‹ Histoire de l'enseignement secondaire dans le Rhône de 1789 à 1900Chapitre 9 sur 51 · ANNEES · texte numérisé non relu

ANNEES

Elémentsde géographie politique et histor.

Grammaire générale

Suite.

Histoire naturelle et chimie

Suite.

Belles-lettres (rhétorique).

Belles-lettres (idéologie).

Suite.

Mathém. appliquées et physique générale.

Suite.

Morale et législation

Suite.

Suite.

Suite.

re

Le dessin sera enseigné dans la 8« classe.

Les langues vivantes et les arts d'agrément seront facultatifs, et l'enseignement en sera donné sous forme de leçons particulières.

Otez de ce programme la «morale et législation » etF^ idéologie», qui marquent la fidélité de Destutt à la philosophie républicaine de l'éducation, et vous verrez reparaître, avec une phraséologie un peu différente, le système des anciens collèges si souvent condamné par la Révolution. Les sciences y ont plus de place, mais les langues anciennes sont au premier rang; les langues modernes sont rangées parmi les arts d'agrément. Pour l'indépendance du maître — le trait le plus caractéristique de l'Ecole centrale — il ne la condamne pas,

U.Mv. DE Lyon. — Chabot et Chahléty.

50 LKS REGIMES RÉVOLUTIONNAIRES, 1789-180*^

mais il insiste sur la nécessité de « rédiger pour chaque professeur une instruction détaillée, dans laquelle, sans lui dicter positivement sa leçon, on lui dirait ce que doit contenir son cours, le temps qu'on peut lui destiner dans Tensemble de renseignement, Tesprit dans lequel il doit être fait, les rapports qui doivent le lier aux autres, et à peu près la méthode dont on désire qu'il se serve ». Il ne veut pas reconstituer les « pensionnats » des anciens collèges, mais il souhaite des pensionnats voisins des Ecoles centrales, encouragés par TEtat qui leur enverra des boursiers. Bref, tout le système est à changer : non qu'il soit mauvais, certes ; son grand défaut est d'être trop beau pour être bon, trop hardi pour être pratique : « Il est en avant des idées généralement répandues, et trop supérieur à tout ce qu'on est accoutumé à voir en ce genre ; en sorte que peu de personnes en ont saisi l'ensemble, et que les parents, les élèves et même quelques professeurs ne savent réellement pas ce que l'on se propose *. »

Le dernier défenseur des Ecoles centrales ornait de bandelettes la victime vouée à la mort. Il tâchait de sauver quelque chose de son âme, tout en indiquant discrètement les grandes lignes du nouveau système qu'esquissait, non sans tâtonner, le gouvernement du Consulat.

Une note officielle, insérée dans VAlmanach de Lyon de Tan IX, annonçait les premières réformes: « Le citoyen Verninac, préfet de ce département, s'occupe des moyens de placer auprès de l'Ecole (dans le local du ci-devant pensionnat du Grand Collège) un prylanée pour y recevoir les jeunes gens des départements voisins et ceux de l'arrondissement qui veulent profiter de l'instruction commune... Cinquante élèves, entretenus aux frais du Gouvernement, formeront le premier fonds de cet établissement, annoncé par le citoyen Verniaac lui-même dans la dernière séance de la distribution des prix de

* Destutt-Tracy, Observations sur le système actuel d'instruction publique^ Paris, an IX, in-8«>.

l'an VIII, et dont Tespérance s'est depuis réalisée par rarrôté des consuls en date du 27 fructidor an VIII. »

Cet arrêté créait à Lyon un collège qui formait une division du Prytanée français^. Mais, bien qu'un directeur, Decomberousse, eût été nommé pour l'organiser, il ne fonctionna jamais. Ce n'était qu'un avertissement, une menace pour l'Ecole. La loi du 1 1 floréal an X la condamna. Elle lui survécut pourtant de quelques mois. Le 3o thermidor an X^, elle donna sa dernière distribution de prix^. Ce fut encore Gilibert qui parla pour l'œuvre qui lui était si chère, et qui résuma sa carrière. Le public l'applaudit beaucoup. Le professeur Mollet, à qui on avait promis une place dans le nouvel établissement, insinua qu'il y avait « quelques parties faibles dans le système d'éducation de l'ancien » ; mais c'était la seule institution, ajoutait-il, « qui ait compté plusieurs années d'existence dans le chaos de la Révolution » .

On ne put pas sortir du a chaos de la Révolution » aussi vite que Mollet l'aurait voulu. Les grandes pensées du Premier Consul furent lentement exécutées. Ce n'est guère que dans le courant de i8o3 que commença de fonctionner le Lycée de Lyon^

Cette nouvelle institution annonçait un nouveau régime, tout différent, de l'enseignement secondaire en France et à Lyon.

* Le Prytanée français (ancien collège Louis-le-Grand) a remplacé tous les collèges de Paris. C'est « le dernier asile ouvert à Tinstruction publique », dit Lucien Bonaparte le i®'' germinal an VIII. Etant insuffisant, on le divise en quatre sections (Paris, Saint-Cyr, Saint-Germain, Compiégnej. Le règlement du Prytanée est du 17 messidor an IX.

* 18 août 1802.

3 Le compte rendu est dans VAlmamach de l'an XI.

* L'Ecole centrale rouvrit encore ses cours à la rentrée de l'an XI. Elle fut offîciellement fermée le i*"^ germinal an XI, conformément à l'arrêté des consuls du 27 vendémiaire an XI, en même temps que celles de TAin et de la Loire.

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