au Parc d'une pelouse gracieusement accordée par la Ville et où les internes peuvent aller jouer au ballon, au football, etc. Enfin, depuis une dizaine d'années, une Union sportive s'est constituée, mais, elle groupe seulement un petit nombre d'amateurs de jeux spéciaux, elle n'est pas une organisation de l'éducation physique au lycée.

Page 1