ETAT DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE EN
laquelle elle payait au Bureau des collèges un loyer de 2000 livres.
Le Collège Notre-Dame, grand corps de logis sur la place du Petit-Collège, au bas de la montée du Garillan, était entièrement occupé par les services de renseignement.
Mais en dehors des immeubles consacrés à l'enseignement et qui ne rendaient aucun revenu, les collèges possédaient à Lyon quinze maisons louées 17.545 livres (en y comprenante Salle desjeux), des domaines en Lyonnais loués 14.175 livres; en Bresse, loués 1 1.026 livres ; en Forez, 610 livres; deux rentes nobles de 600 livres, une rente de 9000 livres sur la ville, une rente de i5oo livres sur le domaine du roi, 460 livres pour l'intérêt de deux créances. Le total général de leurs revenus s'élevait à 54.916 livres.
Ils dépensaient, en 1789, 18.100 livres pour le traitement des fonctionnaires du Grand Collège, 1 5.950 pour ceux du Petit, ii.65o livres pour l'entretien des bâtiments; payaient 2620 livres pour l'intérêt de sommes dues ; 8275 livres pour rentes et charges diverses, dont les domaines étaient grevés. Le total des dépenses était de 56.595 livres.
L'excédent des dépenses était donc d^ i(>79 livres en 1789. Mais ce déficit n'était pas normal. Il était dû à des dépenses exceptionnelles d'entretien. Déplus, le Bureau aurait pu, assez facilement, accroître les recettes : les Oratoriens avaient aménagé dans des locaux inoccupés du Grand Collège des logements et des boutiques dont la location rapportait net, déduction faite de l'intérêt des frais d'établissement, io.36o livres^ par an. Ils percevaient, il est vrai, ces revenus pour leur propre compte, bien que l'immeuble ne leur appar-
* Le chiffre de i7<)i est supérieur : 19.000 livres, v. p. i^.
tînt pas, parce qu'ils Tavaient réparé à leurs frais. Mais, dans le cas où le Bureau des collèges eût voulu rembourser aux Oratoriens leurs dépenses d'aménagement, il eût été fondé à percevoir lui-même le revenu de la portion louée des bâtiments de la Trinité ^
Les collèges de Lyon vivaient donc à Lyon, en 1789, de leurs revenus propres, sous le patronage honoraire du Consulat et sous l'administration d'un Bureau indépendant.
Ils n'avaient pas le monopole de l'enseignement secondaire à Lyon. Cinquante « maîtres d'école » étaient, depuis 1734 ^ groupés en corporation. Leurs statuts approuvés par l'archevêque et homologués par le Consulat en 1737, conflrmés par lettres patentes en 1750, leur donnaient le droit . exclusif d'ouvrir dans la ville, les faubourgs et la banlieue de Lyon des écoles publiques de lecture, d'écriture, d'arithmétique, de langues et de belles-lettres^.
La corporation elle-même ne groupait cependant pas tous les professeurs. Quelques maîtres de mathématiques et de langues
^ Archives municipales. Série R*. Inventaire ms. des Liens et charges des collèges de Lyon^ rédigé en 41 89, par le Bureau des collèges, pour satisfaire nu décret de l*Ass. nationale du 13 nov. il 89, sanctionné par des lettres patentes du roi du 18 novembre. Il n'est pas fait mention clans cet inventaire d'une rente de ^)4*7 livres (sur l'Etat) laissée aux collèges par l'archevêque de Montazet, mais dont les Oratoriens, qui la percevaient, n'avaient pas Thabitudo de rendre compte au bureau.
2 Ils faisaient partie jusqu'à cette date de la corporation des maîtres écrivains (d'après VAlmanach de Lyon do 1790).
3 II semble, d'après un arrêt du Parlement de Paris du 6 août 177Î), que le monopole de l'enseignement du latin ait été conservé aux collèges, (^et arrêt ordonne que dans les villes où il y a des collèges, les maîtres de pension établis dans lesdites villes, même ayant le grade de maître es arts, seront tenus de mener ou envoyer aux collèges leurs pensionnaires étudiants en langue latine qui seront en état de fréquenter la cinquième, et permet aux maîtres de pension de faire répéter les leçons des professeurs. — Mais il nous est impossible d'affirmer que cet arrêt ait été respecté à Lyon,
ÉTAT DE L'ENSEIGNE\fENT SECONDAIRE EN 1789 7
étrangères (italien, espagnol, hollandais, flamand, allemand, anglais) vivaient en dehors d'elle.
Le Collège de Villefranche, fondé en i6o5 par les échevins, avait le monopole de renseignement du latin dans la ville. Il avait la série complète des classes, de la sixième à la philosophie, et recevait des pensionnaires. Le maire et les échevins, qui en étaient les « fondateurs et protecteurs », en confiaient l'administration à un principal séculier ou laïque. L'enseignement, également aux mains de laïques et de séculiers, y resseriiblait assez exactement à celui des collèges de Lyon*.
* Cf. ÏAlmanach de Lyon de 1789. Les Archives de Villefranche ne contiennent pas de documents relatifs au collège. Voirie discours de M. le recteur Compayré, cité dans la Note biblioji^raphique.